Vous ne viendrez pas pleurer…

516…

c’est le nombre de lecteurs présents en ce milieu de samedi après-midi à la BU Saint Serge d’Angers qui ouvre ses portes comme à son habitude jusqu’à 22h30, même un lendemain de jour férié ! Je ne dis pas ça pour me vanter (j’ai passé l’âge) mais pour m’énerver une fois encore sur l’assentiment collectif et l’irresponsable légèreté avec laquelle les BU ouvrent ou plutôt ferment leurs portes pour un oui ou pour un non, sans aucune raison objective ! J’en ai trouvé plus d’une trentaine fermées en ce lendemain de 11 novembre en moins 10 minutes sur Google, sans aller plus loin, dont certaines en plein centre des villes…

Je sais, vous allez encore me faire le coup des étudiants qui sont rentrés chez papa/maman ou de la fac qui coupe le chauffage… et je vous répondrai juste que cette manière de penser et de toujours se disculper est suicidaire. Si les étudiants ne viennent pas c’est parce qu’on est fermés, pas l’inverse, et qu’on les oblige à nous vous regarder d’un œil désabusé et résigné devant tant de mépris de leur condition et de leurs besoins. Pour être franc, je trouve juste inadmissible que notre confort passe avant le leur.

Alors gargarisons-nous de Learning Centre ouverts 24/24 et de charte Marianne, poursuivons à fustiger le manque de moyens, le poids d’internet, la baisse de la fréquentation, le mépris des profs et à dénoncer la précarisation du service public, la paupérisation des étudiants, les politiques hasardeuses de désherbage… oui continuons tout cela mais gardons bien à l’esprit que les étudiants d’aujourd’hui sont les décideurs de demain et qu’il ne faudra pas venir pleurer s’ils construisent une société sans nous !

29 comments so far

  1. Géraldine Huyghe on

    A Lille2, ouvert toute la journée, sans chauffage :(

  2. Alain Carré on

    A Chambéry, de toutes façons, nous n’ouvrons pas le samedi, jamais, et le vendredi, nous fermons à 18h -enfin là on était fermé bien sûr, trop contents d’avoir un grand weekend. L’important n’étant pas l’éventuel service rendu aux étudiants, mais l’avantage d’avoir un grand weekend!!!
    Allez Olivier, soyons sérieux, les BU ont déjà perdu leurs lecteurs, leur intérêt, et à l’exception de quelques responsables conscients, les autres s’en foutent. Peu importe que les étudiants vivent leur vie sans nous, l’essentiel étant que nous puissions vivoter sans eux.
    Ce serait si bien une BU sans ces enquiquineurs d’étudiants!!
    Amicalement
    Alain

  3. evematringe on

    A Strasbourg, BNUS fermée. Pour les autres BU, à voir. Mais de toute façon, celles qui sont ouvertes le samedi sont rares.
    Comparativement, la BU juridique de l’université de la Sarre est ouverte 20h/24h, y compris le dimanche et certains jours fériés.

  4. xaviervier on

    BM d’Angers ouverte aujourd’hui, avec plein de monde (mais peu de collègues…)

  5. Michèle on

    Pour la lecture publique c’est pareil : il suffit d’aller lire les nombreuses pages de bibliothécaires sur les réseaux sociaux pour comprendre que les lecteurs sont avant tout des emmerdeurs , illettrés qui ne comprennent rien à nos classements , règlements pourtant si intelligemment construits.
    Les Bm sont normalement ouvertes le samedi mais je pense que certaines ont aussi dû fermer pour profiter du pont et en général, elles ne ferment pas à 22 heures mais à 18 ou 19 heures ce qui est bien dommage pour tous les gens qui, comme moi, rentrent du travail à cette heure.

    • chantal on

      nous, en bm (ville de taille moyenne), nous aimerions bien ouvrir davantage que nos pauvres 19h hebdo ; nous avons donc fait une proposition argumentée avec statistiques et tout et tout en demandant 4 moniteurs étudiants à 10h hebdo (on a une ville universitaire à côté), réponse : pas de sous, pas d’embauches, pas de prise en compte des besoins réels de la population.
      on redemandera l’an prochain !

      chantal

      • tacheau on

        :-( C’est d’autant plus lamentable que je connais très bien la ville dont vous parlez, je suis né et ai vécu à deux pas ! C’est justement là où les enjeux économiques et sociaux sont forts qu’il faut mettre le paquet, et la bibliothèque est l’une des institutions les plus implicables et la moins chère pour faire du lien social. Que les élus ne puissent trouver une telle somme (allez disons 15 000 si je calcul bien 4 x 10 x 24 semaines x 14 € chargés) … autant fermer tout de suite la bibliothèque.

      • chantal on

        en même temps, nous sommes les seuls de la collectivité à avoir un vrai recrutement en 2012, des travaux et un budget de fonctionnement très correct… Tout n’est pas perdu

  6. Claire H. on

    Comme je l’ai mis hier sur Twitter : les principales BU de Nancy (lettres, droit, médecine) faisaient le pont alors que les autres n’ouvrent habituellement pas le samedi. Conséquence sur la salle de travail de la BM (200 pl.) : saturation plus rapide que les autres samedis. Avec le concours de médecine qui arrive en fin de mois, la situation va devenir plus problématique encore.

  7. Alain Carré on

    rebonjour
    nous on a décidé que finalement fermer quand les étudiants ont besoin de travailler (préparer les partiels, par ex.) c’est mieux. Alors à Noël on va fermer 15 jours!! si si. C’est pas beau ça? Sachant que certains ont des partiels dès la rentrée…
    Alain

  8. Nuekke on

    Les étudiants d’aujourd’hui sont les citoyens d’aujourd’hui. Pas besoin d’être un décideur pour avoir une voix.
    La bibliothèque interuniversitaire Sainte-Barbe était ouverte le 12 novembre. Comme sans doute pas mal d’établissements qui ne figurent pas dans votre billet d’humeur (la bibilothèque de la Sorbonne par exemple, qui partage temporairement ses locaux avec ceux de Sainte-Barbe). En tout, donc, 1200 places dans Paris centre pour ces deux seuls établissements, à titre d’exemple partiel pour ce 12 novembre.
    Arrêtons d’essayer de passer pour des héros lorsque nous ne faisons, en fait, que notre travail.

    • tacheau on

      Héros ??? Pas le sens de ce billet mais si vous le pensez tant pis ! Juste une question d’ordre général à laquelle répondre par « Nous, nous étions ouverts… » me laisse perplexe. Donc bravo pour les 1200 places offertes, c’est un peu moins que les 2000 sur Angers mais c’est bien quand même… et puis c’est un peu normal d’ouvrir ainsi après un mois et demi de fermeture estivale (là, je vous taquine, ne vous fâchez pas). D’accord avec vous sur les citoyens d’aujourd’hui mais le peu d’écoute et de place laissée à la voix des étudiants dans l’organisation des BU et plus généralement les décisions de l’université relativise pas mal ce point de vue.

      • Nuekke on

        Au risque de me répéter, les 1200 places concernent le site Sainte-Barbe. Je n’ai pas compté le reste des BU parisiennes ouvertes le 12 novembre.
        2000 places à Angers, c’est magnifique, et cohérent au regard des 516 présents à St-Serge. Pourquoi s’énerver, donc? (Je vous taquine).
        Pour compléter votre exégèse de ma réponse : « Nous, nous étions ouverts (et sommes même annuellement au-dessus de la moyenne nationale en termes d’amplitude d’ouverture avec, moyenne nationale aussi, 5 fois moins de personnel), mais cela ne nous confère pas le droit de juger hâtivement ceux qui étaient fermés le 11 novembre, ni de leur expliquer la vie. »

      • tacheau on

        Si je voulais juger et expliquer la vie aux collègues, je serais au Ministère ou à l’Inspection générale… ;-) De mon modeste poste d’observation, je me contente juste de poser des questions. Mais votre réaction illustre parfaitement la raison pour laquelle j’ai arrêté de publier dans ce blog et à m’engager nationalement pour les bibliothèques. Je retourne donc à mon silence.

  9. evematringe on

    NB. S’agissant des BU strasbourgeoises, le pb n’est pas à chercher dans la disponibilité des personnels, en tout cas pour ce que j’ai pu en voir, mais bien dans un manque de moyens institutionnels. Je veux bien croire que certains aient le choix d’ouvrir ou non, mais je pense que c’est plutôt l’exception et que dans les autres cas, les bibliothécaires font comme les autres services publics: ils gèrent la pénurie.

  10. tacheau on

    Pénurie = manque de ce qui est nécessaire à une collectivité. Syn. carence, disette rareté… que je sache, la situation des BU ne s’est pas (encore) dégradée au point qu’elles n’aient plus ni argent, ni personnels, ni locaux ! Donc pas d’accord. Moi j’appelle juste ça gérer une rente de situation ;-)

    • evematringe on

      Disons qu’il me semble que surveiller une salle de lecture ne demande pas bcp de personnels, mais exige du personnel présent, donc les salariés correspondants. Or, à la BNUS (je parle de ce que je connais, essentiellement la BNUS), en période de vacances et sauf mauvaise interprétation de ma part, les personnels permanents sont remplacés par des étudiants, ce qui laissent penser qu’il n’y a pas assez de postes de titulaires pour assurer du présentiel en continu pendant les vacances.
      Ceci sans même parler du travail de saisie des livres entrant, ni de la mise à disposition des livres, ni d’éventuels recherches bibliographiques.
      J’ajoute que quand je vois assez souvent du personnel obligeant avoir l’air terriblement fatigué, je me dis qu’il y a du surmenage dans l’air. Quand en plus, j’en vois passer du poste de prêt à la surveillance d’une salle pour ensuite courir chercher un ouvrage en magasin, je me dis qu’il n’y a pas assez de monde pour assurer toutes les fonctions et que cela oblige les présents à tout faire en même temps.
      Enfin, sauf erreur de ma part, l’amplitude horaire des BU strasbourgeoises a été augmenté pour certaines, dans le cadre du plan campus, en affectant davantage d’ETP à ces établissements.

      Maintenant, je ne suis pas dans le secret des Dieux, il se peut que j’interprète mal ce que je vois.

      (Et je précise que je suis usager, pas membre du personnel ni allié de quelque façon audit personnel, et que personnellement, j’ai connu et apprécié des BU ouverts 24/24h en Allemagne (Heidelberg).

  11. [...] de la fréquentation des bilbiothèques, à savoir des horaires d’ouverture inadaptées.  Sur son blog, il fait le constat suivant «J’ ai trouvé plus d’une trentaine de B.U fermées en ce [...]

  12. liberlibri on

    Allez, je me fais rapidement l’avocat du diable en ce qui concerne la situation de certaines BU parisiennes, dont quelques-unes étaient fermées samedi. Franchement, je n’ai jamais vu un responsable décider d’une fermeture de gaieté de coeur.
    Malheureusement, même si tout le monde me semble convaincu qu’il faut ouvrir plus :
    – certaines BU fonctionnent encore sans moniteurs étudiants, pour une raison qui m’échappe,
    – certains SCD, pas si mal dotés en personnel sur le papier, sont éclatés sur plus de cinq sites. Il est donc difficile quand on se coupe en cinq (ou plus) d’ouvrir autant qu’un SCD sur deux sites,
    – certains de ces établissements sont enchevêtrés, emboîtés dans des bâtiments co-gérés, prêtés, etc. Parfois, l’ouverture du samedi ne dépend pas des bibliothécaires mais de ceux qui ont les clés…
    Je n’ai pas à juger ces fermetures ou ces ouvertures mais je voulais juste préciser ces quelques éléments.
    Pour finir, j’ai fait des samedis sans chauffage pendant un an, donc le chauffage n’est pas un argument, là nous sommes d’accord ;-)

    • tacheau on

      ok ok, c’est la faute à « pas d’chance »… je me suis planté et j’ai jugé à tort mes petits camarades. Je ferai 50 vedettes Rameau ! Et De toute façon moi j’m’en fiche, la bibliothèque j’y vais quand je veux, j’ai les clefs ;-)

  13. Yvan on

    Samedi 12 nov : la BnF était ouverte et submergée dès l’ouverture par les étudiants (la file d’attente dès 10 h, les panneaux « plus de place » à 13 h quand je suis sorti de l’expo…). Vases communicants ?

  14. odemaritime on

    et encore tout le monde ne dispose pas des moyens (allant du simple au double) des bibliothèques parisiennes….

  15. aimable on

    Ah ! C’est pas d’main que ces ploucs de bibliothécaires f’ront leur nuit du 4 août. Aussi t’as raison Tacheau, libéralisons.

    Dans la foulée, j’t’ouvrirais bien les bibs les dimanches et les jours fériés (on est déjà pleins à êt’ pour). On va leur montrer, aux décideurs de d’main, qu’on sait êt’ modernes et proches du client. Le d’voir de mémoire aidant, i s’souviendront bien de nous quand i s’ront grands, i s’ront pleins de gratitude.

    Tiens, j’ai une idée : et si on baissait not’ froc et qu’on s’mettait à quat’ pattes devant eux, d’vant les décideurs de d’main ? Hein ? C’est pas du service, ça ? Qu’est-ce t’en dit, Tacheau ?

    Aimable

    • tacheau on

      Tiens ? Aimable… ça faisait longtemps. Faut dire qu’y a plus beaucoup de blogs à troller. Ta proposition est pas mal du tout. On te laisse expérimenter et tu nous en reparles ? Et surtout prends bien tes gouttes parce que tu ne m’as pas l’air dans ton assiette en ce moment.

  16. [...] Vous ne viendrez pas pleurer… d’Olivier Tacheau J'aimeJ'aime  [...]

  17. [...] baisse de la fréquentation des bilbiothèques, à savoir des horaires d’ouverture inadaptées.  Sur son blog, il fait le constat suivant “J’ ai trouvé plus d’une trentaine de B.U fermées en ce [...]

  18. [...] avoir été plus que très léger dans mon dernier billet pour n’avoir pas scrupuleusement vérifié l’ouverture des BU parisiennes le 12 [...]

  19. Mag Bu on

    Dans une ville porcelainière, pour ne pas la citer…, fac de droit fermée la semaine avant Noël et Bu ouverte ! Et du monde, monde, monde…

  20. fthomas on

    Je me rappelle de mes années d’étudiant….Je n’ai fréquenté la BU que deux ou trois fois en en huit ans…Cela ne m’a pas empêché de valider mes diplômes années après années…et d’être affecté en BU à présent.
    Bref à l’époque on où l’on est hyper connecté il me paraît tout à fait supportable que l’on puisse s’organiser pour travailler chez soi un samedi 12 novembre. Il me semble que les BU proposent des ouvrages en prêt voire des livres téléchargeables (à quoi ça sert les bibliothèques numériques si couteuses ?)
    Cette course à celui qui ouvrira le plus en semaine ou dans l’année confine à la démagogie…Toujours plus, disais François de Closets…Quant les BU ouvriront 24h/24 et 365 jours par an, qu’inventera-t-on pour satisfaire les étudiants ? Peut-être un service pour rédiger à leur place les travaux dirigés ? Notre confort ne passe pas avant le leur mais les personnels des BU ont droit également à prendre des congés (y compris lorsqu’il est possible d’avoir 4 ou 5 jours de suite). Un étudiant qui n’anticipe pas la fermeture de sa BU est bien mal parti dans future vie professionnelle…Quant on veut vraiment travailler, cela se prépare en amont…Bref une fermeture un samedi 12 novembre, ce n’est pas la fin du monde…Peut-être simplement le moyen de se débrouiller autrement ou de faire une simple pause dans ses révisions….Le samedi on peut sortir, aller au cinéma, au café, voir ses potes…bref une vie passionnante en dehors de la la BU ! Cela aussi, cela forme des futurs citoyens….!

    Fantomas21


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