Pauvre de nous !

ideesrecuesebooks3J’ai vraiment eu froid dans le dos en découvrant hier ce document dans mes mails, et diffusé par la cellule E-book (j’aime bien le terme, on se croirait chez John Le Carre) de Couperin.  Je ne sais ce qui me fait le plus peur avec ce genre de document : que des collègues "éclairés et éclaireurs" nous prennent pour des imbéciles ou que nous soyons véritablement tous des imbéciles… plus sérieusement, et dans la lignée des interrogations actuelles sur le fond de notre métier et le socle des compétences pour être bibliothécaire, et oserais-je dire le demeurer, la production d’un tel document éclaire quand même un peu sur notre niveau et notre absence de complexe pour en faire publiquement état. Il contredit surtout les 10 commandements adressés aux éditeurs  en montrant que finalement on ne matrise ni ne comprend rien et qu’il nous faut un mode d’emploi pour décider. Pas rassurant…

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9 comments so far

  1. Benjamin Bober on

    En tant que co-auteur de ce document et membre de la Central Ebook Intelligence Agency, je me permets de faire une réponse sur l’esprit de ce dernier.
    Ayant été sollicités à plusieurs reprises en tant qu’éclairés éclaireurs par d’autres collègues qui souhaitaient voir plus clair dans la jungle des modèles d’acquisition d’e-book, nous avions souhaité faire un document synthétique, essayant de lier les cas de figures qui peuvent se présenter, les modèles existants, et certains produits correspondants. Cela se voulait moins une aide à la décision qu’une autre façon de mouliner des données présentes un peu partout.
    Ce document a été imaginé et produit il y a environ 6 mois, diffusé il y a deux mois. Je reste persuadé de son utilité à l’époque où il a été conçu, mais ce ne sera sans doute pas le cas dans quelques mois (et peut-être, comme vous l’indiquez, il n’est déjà plus utile).
    Un mea culpa cependant. Ce document tend peut-être encore à dissocier les ressources électroniques du reste de la collection, ce qui à mon sens n’est pas bon : il y a les acquéreurs en histoire, les acquéreurs en médecine et les acquéreurs en ressources électroniques. Cela est sans doute dû au fait qu’en achetant un e-book on doit se poser la question de l’accès (DRM, etc.) en même temps que la question du contenu.
    Peut-on demander aux collègues acquéreurs "traditionnels" d’intégrer cette dimension à laquelle ils ne sont pas ou peu habitués ? Je pense que oui.
    Comment ? Par le biais de formations ou de documents de vulgarisation, tels que celui que vous mentionnez.

    • tacheau on

      @Benjamin Bober : Mon clin d’oeil s’adressait plus à la profession en général qu’à la CEIA en particulier pour regretter que ce type de diagramme (ne condamnions-nous pas cela à l’Enssib ?) puisse avoir une quelconque utilité, j’en doute et/ou le regrette. Sur le fond, je suis en désaccord avec vous sur le fait que les acquéreurs se mettent en posture d’acheter et gérer indifféremment du papier ou de l’electronique. Pour le premier, les acquéreurs le mettaient sur les et étaient peu préoccupés de ce qui se passait ensuite. Pour le second, cela risque d’être la même chose, en pire, puisque la ressource sera noyée dans un grand tout numérique. Pour moi, l’acquisition de contenus électroniques procède de l’accès que l’on souhaite en donner et du service qui valorise et médiatise l’offre en ligne. Elle ne peut se faire qu’à une échelle commune et transversale, liée au système d’information (les acquéreurs pouvant être néanmoins consultés sur l’expertise éventuelle des contenus). En clair, et pour reprendre votre image du reliquat de budget dans le graphique : vous avez un reliquat de budget = vous ne le dépensez pas… et votre directeur l’agrège pour mener une politique d’acquisition raisonnée dans vote discipline ou dans une autre à laquelle vous pouvez ou non être associé(e), voire pilote pour l’ensemble de la bibliothèque.

  2. marieH on

    Je ne pense pas que cela soit totalement inutile et j’apprécie les synthèses faites par Couperin, car je ne suis bibliothécaire que depuis 2006.
    En revanche, un point que je regrette de voir totalement exclu de nos réflexions est le poids écologique de nos structures et de nos métiers : l’ouverture le soir et le dimanche, combien cela coûte dans le bilan carbone de l’université ? les ressources électroniques sont-elles plus écologiques que le papier ? j’en doute car il faut toujours de l’électricité pour maintenir l’accès, car trop d’usagers impriment au lieu de lire à l’écran, car les ordinateurs sont jetés tous les 2 ou 3 ans, car qui analyse le cycle de vie d’un produit pour acheter des écrans plats, car depuis que j’ai vu une vidéo sur un centre de calcul Google, je pense usine et me demande pourquoi on continue à appeler ces technologies "immatérielles"… la liste est longue. Et pour l’instant, je n’ai que les questions sans trouver les réponses. Et je ne vois qu’Alain Caraco pour se poser ces questions.

    • tacheau on

      @marieH : si on doit supprimer les ressources élec., fermer les bibliothèques et empêcher les photocopies… il ne nous reste plus grand chose ;-) Mais on peut aussi prendre des décisions plus radicales. Par exemple à Angers, nous allons certes ouvrir une bibliothèque jusqu’à 22h mais fermer définitivement une de nos trois localisations, dont un bilan carbone très positif. Pour ce qui est d’Alain Caraco, je n’ai rien lu de lui sur la question à part son excellent site perso. mais suis prêt à voter Alain pour n’importe quelle élection sur un programme de développement durable en bibliothèque. Enfin, dans l’écologie globale du système, proposer des bibliothèques ouvertes, des ressources électroniques et des outils pour s’en servir ça compte aussi, non ?

  3. marieH on

    Ouh, la, la, je viens d’arriver dans le merveilleux monde des bibliothèques, je ne veux pas les fermer ni arrêter d’acheter des ressources électroniques, ni ne proposer comme service que la gomme et le crayon sous une lampe à pétrole. Si on va au fond des choses, la bibliothèque est un principe assez écolo : 1 livre ou une revue servent à des dizaines de lecteurs. Ce qui m’étonne est le peu de réflexion sur ce sujet pour nos services, alors que d’autres services et secteurs réfléchissent à ces problématiques et de façon très globale.
    Et les services informatiques qui parlent d’inflation des impressions avec les coûts et conséquence liés, me font me demander si, avec certaines acquisitions électroniques, on ne fait pas pire que mieux (comme disent les ch’tis), mais je n’ai aucun élément de réponse et ne les trouve pas dans la littérature ad hoc.
    Pour revenir au sujet de votre message de façon terre à terre : tous les acquéreurs ne sont pas dans de grosses structures et Couperin s’adresse aussi à ceux qui achètent papier et électronique avec des petits budgets.

    • tacheau on

      @marieH : d’accord, d’accord mais éteignez la lumière quand vous quittez ce blog ;-) Bon je n’ai pas d’avis sur la HQEB… mais on peut creuser. Déjà, toutes les collections papier, c’est déjà un bon point pour le stockage carbone non ? Aïe, le pilon, très mauvais si on a pas la garantie de recyclage plutôt qu’incinération.

  4. nicomo on

    Ce qui est étonnant dans ce diagramme, c’est aussi qu’aucun parcours fléché ne mène à: "je n’achète pas".

    • tacheau on

      @nicomo : A la fois, une case je n’achète pas suffirait bien… ;-) Ah le bon vieux temps où nous tirions des plans…

  5. [...] 25 juin 2009 Filed under: Non classé | Si j’ai eu un peu la dent dure contre Couperin dans un récent billet, c’est que j’en attends beaucoup plus, ou autre chose, que l’orientation tous [...]


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