Archive pour février 2009

Qui sera directeur ?

the-bossVoici quelques précisions suite à mon dernier billet relatif aux récentes modifications du décret 85-694 constitutif des SCD.

Ne nous trompons pas. La question aujourd’hui posée n’est pas tant celle des pouvoirs du directeur du SCD (ce dernier conservera sûrement la gestion pleine et entière du service) que de savoir qui sera le directeur de la documentation au sein des universités ? et son corrélat : quelle place auront les conservateurs dans l’organigramme décisionnel du champ documentaire ? Plus prosaïquement, seront-ils toujours directeurs de bibliothèques ?

Sur cette (non)question, les collègues de l‘ADBU réagissent de manière assez différenciée. Pour bon nombre avec défiance à l’égard d’une dérégulation non concertée et à l’issue incertaine. Avec beaucoup d’assurance pour d’autres qui analysent ce mouvement à l’aune de leur position forte au sein de leur établissement en se disant que l’avenir ne pourra que reconnaître un peu plus leurs compétences. Et, pour la majorité étrangement composée des collègues non directeurs ou de chefs de section qui ne semblent pas plus se soucier de leurs débouchés que des acteurs qui demain leur diront quoi et comment le faire, par… l’indifférence.

Les temps changent
Jusqu’à présent, le directeur du SCD, conservateur de bibliothèque, avait une triple casquette : administrative, technique et politique, qu’il portait facilement en l’absence de contraintes fortes (budget fléché, filière Bibliothèques à part gérée depuis Paris, conseil de gestion peu impliqué…) situation assortie d’une absence de mobilité obligatoire, ce qui posait d’ailleurs problème en cas d’incompatibilité notoire avec sa tutelle, proche ou lointaine, mais passons. Avec la LRU, comment les choses risquent-elles d’évoluer ?

Sur le plan politique
La LRU (dé)concentre les pouvoirs sur des pairs élus qui vont désormais devoir choisir et arbitrer localement, y compris en matière de documentation. Dans ces conditions, le directeur du SCD nommé par le ministre et “inamovible”, en théorie, peut-il encore incarner seul et durablement une politique documentaire ? Est-ce souhaitable ? Y arrivait-il d’ailleurs dans un monde plus clément ? Selon moi, non. La logique de mandats forts et limités dans le temps des équipes présidentielles implique une symétrie du côté de la documentation pour éviter de devenir un simple service technique, soit : des directeurs choisis, des mandats limités et évalués inclinant plutôt vers un cadre d’emploi fonctionnel directement relié à l’équipe présidentielle de l’université, avec ou sans Vice-président dédié à la documentation, et dans lequel pourrait indistinctement être nommé un conservateur, un enseignant-chercheur, un secrétaire général… Précisons que l’apparition des PRES et les fusions d’université renforce l’inéluctabilité du processus en reléguant les anciens directeurs de SCD au rang de responsable de site ou de fonction transverse.

Sur le plan administratif
En dépit des justes recommandations de l’IGB, il est peu probable que la filière Bibliothèques survive à la LRU car on voit mal comment le ministère, au régime sec, continuerait à gérer nationalement des mini-micro-corps ! Grignoté par le bas et le rapprochement des métiers documentaires de l’ITRF (adjoint, technicien,…) comment le “petit corps” des conservateurs se défendra-t-il pour revendiquer sa spécificité et conserver sa vocation interministérielle ? Car à l’heure du budget global, comment ne pas empêcher les universités de recruter des postes d’IGE ou d’IGR plutôt que des conservateurs ou des bibliothécaires ? Fantasme ? Il suffirait pour cela que l’Etat augmente artificiellement les emplois vacants en suspendant les concours nationaux pendant 2 ou 3 ans… (sur ce thème, lire le rapport Le Bris sur la formation des fonctionnaires et la tentation de masteriser cette dernière). Si les conservateurs veulent rester dans la course, c’est sur leur formation et leurs compétences qu’il faut travailler, en s’attachant notamment à mettre en place une vraie politique de formation continue. C’est aussi l’ENSSIB qu’il faut défendre en arrêtant collectivement de lui taper dessus… c’est, avec l’ABES, l’un de nos deux poumons nationaux.

Sur le plan scientifique
Il y a fort à parier que les conservateurs soient un jour en concurrence avec d’autres (collègues étrangers, enseignants-chercheurs, IGR, secrétaires généraux…) pour assurer les fonctions de directeur de la documentation, mais aussi pour les postes d’experts ou d’encadrement classique. Nos compétences demeurent donc notre seule “assurance-vie”… Mais quelles doivent-elles être ? Disciplinaires ? Scientifiques ? Manageriales ? Je dirais toutes à la fois. Les premières, attestées au moins par un Master Recheche généraliste avant recrutement à l’ENSSIB. Les secondes par un M2 Pro en bibliothéconomie délivré par l’ENSSIB après concours. Les troisièmes par la mobilité professionnelle et la formation continue. Le tout devant s’incarner à mon avis par l’obligation pour chaque conservateur de passer un doctorat dans les dix premières années de sa carrière pour nous redonner un poids à l’université et justifier, sans complexe, de notre assimilation aux E-C de rang B (voir plus…)

Pour conclure…
Je finirais aussi sur notre statut qui nous handicape plus qu’il nous protège et plus précisément, sur le corps de débouché des conservateurs généraux autour duquel nous tournons, et qu’on ne voudrait pas voir disparaître, mais qui nous insécurise totalement : ni politique, ni vraiment scientifique, ni mobile, ni pur administratif et parfois plus rémunérateur que celui des SG… ce statut atypique sera de plus en plus difficile à justifier avec la LRU et la reprise en main localement de certains enjeux devenus politiques : finances, personnels, patrimoine… au-delà de nous.

Seule solution, paradoxale : 1) Revendiquer la seule fonction technique et scientifique pour l’encadrement des bibliothèques, et appuyée sur des compétences “améliorées” chez les conservateurs. 2) Militer pour la reconnaissance de la fonction politique du directeur de la documentation et la création d’un cadre d’emploi spécifique aligné sur celui des secrétaires généraux (les primes compensant la perte de la hors échelle C si le corps des conservateurs généraux était supprimé).

Ce qui est sûr, c’est que nier la réalité d’un processus parce qu’il est très lent et aléatoire n’empêche pas le processus.

Nous voilà nus…

adam-et-eveLe décret 85-694 du 4 juillet 1985 relatif à la création des services communs de documentation (SCD) dans les universités et aux fonctions de leurs directeurs(trices) vient d’être modifié par le décret 2009-207 du 19 février 2009 (article 3).

Ce décret anodin supprime littéralement trois règles de droit, non sans conséquences :

1) La participation à titre consultatif du directeur du SCD aux trois conseils de l’université. Ce dernier pourra désormais seulement être consulté et entendu, à sa demande, sur toute question concernant la documentation.

2) L’exécution budgétaire en qualité d’ordonnateur secondaire par délégation du président de l’université, ce qui potentiellement le relègue à un simple rôle d’exécution.

3) La direction des personnels affectés au SCD (si, si, vous lisez bien…) puisque cette dernière faisait partie du troisième alinéa de l’article 10 du décret de 1985 désormais supprimé.

Cela ne signifie pas que les directeurs de SCD vont demain se voir retirer tous leurs pouvoirs (quoique…) mais qu’après-demain, on pourra clairement les leur ôter sans qu’il n’y ait rien à redire, et par là-même discuter de leurs prétentions professionnelles, statutaires, salariales…

Question subsidiaire : à qui seront confiés ces nouveaux pouvoirs ? Un début de réponse ici suite à cela

Lire la suite ici.

PS : j’ai récemment eu l’occasion de rencontrer un collègue enseignant-chercheur nouvellement nommé directeur de BU (en France). Il ne m’avait pas l’air d’être trop au courant des compétences et des fonctions de directeur de SCD… mais soyons optimistes, ça peut changer !

image : récupérée ici, origine inconnue.

C’est dimanche (5)

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Remarquable…

img12 Vacances obligent, j’ai pris le temps de mettre en ligne le superbe petit catalogue de la BM de Dijon qui valorise avec intelligence le patrimoine et ses acteurs au sein de la bibliothèque. Je trouve l’initiative très réussie et impeccable sur le plan graphique. Bravo donc, et ce n’est pas le dijonnais qui parle, malgré tout l’attachement que je garde à la nef de la salle d’étude de la rue de l’Ecole de Droit et aux très longues heures que j’y ai passées… Un document de ce type pour les BU ou les acteurs de l’information dans l’université serait pas mal non plus. Je crois que Strasbourg 1 avait fait cela pour les chercheurs.

C’est dimanche (4)

dimanche4

Reviens Daniel !

chainesdbVous deviez sans doute vous demander comment Daniel pouvait passer autant de temps à twitter, envoyer des mails, chater, développer ses widgets, répondre à son portable, poster des billets sur son blog, écrire des nouvelles, administrer Aleph, BiblioPam, Sfx, bua’bloc… voilà notre secret : des chaînes bien serrées, un peu d’eau et du pain sec, une litière changée tous les 15 jours et roulez jeunesse… seulement voilà, aujourd’hui Daniel a disparu ! Volatilisé le taiseux lorrain, sublimé le Houdini technodoule (je m’y fais finalement…), envolé le Bourrion mirliton… allez, reviens Daniel, si tu veux on te mettra du gruyères dans tes raviolis, on enlèvera le disque de Mylène Farmer qui passe en boucle dans ton bureau, on déserrera ta couronne d’épines… mais reviens, on a besoin de toi… tu pourras même jouer à la Wii pendant ta pause syndicale de 15 minutes hebdomadaires si tu veux !

Il paraîtrait qu’il nous prépare encore un grand coup…

PS : Pour le Danielthon, envoyez vos dons sous forme de bons cadeaux directement déposés auprès de Apple Store France ;-)

Idées éparses…

… greffées sur des assertions gratuites d’un modeste billet sur Lucien Herr prétexte à pointer les errements supposés des bibliothèques universitaires actuelles :

A l’heure où les bibliothèques universitaires peuvent être tentées de se recroqueviller intellectuellement sur la technodoulie dispendieuse, ludique et chronophage, le clientélisme, la com’ et la démagogie, peut être est-il bon de revenir, sans anachronisme, sur la figure de cet « intellectuel » bibliothécaire de surcroît, à cheval sur les deux précédents siècles.

Reprenons :

- à l’heure où : qui décrète cela ? une étude vient-elle récemment d’être réalisée ? une évolution tangible vient-elle d’être analysée et révélée ?

- les bibliothèques universitaires peuvent être tentées : étrange et périlleuse façon de présenter les choses. Les bibliothèques sembleraient donc se mouvoir toutes seules ? et sont ici pensées comme un tout indistinct et global ? Petites, grandes, moyennes, récentes, anciennes, parisiennes, provinciales,… sans même s’interroger sur la spécificité de leurs missions et publics : Sorbonne / Saint -Denis même combat !  A l’heure où la France est incapable de…, à l’heure où la famille semble…, à leur où les jeunes font… ouais, pourquoi pas !

- se recroqueviller intellectuellement : je ne comprends pas ce terme. Cela signifie que les ambitions intellectuelles sont à la baisse, je suppose. Donc moins de littérature “légitime”, moins d’ouvrages sérieux, moins d’ambition intellectuelle ? Je serais intéressé de connaître ce qu’est une bibliothèque qui par opposition “s’ouvrirait” intellectuellement.

- la technodoulie : ???

- dispendieuse : l’auteur connaît donc de l’intérieur la part de ces dépenses, excessives et donc illégitimes à ses yeux. Il a fait une étude, comparé les ratios et sait précisément que cela n’est pas une opinion mais un fait : la technodoulie EST dispendieuse. Mais par rapport à quoi, à quel équilibre, à quelles missions que les BU ne rendraient pas ou plus ?

- ludique : bon… les étudiants passeraient-ils leur temps à jouer en réseau, à regarder des sites distractifs, inutiles et débilitants dans les BU ? Si c’est le cas, je méconnais cette situation. Je vois plutôt des étudiants soucieux de leur avenir et qui utilisent plus et mieux les ressources dites “sérieuses” en ligne, mais empruntent toujours des ouvrages, apprécient la formation méthodologique qu’on leur donne et les conditions de travail qui leur sont offertes.

- chronophage : Les BU ne peuvent pas grand chose à l’addiction générale au téléphone portable, au chat, MSN, Ipod, Myspace… c’est peut-être une lâche démission, mais bon, soyons réalistes et ajustons nos prétentions. Si elles proposent très marginalement des services dans ces environnements, c’est justement pour que le temps passé y soit moins du temps perdu. Maintenant, s’il existe une recette pour faire faire des choses “sérieuses” et “légitimes” à la classe d’âge des 18-25 ans, je suis preneur et en plus si les bibliothécaires en sont capables, c’est encore mieux !

- le clientélisme : ? terme assez gratuit qui fait bien mais ne signifie rien. Auprès de quels publics ? Au détriment de quels autres ? Pour être bien vus de qui ? Soutenus et défendus par qui ? et contre qui ?

- la com’ : les bibliothèques universitaires sont “invisibles”, à l’extérieur mais aussi au sein de leur établissement et parfois perçues comme très coûteuses et inutiles, dans les champs scientifiques notamment. Si l’auteur connaissait leur situation de l’intérieur et les logiques auxquelles elles doivent faire face pour continuer à exister, avant toute ambition intellectuelle d’ailleurs, il saurait ce que signifie être tenté par la com’. Mais il parle de ce qu’il ne connait pas car lui fait défaut le positionnement d’une réflexion et d’une praxis de la responsabilité en référence à un moment historique et un cadre juridico-administratif donnés.

- la démagogie : qui trahit et s’attire les faveurs des usagers ? qui les mystifie et dénature la réalité ? les parents, les médias, les enseignants, la classe politique… les bibliothécaires, donc ? Je n’ai pas l’impression que ces derniers portent la plus lourde responsabilité dans le parcours qui amène les étudiants à fréquenter leur établissement et les choix qu’ils font aujourd’hui. Sauraient-ils être les seuls et ultimes redresseurs de tort ?  J’en doute…

- il est bon de revenir, sans anachronisme, sur la figure de cet intellectuel bibliothécaire : justement si, c’est pour le coup assez anachronique de mettre en relation une réalité contemporaine, globale, plutôt complexe et un personnage isolé dans une réalité historique toute différente et dont l’analyse est sciemment occultée : quels publics à l’époque ? quelle fonction pour la bibliothèque ? quel rôle pour l’érudition ? Sauf à vouloir démontrer : que les bibliothécaires d’aujourd’hui ne sont pas des intellectuels ? oui. Qu’ils ne connaissent pas leur collection sur le bout des doigts ? oui. Que peu ont l’engagement intellectuel et politique de Lucien Herr ? oui… mais tout cela ni plus ni moins qu’ils ne l’étaient à l’époque de ce héros.

En somme, à lire ces lignes, je me demande ce qu’il  faudrait faire dans les bibliothèques universitaires ? Revenir en arrière pour réintroduire du rayonnage, de la poussière et du pondéreux ? Je voudrais savoir, car hônnetement, la majeure partie de mon temps de cerveau disponible ne pense qu’à cela…

Osons !

harvardJe l’avoue, je suis addict à PR TV… et encore, je n’ai pas la TNT sinon je passerais des heures devant La Chaîne Parlementaire ou Public Sénat. Lors de mes visionnages, je suis récemment tombé sur un passage de cette allocution présentant nos universités comme victimes et… coupables de leur propre situation :

Nous avons dégagé beaucoup d’argent pour l’opération campus universitaires pour que les universités de France ne soient pas les seules universités du monde où on n’a pas envie de rester… y’a pas de raison que des campus ouverts, agréables, avec des parcs, des jardins, des installations sportives, oserai-je le dire… des bibliothèques ouvertes le dimanche… c’est pas interdit.

Ben oui tiens, pourquoi on ferait pas ça en France ?  Les jolis campus à l’américaine avec leurs salles de sport climatisées, leurs piscines olympiques, leurs théâtres, leurs musées, leurs cafétérias spacieuses où l’on peut discuter des heures, leurs salles de cinéma et… leurs fameuses bibliothèques ouvertes 24h/24 !

Pourquoi n’avons nous pas fait ça en France ? Qui n’a pas fait ça d’ailleurs ? Qui a privilégié les filières d’excellence surdotées tout en demandant à ce que 50% d’une classe d’âge se retrouve en position de rentrer dans l’enseignement supérieur ? Qui n’a pas dégagé les moyens nécessaires à mettre en face des efforts financiers des collectivités locales ? Qui réglemente et limite les droits nationaux pour éviter tout mouvement étudiant ? Qui n’investit pas dans le logement étudiant très peu rentable pour les investisseurs privés afin de créer de la vie sur les campus ? Qui privilégie les mesures fiscales pour l’innovation privée plutôt que d’injecter de l’argent dans la recherche publique ? Les universités, et par raccourci les universitaires eux-mêmes, ou les pouvoirs publics ?

Si l’on veut poursuivre la comparaison franco-américaine, les 3,7 milliards du plan campus représentent tout juste la moitié du budget annuel de l’université publique d’Austin au Texas et les 1,8 milliards de dotation de fonctionnement (hors salaires) pour toutes les universités françaises représentent à peu près le budget annuel de la seule université d’Harvard… ces comparaisons ont-elles un sens ? Pas plus que de dire qu’il faudrait en France des campus à l’américaine.  Car l’étudiant américain qui paye en moyenne 6000 € de frais de scolarité, soit entre 30 et 40 fois plus que l’étudiant français, dort, mange, travaille, étudie, fait du sport, se cultive et vit sur son campus pour “rentabiliser” son inscription (payée par son entreprise ou son banquier) comme dans un club de gym… et les universités de rivaliser en équipements, services et “notabilité” à payer au prix fort pour sélectionner le client, pour les plus prestigieuses, ou pour attirer le chaland pour les moins reluisantes !

Des campus à l’américaine, nous n’en avons ni les moyens, ni la culture et sans doute ni l’intérêt, chacun cherchant et trouvant ailleurs sa nourriture “existentielle”, dans une société ouverte qui n’enfermerait pas chaque communauté dans un horizon clos et auto-suffisant.

C’est dimanche (3)

dimanche-3

Et bien dansez maintenant…

2008largeJ’aime la lecture des rapports de concours car on y apprend souvent des choses intéressantes. Ma dernière en date concerne celui pour le recrutement réservé aux élèves chartistes souhaitant intégrer l’ENSSIB et dont le jury s’est scrupuleusement attaché à récompenser une compétence singulière, à savoir : l’implication associative des candidats…

Il s’agissait de “prendre en compte des activités parascolaires ou extrascolaires témoignant d’un engagement en faveur de la culture, de la science, d’autrui, d’une aptitude à travailler avec les autres, à conduire des négociations”, bref d’appréhender le degré de sociabilité supposé des candidats en s’assurant qu’ils étaient capables de parler à autre chose qu’à des livres et qu’ils ne mordraient pas leurs petits camarades du concours interne et externe ;-) .

Et le jury de préciser que “parmi les critères non retenus figure, à son vif regret, une participation mise en valeur par plusieurs candidats, à l’organisation du bal de l’Ecole des Chartes ainsi que le simple fait d’adhérer à des associations culturelles et scientifiques, fussent-elles nombreuses”.

Il y a finalement pas mal d’humour (noir) dans ce rapport qui dit avec beaucoup de tact combien il est difficile de détecter et de quantifier chez les candidats chartistes un intérêt minimal pour les bibliothèques conformément à la lettre du texte réglementaire régissant ce “concours” très spécial… le minimum syndical quoi !

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