Archive for juin 2009|Monthly archive page

Baignoire ou cuvette ?

cuvettePour faire suite aux échanges sur ce dernier billet, je suis allé gratter dans les contrats Elsevier pour voir ce à quoi le SCD d’Angers aurait droit s’il arrêtait son abonnement à ScienceDirect, sous réserve que l’ABES soit en mesure de gérer la « baignoire » une fois le robinet coupé dans le cadre d’un hypothétique boycott. Pas de traces avant 2005 d’un quelconque accès aux archives une fois désabonné.  Seul le contrat 2005-2007 stipule :

« A l’issue du contrat, les abonnés qui ne renouvellent pas leur abonnement avec SD […] disposent d’un accès pour leurs utilisateurs autorisés aux archives de leur collection de référence pour des revues qu’ils auront choisi dans les limites du chiffre d’affaire 2004 […] ce droit d’accès aux archives électroniques est garanti par accès au dépôt national d’archives du groupement de commandes »

Je ne retrouve pas cette clause dans l’avenant qui prolongeait cet accord en 2007, pour 2008 et 2009. De toute façon, la promesse de baignoire se réduit en une simple cuvette… vu que les titres « historiques » détenus chez Elsevier au SCD d’Angers avant que nous passions au E-only en 2005 ne doivent pas peser bien lourd face à la Freedom collection. L’archivage pérenne ne peut donc être dans ce cadre et sous cette forme un levier pour la négociation.

Si quelqu’un peut m’expliquer les logiques en cours sur la négociation des backfiles et les droits qui y seraient associés, je suis preneur… si Couperin pouvait d’ailleurs mettre une synthèse sur la question pour ses adhérents qui dépasserait les seuls messages elliptiques d’avant-veille de validation de renouvellement de contrat, ça serait bien également. En bref, je n’y comprends rien à cette affaire…

Couperin et le robinet

041007robinet02Si j’ai eu un peu la dent dure contre Couperin dans un récent billet, c’est que j’en attends beaucoup plus, ou autre chose, que l’orientation tous azimuts observée ces dernières années et à laquelle je m’étais clairement opposé lors du renouvellement du bureau professionnel, en 2006.  A l’époque, nous avions présenté une liste pour un recentrage des missions et un abandon de tout ce qui pouvait de près ou de loin conduire à une ossification institutionnelle (comité, bureau, commission, sous-commission, groupe, sous-groupe,…). L’idée était de retrouver en quelque sorte la réactivité et la liberté des débuts…

Deux idées forces sous-tendaient alors la proposition : limiter et recentrer les activités du département Négociations pour affermir voire durcir les positions de Couperin et orienter le département Etudes et recherches sur des projets-actions, soit privilégier le développement plutôt que la prospective. Attention, je ne dis pas que Couperin est inutile et ne fait rien mais seulement qu’il se disperse et se dilue sur des fonctions que pourraient (devraient) assurer d’autres acteurs (les statistiques, la veille, l’information professionnelle, les journées d’études…) comme l’ADBU, l’ENSSIB, les URFIST… voire la MISTRD.

Deux exemples récents me font dire qu’il est peut-être temps de nous recentrer sur les fondamentaux. Le dernier billet de Daniel qui appelle bien plus qu’une liste de recommandations de la part de Couperin et les conditions du renouvellement en cours du marché Elsevier, dont je ne peux parler ici, mais qui consiste en gros pour l’éditeur à reconduire à « l’arrache » un accord qui ne convient pas aux bibliothèques avec une augmentation annuelle à deux chiffres. Il est peut-être temps de couper le robinet, de dire stop et de placer chacun devant ses responsabilités : les bibliothécaires, les chercheurs et les éditeurs.

Prenons l’exemple du Doctrinal. Tarif en augmentation exorbitante (+37% à Angers en 2008) + pas de statistiques + pas d’OpenUrl = on arrête tout, tous, pendant un an. Le marché géré par l’ABES étant de 316 000 € annuel représente quand même entre 15 et 20% du CA de Thomson Transactive, ça peut faire réfléchir et agir l’éditeur non ? Pour Elsevier, je ne serais pas contre un désabonnement national et pourquoi pas mettre les 11,6 millions d’euros dégagés à la disposition de la communauté scientifique pour se structurer et créer une offre scientifique alternative.

Bullshit ?

Faire-part(ager)…

Rapport 2008_2009 SCDU AngersAprès deux semaines de travail et 80h sous péridurale… je suis heureux de vous annoncer la naissance de notre nouveau né, cinquième du nom et un peu plus joufflu et coloré que ses frères ! Les marraines et parrains sont aussi fiers que le « papa » et (presque) en bonne santé. N’hésitez pas à aller voir les photos ici ou même à le regarder bouger . Pour une version dédicacée, écrire à la BU.

Pauvre de nous !

ideesrecuesebooks3J’ai vraiment eu froid dans le dos en découvrant hier ce document dans mes mails, et diffusé par la cellule E-book (j’aime bien le terme, on se croirait chez John Le Carre) de Couperin.  Je ne sais ce qui me fait le plus peur avec ce genre de document : que des collègues « éclairés et éclaireurs » nous prennent pour des imbéciles ou que nous soyons véritablement tous des imbéciles… plus sérieusement, et dans la lignée des interrogations actuelles sur le fond de notre métier et le socle des compétences pour être bibliothécaire, et oserais-je dire le demeurer, la production d’un tel document éclaire quand même un peu sur notre niveau et notre absence de complexe pour en faire publiquement état. Il contredit surtout les 10 commandements adressés aux éditeurs  en montrant que finalement on ne matrise ni ne comprend rien et qu’il nous faut un mode d’emploi pour décider. Pas rassurant…

Biblio schizo…

schizoJ’avoue avoir été peu assertif lors d’une récente et sempiternelle discussion nombrilo-corporatiste : « …pouah les ITRF », « …et nous les directeurs », « …beurk les enseignants-chercheurs », « …raaahhh, la LRU » que du classique en somme, sauf qu’à un moment je suis sorti de mes gonds sur la question de l’accueil en détachement de nos « amis » enseignants du secondaire (et plus si affinité), car justement là, ça ne gênait plus personne d’ouvrir en grand les portes sous prétexte de ne pas laisser vacants les postes de bibliothécaires (faut pas charrier non plus, c’est pas les postes de conservateurs qu’on solde comme ça… ) et d’intégrer des personnels sans formation ni compétences particulières  (ah ben si, ils étaient enseignants donc ils pourront s’occuper de la formation de nos usagers…). Réprenons la boucle :

1) Un dispositif est créé pour que les enseignants puissent avoir une seconde carrière. Il semble assez directif puisqu’il déclare que tout cela se fait nonobstant les règles internes des administrations d’accueil…

2) Vagabondages en parle très bien ici

3) Le Ministre m’écrit (pas à moi personnellement…) dans la circulaire de gestion du 2 février 2009 pour m’expliquer comment tout cela fonctionne. Il est d’ailleurs très clair sur la question, tout en me rappelant l’intérêt du dispositif et le lien consubstantiel entre enseignement et documentation… : je [directeur de BU] dois transmettre par écrit un avis motivé sur les candidatures

4) La CAPN prononce un nombre important de détachements sur des postes de bibliothécaires à partir des avis remontés des établissements

5) Les syndicats rappellent légitimement aux CAPN les risques et les contradictions du détachement en grand nombre.

Je m’interroge donc sur la cohérence de nos positions et de notre corporatisme à géométrie variable puisqu’il est clair que l’avis du directeur est prévalent dans cette histoire. Que nos postes soient vacants est une chose. On gagnerait d’ailleurs parfois à s’interroger pourquoi…  Qu’on y mette absolument quelqu’un qui demandera son intégration dans quelques années par confort pour notre organisation en est une autre ! Ah oui, j’oubliais, ça embête aussi tout le monde que les bibliothécaires partent en formation alors qu’ils sont affectés dans nos établissements. Je pense au contraire que c’est une très bonne chose qui permet de construire avec eux leur profil, de l’affiner et de se concentrer sur les compétences utiles, connues en amont, et par là même d’impliquer le nouveau collègue pour qu’il ne souhaite pas repartir tout de suite. En somme, du temps bien perdu pour en gagner ensuite…

Le métier de bibliothécaire est un vrai métier qui s’apprend à l’université (si, si, regardez bien les diplômes…) et à l’ENSSIB, après concours. Les arguments pour justifier toutes les réserves sur l’accueil de collègues non polyvalents, non formés, et qui ne le seront jamais, sont assez simples, d’autant qu’après 15 ans d’ancienneté minimum, peu d’entre eux ne se verront très vite bloqués au dernier échelon de bibliothécaire… que fait-on après ?

Ill. : Hildur Kolbrun

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 43 autres abonnés