Vers un emploi fonctionnel de DIRBU ?

Le récent rapport présenté par le groupe de travail sur les bibliothèques interunivesitaires s’interroge à nouveau sur la question d’un emploi fonctionnel pour les directeurs de BU :

La question de la procédure de nomination des directeurs de bibliothèques et de la durée de leur mandat a donné lieu à de nombreux échanges. Une majorité de participants au groupe de travail estiment que la fonction de directeur de bibliothèque devrait avoir une durée déterminée. En effet, si la direction d’une grande bibliothèque exige de disposer de la durée il faut éviter les phénomènes de sédentarisation excessive. Cependant les avis divergent sur la durée à proposer pour un mandat (3 ans, 4 ans, 5 ans) et le nombre de renouvellements possibles (2 mandats, 3 mandats sur le modèle des responsables d’unités mixtes de recherche). Pour certains, l’emploi de directeur de bibliothèque s’apparente à un emploi fonctionnel, hypothèse exclue jusqu’à présent par l’ADBU.

Au-delà des réticences corporatistes fortes, et sans doute fondées, contre l’ouverture de la fonction de directeur de BU à d’autres personnels de catégorie A que les conservateurs, sans garantie de voir ces derniers accéder facilement aux autres emplois fonctionnels, il existe une contrainte statutaire et financière importante le positionnement statutaire (et financier) des conservateurs que personne n’évoque jamais et qui rend les choses hautement improbables, en apparence.

Partons de deux postulats pour aborder le problème. 1) Les directeurs de BU sont (presque) tous des conservateurs généraux 2) La construction d’un emploi fonctionnel de directeur de BU ne peut se faire qu’en relation subordonnée à celui de directeur général des services redéfini en 2010 par le décret n°2010-175.

La comparaison statutaire permet de mieux comprendre le problème.

Par ailleurs, les DGS étant classés par catégorie selon la taille de leur établissement il conviendrait de respecter l’ordre des préséances statutaires… les directeurs de BU de grosses universités (groupe 1) ne pouvant raisonnablement prétendre qu’à un emploi fonctionnel équivalent à un DGS du groupe 2 (et ainsi de suite) et donc se priver de la hors échelle B et C ?!? Sauf que, le statut d’emploi de direction prévoit que les fonctionnaires gardent la progression indiciaire de leur corps d’origine si cette dernière leur est plus favorable que celle de l’emploi fonctionnel sur lequel ils sont détachés.

L’idée qui reviendrait in fine à créer dans chaque université un emploi fonctionnel de DGS Adjoint en charge de la documentation (pour faire court), redevient pensable et intéressante pour les conservateurs généraux comme pour leur collègue "en chef" car même en catégorie 2 ou 3, l’indemnité administrative resterait respectivement supérieure de 27% et 8% du maximum de la prime de conservateur général en fin de carrière (22% x 1164 x 12 x 4,63). Mais cette évolution demeure soumise à 3 éléments, au-delà de la décision politique en elle-même :

- le maintien du corps des conservateurs généraux pour pouvoir continuer à bénéficier des avantages statutaires acquis et un retour "en douceur" après le détachement, ce que semble garantir à moyen terme sa dimension interministérielle et la difficulté de transformer les quelque 200 conservateurs généraux en emplois fonctionnels pour éteindre ce corps…

- l’acceptation par les DGS de voir leurs collègues directeurs de BU "pantoufler" sur des emplois fonctionnels quasi réservés en raison des compétences particulières pour les exercer (ça se discute…) en étant bien mieux payés qu’eux, ce qui leur permettrait indirectement de réclamer à leur tour l’accès à la hors échelle C

- l’acceptation et la défense de la limitation dans la durée et l’obligation de mobilité pour les dirbu par l’ADBU, ce qui va plutôt dans le sens de l’histoire récente (i.e promotion des conservateurs en chef).

Alors, on y va ?

About these ads

5 comments so far

  1. antmeyl on

    Je ne vois pas où est la contrainte statutaire et financière pour l’employeur.

    Et je ne vois pas l’intérêt pour les universités devenues autonomes avec une masse salariale insuffisante.

    Ton tableau montre une chose, c’est que pour les cadres administratifs, les conservateurs sont surpayés (cf grille des Cons G au regard de celle des DGS…) au regard de leurs responsabilités effectives.

    • tacheau on

      J’ai modifié le texte pour mieux me faire comprendre. L’intérêt pour les universités n’est pas financier mais fonctionnel et politique. Un mandat de dirbu qui serait plus lié à une équipe et un projet présidentiels fait peur à tout le monde. Mais ne serait-il pas la condition et le gage pour redonner de l’importance aux enjeux documentaires ? Qui doute aujourd’hui de l’importance de recruter un bon DGS ? Alors qu’un bon directeur de BU… on peut même parfois se contenter du premier venu sans attentes ni demandes particulières !

  2. antmeyl on

    Je vois l’intérêt de la corporation d’obtenir des primes supplémentaires dans l’exercice de la fonction de directeur de BU. Serait-ce suffisant pour contrebalancer l’inconvénient d’une durée "limitée" (6 à 15 ans selon le nombre de mandats et leur durée).

    Je vois l’intérêt pour une direction d’université qui s’intéresse à la documentation de transformer les postes de directeur de BU en emploi fonctionnel. Mais décidément pas de les payer plus qu’un DGS.

    Actuellement, dans le cadre de la réforme de la catégorie A avec la création des GRAF (gardes à accès fonctionnel), on se ne sait pas bien comment seraient reclassés les corps des bibliothèques entre un corps défavorisé (Bibliothècaires) à faible effectif et deux corps favorisés à gros effectifs (conservateurs et conservateurs généraux)au regard des grilles A-type et A+ (celles des attachés et des administrateurs) qui font ressembler la filière BIB à l’organigramme d’une "armée mexicaine".

    L’esprit de cette réforme appliqué à notre filière, c’est que pour devenir conservateur général (qui pourrait devenir un GRAF), il faudrait exercer pendant plusieurs années la fonction de directeur de BU.

    Sauf que, comme ton tableau l’indique clairement, la grille de cons gen. (équivalente à celle du GRAF de type Administrateur civil) est bien au-dessus de ce que notre employeur semble prêt à payer pour administrer un simple service commun d’université (vu le niveau de rémunération des DGS).

  3. RM on

    Le postulat n’est-il pas exagéré ? Pourquoi faudrait-il être conservateur général pour diriger une BU ? Dans le territoriale, on voit des conservateurs diriger 50 personnes pour leur premier poste, à l’âge de 25 ans.

    Le retour d’expérience qu’on a de plus actuellement ne plaide pas pour cette pratique : les changements rapides qui touchent le monde des bibliothèques font que les jeunes professionnels sont souvent plus compétents que ceux qui possèdent une expérience supérieure mais sont moins au fait des enjeux actuels.

    • tacheau on

      Je ne vois pas de quel postulat vous parlez. Je ne dis pas que seuls les conservateurs généraux peuvent ou doivent être dirbu, je constate juste que la fonction de dirbu induit (dans la majorité des cas…) la promotion en conservateur général et que c’est ce "vivier" qu’il serait difficile de basculer dans un emploi fonctionnel à T0. Pour ce qui est de la supériorité des jeunes professionnels sur les vieux pour appréhender les enjeux actuels… je m’étonne qu’un esprit aussi éclairé et brillant que le vôtre s’abandonne à de telles facilités.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Joignez-vous à 43 followers

%d bloggers like this: