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Blog off

arton1484Le nombril prend ses quartiers d’été. Contrairement aux amis de la BBS, je ne serai pas sur twitter (yes, j’ai réussi encore à résister cette année…). Bonnes vacances et bonnes lectures à tous (aïe, Nathalie m’a parlé des Hommes de bonne volonté… 5530 p…  je penche aussi pour une plongée intégrale dans Simenon). Retour le 1er septembre.

Illustration : détail du carton que Julien Gracq mettait sur sa porte en son absence. Merci à Daniel Morvan.

Culture et université

ipestree Le 11 juin dernier, Valérie Pécresse installait à Avignon une commission pour réfléchir sur les liens entre culture et université. Qui s’en plaindrait ? Pas ceux en tout cas qui comme nous écrivent, militent et agissent depuis plusieurs années pour cette cause au sein de leur établissement. Sauf que voilà, j’ai comme une légère appréhension (mon côté inquiet sans doute…), vous savez, un peu comme quand vous venez de gagner à la loterie mais que vous vous demandez où vous avez bien pu mettre votre billet…

Les attendus du projet me semblent un peu étranges, dans leur formulation notamment, car les propos de la ministre laissent accroire que les universités seraient aujourd’hui un désert culturel : "La commission doit travailler à savoir comment on va faire venir la culture dans l’enceinte de l’Université. Moi j’attends les théâtres, les cinémas, les lieux de culture et j’attends surtout que les troupes viennent devant les étudiants sur les campus". Les politiques culturelles déjà en place et la floraison de galeries d’exposition, de salles de concerts, de maisons des étudiants pour les pratiques,… démentent cette vision. L’enjeu serait à mon sens plus de reconnaître et de s’appuyer sur les initiatives existantes pour réfléchir à une fédération des énergies plutôt que d’en nier la réalité.

Mon autre interrogation porte ensuite sur l’approche économique voire consumériste qui paraît sous-tendre la démarche, en témoigne la composition de la commission comportant pas mal (un peu trop, non ?) d’individualités issues des industries culturelles (cinéma, télévision, industrie du luxe, édition, médias…). L’université serait-elle plus le lieu de la diffusion et de la "consommation" culturelles que celui de la construction des acteurs par la participation et la pratique ? L’enjeu n’est pas tant, selon moi, de faire aller les étudiants au théâtre, au musée, au cinéma,… sauf à vouloir renforcer un peu plus les effets de classes en augmentant l’offre sans réfléchir à sa réception  (on ne prête qu’aux "riches"…), que de réduire la distance culturelle de la majorité des étudiants en leur faisant appréhender et expérimenter concrètement la culture.

Pour ce faire, bien plus qu’une politique de prestige, d’affichage, d’attractivité ou de notoriété, il convient de mettre en place des politiques modestes, oserais-je dire, continues et exigentes d’intermédiation et d’association des étudiants aux projets culturels dans le cadre d’unité d’enseignement libre (UEL) par exemple ou de projets collectifs encadrés par des professionnels (créateurs, auteurs, concepteurs,…). L’université est là pour produire des acteurs culturels, voire les créateurs de demain et non pour élargir les consommateurs d’aujourd’hui.

Gageons que le président Ethis, fort légitime sur la question, saura consulter les bonnes personnes, notamment ceux qui ont déjà beaucoup oeuvré autour de A+U+C.

Illustration : Gabrielle d’Estrées et l’une de ses sœurs. Ecole de Fontainebleau, 1595. Musée du Louvre

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