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Vers un emploi fonctionnel de DIRBU ?

Le récent rapport présenté par le groupe de travail sur les bibliothèques interunivesitaires s’interroge à nouveau sur la question d’un emploi fonctionnel pour les directeurs de BU :

La question de la procédure de nomination des directeurs de bibliothèques et de la durée de leur mandat a donné lieu à de nombreux échanges. Une majorité de participants au groupe de travail estiment que la fonction de directeur de bibliothèque devrait avoir une durée déterminée. En effet, si la direction d’une grande bibliothèque exige de disposer de la durée il faut éviter les phénomènes de sédentarisation excessive. Cependant les avis divergent sur la durée à proposer pour un mandat (3 ans, 4 ans, 5 ans) et le nombre de renouvellements possibles (2 mandats, 3 mandats sur le modèle des responsables d’unités mixtes de recherche). Pour certains, l’emploi de directeur de bibliothèque s’apparente à un emploi fonctionnel, hypothèse exclue jusqu’à présent par l’ADBU.

Au-delà des réticences corporatistes fortes, et sans doute fondées, contre l’ouverture de la fonction de directeur de BU à d’autres personnels de catégorie A que les conservateurs, sans garantie de voir ces derniers accéder facilement aux autres emplois fonctionnels, il existe une contrainte statutaire et financière importante le positionnement statutaire (et financier) des conservateurs que personne n’évoque jamais et qui rend les choses hautement improbables, en apparence.

Partons de deux postulats pour aborder le problème. 1) Les directeurs de BU sont (presque) tous des conservateurs généraux 2) La construction d’un emploi fonctionnel de directeur de BU ne peut se faire qu’en relation subordonnée à celui de directeur général des services redéfini en 2010 par le décret n°2010-175.

La comparaison statutaire permet de mieux comprendre le problème.

Par ailleurs, les DGS étant classés par catégorie selon la taille de leur établissement il conviendrait de respecter l’ordre des préséances statutaires… les directeurs de BU de grosses universités (groupe 1) ne pouvant raisonnablement prétendre qu’à un emploi fonctionnel équivalent à un DGS du groupe 2 (et ainsi de suite) et donc se priver de la hors échelle B et C ?!? Sauf que, le statut d’emploi de direction prévoit que les fonctionnaires gardent la progression indiciaire de leur corps d’origine si cette dernière leur est plus favorable que celle de l’emploi fonctionnel sur lequel ils sont détachés.

L’idée qui reviendrait in fine à créer dans chaque université un emploi fonctionnel de DGS Adjoint en charge de la documentation (pour faire court), redevient pensable et intéressante pour les conservateurs généraux comme pour leur collègue "en chef" car même en catégorie 2 ou 3, l’indemnité administrative resterait respectivement supérieure de 27% et 8% du maximum de la prime de conservateur général en fin de carrière (22% x 1164 x 12 x 4,63). Mais cette évolution demeure soumise à 3 éléments, au-delà de la décision politique en elle-même :

- le maintien du corps des conservateurs généraux pour pouvoir continuer à bénéficier des avantages statutaires acquis et un retour "en douceur" après le détachement, ce que semble garantir à moyen terme sa dimension interministérielle et la difficulté de transformer les quelque 200 conservateurs généraux en emplois fonctionnels pour éteindre ce corps…

- l’acceptation par les DGS de voir leurs collègues directeurs de BU "pantoufler" sur des emplois fonctionnels quasi réservés en raison des compétences particulières pour les exercer (ça se discute…) en étant bien mieux payés qu’eux, ce qui leur permettrait indirectement de réclamer à leur tour l’accès à la hors échelle C

- l’acceptation et la défense de la limitation dans la durée et l’obligation de mobilité pour les dirbu par l’ADBU, ce qui va plutôt dans le sens de l’histoire récente (i.e promotion des conservateurs en chef).

Alors, on y va ?

BUA Productions…

Prologue: le directeur bassine tout le monde depuis des mois avec "la vidéo" et la nécessité d’intégrer massivement ce support dans les contenus proposés par la BUA. Ça tombe bien car nous sommes en train de refaire notre site web en y intégrant un CMS qui reprendrait bua’bloc et ferait la part belle aux vidéos.

Épisode  1 : le directeur se fait la main avec une petite cam’ et un outil iMovie pour (dé)montrer à ses collègues que c’est simple comme bonjour. Bon, il se rend bien compte que ça ne sera pas si facile, surtout si on veut un minimum de qualité et qu’il faudra bien du temps, de l’énergie et plus qu’un seul homme mobilisé sur l’affaire (mais il ne le dit pas trop fort…)

Épisode 2 : l’équipe de direction identifie un personnel qui serait intéressé, compétent et implicable sur le sujet, en l’occurrence un collègue magasinier. Recherche d’une formation continue sur l’université, validation des acquis professionnels, mobilisation du DIF… les choses ne sont pas simples, et toujours en cours.

Épisode 3 : le directeur fait une rencontre providentielle dans les couloirs de la présidence où la DRH lui demande s’il serait intéressé pour accueillir au sein de la BUA un adjoint technique audiovisuel qui souhaite changer de service (c’est là qu’il faut tout le self-control et l’expérience du vieux routier pour ne pas sauter au plafond ni dans les bras de ladite DRH et juste dire – Euh… oui, pourquoi pas)

Épisode 4 : ledit audiovisualiste arrive le 1er janvier à la BUA avec un bloc Rhodia, un stylo et beaucoup d’enthousiasme. Ça tombe bien, nous aussi ! Et heureusement que le père Noël est passé pour remplir nos caisses afin d’équiper en urgence cette nouvelle cellule audiovisuelle. Je vous passe les détails mais en gros 1 MacPro, 2 McBook, 1 caméra semi-pro, des licences Finalcut et Protools, 1 micro-cravate… le tout pour environ 15 000 € d’équipement qui seront vite amortis quand on sait que la minute de film institutionnel coûte entre 1000 et 2000 € lorsqu’elle est produite par une boîte extérieure

Épisode 5 : il faut alors se mettre très vite au boulot pour établir un plan de production et des collections permanentes. Le directeur et son adjointe se mettent à l’écriture. Ils associent une bibliothécaire contractuelle qui se verra confier un projet de rédaction et de passation d’interview, ce qui nous amène à 4 collections :

"Dans ma poche" Interview d’étudiants de l’université d’Angers qui recommandent un livre de poche qu’ils ont aimé et en lisent un passage. Durée 3 à 5 minutes dans les locaux des BU. A noter que cette collection s’articulera avec le don de 4 exemplaires aux premiers fans sur Facebook qui en feront la demande et viendront (ou pas) alimenter une opération de bookcrossing de plus grande envergure à partir d’octobre 2011

"Un livre un prof"  Interview d’enseignants-chercheurs de l’Université d’Angers qui viennent de sortir un ouvrage pour expliquer leurs travaux et l’apport de leurs recherches. Durée 3 à 5 minutes dans l’environnement de travail du prof (bureau, labo, domicile…)

"Portrait de bibliothécaire" Présentation d’un collègue de la BUA qui explique son job et le fonctionnement du service qu’il anime ou auquel il participe. Durée 3 à 5 minutes avec mise en situation dans les locaux. Permet tout à la fois d’incarner la bibliothèque et d’expliquer comment elle fonctionne tout en valorisant le travail des collègues.

"Comment ça marche" Collection de screencasts qui scénarisent le fonctionnement des outils et de l’environnement en ligne (bases de données, pério élec, opac…). Durée 3 minutes maxi qui viennent en complément des fiches techniques et autres guides d’utilisation statiques.

A ces collections s’ajouteront des sujets isolés comme le film ci-dessus qui valoriseront principalement les activités de la BUA, par exemple l’atelier animé par François Bon, ou encore les fonds spécialisés pour présenter nos principaux fonds avec des sujets de 12 à 15 minutes plus élaborés (Gracq, Bazin, Burgess, Tournier, Centre des archives du féiminisme…)

Épilogue : les premières semaines de tournage et de travail en commun montrent une parfaite entente et un partage des compétences fructueux entre notre nouvel audiovisualiste et le collègue initialement pressenti pour s’impliquer seul dans le projet… du coup, la cellule audiovisuelle est devenue très vite opérationnelle et devrait se voir prochainement augmentée d’un autre collègue magasinier qui prendrait en charge les transferts et la numérisation des tous nos supports analogiques image et son de nos fonds spécialisés, en aidant aussi sur les projets spécifiques.

Si tout va bien, la BUA devrait donc produire en année pleine 32 films de 3 à 5 minutes (répartis en 4 collections) et 2 à 3 sujets de 12 à 15 minutes sans oublier les 5 films toujours produits par l’association Les courants numériques à chaque exposition de la Galerie 5, le tout distillé au rythme de une sortie par semaine à compter de septembre 2011.

Comme dirait l’ami George - What else ?

Prêt gratuit… de l’air que l’on respire

J’ai cru comprendre que le forum de l’ADBU bruissait pas mal en ce moment des questions de tarifs et de gratuité en BU. J’imagine la surenchère des collègues sur le sujet : convention de reversement, accord de réciprocité,  proratisation bilatérale, compensation forfaitaire, inscription demi-tarif…

A la BUA, les choses ont été simplifiées depuis le 1er janvier 2011 avec la mise en place de la gratuité totale du prêt (5 livres + 2 DVD + 3 BD + 3 revues) pour TOUS les lecteurs extérieurs à l’université d’Angers, disposition qui s’accompagne de l’octroi d’une semaine d’accès gratuit à internet activable à sa guise pour récupérer des références précises parmi nos ressources numériques ou tout simplement découvrir ces dernières.

Les lecteurs qui souhaitent accéder aux ressources en ligne in situ en plus du prêt gratuit de supports physiques et au-delà de la semaine offerte (aussi faite pour mettre l’eau à la bouche…) peuvent payer 31 €, soit l’équivalent des droits de bibliothèque payés par les étudiants de l’université d’Angers.

Je sais, je sais, je sais… vous avez plein de remarques et de questions auxquelles je vais essayer de répondre sans trop d’idéologie : quelle équité pour les étudiants qui payent ? N’y a-t-il pas une concurrence déloyale avec la BM ! Quel est le risque de "pillage" par les étudiants d’autres établissements ? Tout à un coût et donc un prix, même la culture ! Et le manque à gagner des inscriptions ?

Reprenons dans l’ordre. Cette décision procède de la volonté de répondre aux besoins d’information et de savoir des citoyens en considérant que ces derniers sont majoritairement servis par la BM qu’ils payent indirectement par leurs impôts locaux et/ou directement par leur inscription. La BU n’opère donc qu’à la marge et en dernier recours ce qui la positionne comme un service public subsidiaire, déjà payé par la communauté nationale,  et rendu par l’État en plus de ses missions cardinales à l’égard des étudiants et des enseignants-chercheurs.

La gratuité n’est rien d’autre que la conception de la bibliothèque universitaire comme un service universel qui étend celui des bibliothèques publiques et le remplace dans très peu de cas, pour ceux qui ne peuvent ou ne souhaitent le payer directement. Dans le cas d’Angers, la gratuité pour les moins de 26 en cours de mise en place dans les BM rendait cette décision d’autant plus logique et évidente.

Quid alors des étudiants qui payent (ou non d’ailleurs pour les boursiers) ? Ils restent les seuls bénéficiaires des services étendus de la BU à savoir des places de lecture en nombre, des ordinateurs en libre service, des portables en prêt court ou long ainsi que l’accès aux ressources numériques à distance. Ils demeurent aussi le cœur légitime de la politique documentaire construite pour répondre à leurs besoins, les bibliothécaires n’ayant pas vocation à satisfaire les demandes des lecteurs extérieurs  gratuits qui empruntent sur le stock existant.

Quant aux risques de dérive ? Il n’y a plus que les bibliothécaires pour croire que ce genre de mesure risque de provoquer un raz de marée d’usagers venant priver les universitaires de leurs ressources. Nous sommes ici ni plus ni moins dans la gestion physique de la longue traine avec un stock de 500 000 documents gratuitement mis à disposition de 250 000 habitants. Ainsi, si 20% sur les 20% des 20% d’inscrits à la BM qui n’y trouvent pas un livre le trouve à la BU, cela fait au grand maximum 2000 personnes intéressées qui n’auraient pas forcément poussé la porte de la BU et payé 31 € un service ponctuel.

Qu’on soit bien d’accord, la gratuité est une facilité supplémentaire pour l’accès au savoir qui lève juste une barrière symbolique et permet aux BU de se réapproprier la (re)conquête de publics étudiants et enseignants, de classe prépa par exemple, de lycéens ou encore de ses anciens étudiants comme des retraités de l’enseignement. Elle ne change en rien ni ne résout les difficultés d’appropriation et de maîtrise du savoir.

Vous en avez rêvé ?

Angers l’a fait…
Pas pour s’amuser
Pas pour se faire mousser
Pas pour occuper le terrain
Pas pour tirer la couverture
Pas pour stigmatiser quiconque
Pas pour révolutionner le monde
Pas pour concurrencer certains
Pas pour dire ce qu’il faut penser
Pas pour complexer les uns
Pas pour déculpabiliser les autres
Pas pour rassurer les indécis
Pas pour faire parler les incompris
Pas pour palabrer dans le vide
Pas pour écouter la bonne parole

Juste pour discuter, échanger, dialoguer et confronter les réflexions en cours aux actions menées ou à mener. Une idée simple donc : s’appuyer sur du concret pour faire émerger des communautés d’intérêt et créer des horizons communs. Ce sera le samedi 15 janvier 2011 à la BU Saint Serge d’Angers. Ce sera gratuit et ce sera vous qui ferez le succès de cette journée par votre intelligence et votre envie de partager. On vous attend !

Pour tout savoir et vous inscrire : http://bibcamp2011.wordpress.com


Remerciements à Nicolas qui est à l’origine de tout cela et à Daniel avec lesquels nous co-pilotons le projet. Remerciements à toute l’équipe de direction de la BUA qui va encore s’impliquer à fond. Remerciements à 3M France et Ex-Libris pour leur soutien à l’initiative en offrant le repas du midi et quelques goodies. Remerciements à ma fille qui m’a prêté ses mains pour le visuel…

Learning center… purée !

Je synthétise et complète ici mon point de vue donné à Livres-Hebdo pour un article à paraître sur les Learning centers "à la française". En substance, ce nouveau prêt-à-penser n’a pas de sens hors l’analyse réaliste des limites des BU françaises (matérielles et intellectuelles) et des spécificités de notre modèle universitaire.

La journaliste, fort sympathique au demeurant, ayant voulu me faire dire à tout prix que la nouvelle BU Saint Serge était un Learning center, il me semble important de revenir sur quelques définitions pour éviter les confusions, même si l’envie est grande de fanfaronner en répondant oui, ce qui est tentant, mais que je laisse à d’autres (qui font d’ailleurs moins bien qu’à Angers !).

1) Tentative de définition. Un learning center est un lieu pour l’apprentissage et l’acquisition des savoirs où l’individu rencontre et se frotte librement à la connaissance sous des formes et formats multiples, avec ou sans l’intermédiation d’une personne physique (enseignant, bibliothécaire, médiateur, conférencier,…). C’est donc la diversité et la maîtrise des modalités d’accès, physique et numérique, associées à leur facilité d’usage (disponibilité, ergonomie des espaces et des outils, ouverture horaire…)  qui définit la richesse et la qualité d’un learning center.

2) Limites matérielles. En un sens, une BU est déjà un learning center, dont on pourrait se satisfaire s’il ne lui manquait quelques éléments quand même… l’amplitude horaire, déjà, qu’on a bien du mal à élargir en France, malgré les efforts et déclarations d’intention… 58, 59, 60h par semaine ? passer à 65h ne change rien d’ailleurs car c’est surtout la régularité et la continuité des horaires qui comptent. En deçà de 8h-22h voire 24h 7j/7J, car on apprend à toute heure et tous les jours même le dimanche, difficile de parler de Learning center. Ensuite, les moyens informatiques. Certes, des progrès sont à noter mais trop maigres encore. A Angers par exemple où nous sommes plutôt bien lotis, 10% des places seulement sont informatisés, soit 200 postes (+ 100 portables) le plus souvent saturés. Disons qu’en dessous de 50% des places informatisées, on reste dans un schéma classique. Enfin, une architecture modulaire qui permette toutes les configurations : cours-conférence, TD-atelier, petits groupes, travail isolé… le tout gérant les questions de bruit/silence. La moitié des places au moins doivent pouvoir être dévolue, selon les besoins, à l’un des quatre usages ci-dessus. On en est très loin.

3) Limites intellectuelles. Véritable paradoxe qui voit les décideurs tout à la fois désirer le changement et l’innovation mais bien souvent ne pas comprendre ni accepter les évolutions en cours sous leurs yeux, et encore moins les expérimenter dans leur quotidien, bibliothèques comprises, sauf à les tordre dans leur propre réalité en les minimisant ou en les niant. Pour un bibliothécaire qui accepte l’animation et le bruit, la transhumance des mobiliers (tables, chaises, fauteuils…), l’utilisation des espaces pour du non documentaire (faire cours à la bibliothèque par exemple !), l’utilisation libre des outils mis à disposition (réseau sociaux, chat,…) et l’introduction d’outils-supports alternatifs (blogs, podcast, jeux vidéos, livrels…), combien refusent encore tout cela en bloc ? Sans parler de la défiance à l’égard des formes nouvelles de participation et de (re-co)construction des savoirs. Demandez donc à un bibliothécaire ou à un enseignant, parties prenantes du futur learning center, ce qu’ils pensent de Wikipédia… Ne nous mentons pas. Avant de changer la réalité, c’est bien de cette double contrainte qu’il faut parler pour transformer les mentalités, avant même les compétences (cf. infra)

4) Limites structurelles. Sans doute les plus fortes qui tiennent à l’économie de la connaissance dans le système universitaire français. Hérité d’un système anglo-saxon basé sur une pédagogie active et sur l’autonomie de l’étudiant envisagées sous un angle fortement inter-disciplinaire, le learning center est-il transposable en France ? Est-il même adapté et utile à un écosystème centré sur la reproduction et l’accumulation plutôt que sur la découverte et l’expérimentation pro-actives des savoirs ? Si on peut légitimement s’interroger sur le rôle (et douter de la capacité d’en jouer un à moyen terme) des enseignants dans ce nouveau dispositif pédagogique, c’est aussi la place des bibliothécaires qu’il faut reconsidérer au sein du Learning center qui ne se substitue pas à la bibliothèque mais l’augmente. Sommes-nous dès lors omniscients et compétents pour tout faire ? Non ! Il nous manque à la fois des savoir-être propres à la médiation physique et virtuelle et des savoir-faire pour construire un environnement numérique adapté et évolutif (pour preuve, la bérézina des portails documentaires dans laquelle s’engluent depuis plus de dix ans la majorité des BU française). Pour cela, c’est la structuration de nos métiers qu’il faut reconsidérer pour introduire (remplacer ?) des compétences et appétences nouvelles car les Learning center ne se feront pas avec des catalogueurs ou des conservateurs maniant à peine les concepts et les outils de l’information.

Pour conclure,  faute de considérer toutes ces limites, avec l’ensemble des partenaires en dehors de la bibliothèque, les Learning center demeureront un nouveau hochet professionnel prétexte et pompe à finances qui n’aboutira au pire qu’à la construction de bibliothèques un peu mieux équipées, un peu plus confortables et accueillantes… ce qui existe déjà ici, ici, ici ou encore ;-)

Par ici la sort… euh, l’entrée !


Et bien voilà, la nouvelle BU Saint Serge est désormais "officiellement" ouverte et déjà près de 39 000 passages (comptés une seule fois bien sûr) ont été enregistrés en 14 jours d’ouverture ! Si vous avez raté l‘inauguration, si vous n’avez pas voulu voir les photographies que nous distillons depuis plusieurs mois sur le net, si vous n’avez pas lu le dossier de presse et si la fiche technique a échappé à votre sagacité, il ne vous reste plus qu’une chose à faire : venir !

La BUA… comment ça marche

Suite aux nombreuses questions de collègues extérieurs, voici un essai de synthèse sur le fonctionnement des ouvertures nocturnes, permanences et astreintes… à la BUA.

1) L’ouverture des bibliothèques se fait en continu sans dégradation durant les petites vacances de mi-septembre à mi-juin : 65h hebdo pour la BU Belle Beille et 84h hebdo pour la BU Saint Serge.

2) Les personnels non cadres font un roulement pour l’ouverture du matin et ne sont pas astreints à rester après 18h. Ils peuvent néanmoins choisir de finir une fois par semaine entre 18h et 20h s’ils le souhaitent. Les personnels assurent en moyenne 6 samedis par an de 8h30 à 18h (1).

3) Les moniteurs étudiants viennent du lundi au jeudi à partir de 17h30 (tuilage avec les titulaires qui finissent à 18h) et font la tranche 17h30-20h à Belle Beille et 17h30-20h + 20h-22h30 à Saint-Serge. Il y a donc 4 tranches à Belle-Belle (3 moniteurs) et 8 tranches à Saint Serge (6 moniteurs). Pour les vendredi et samedi, les moniteurs assurent par roulement toutes les 3 semaines les 2 tranches 17h30-22h30 à Saint Serge en combinant 2/6 moniteurs de Saint-Serge + 1/3 moniteurs de Belle Beille. Ce qui fait que nos moniteurs sont à 10h semaine + 2 x 5h toutes les 3 semaines. Après 18h, il y a donc toujours au minimum 3 moniteurs dans chaque bibliothèque en simultané qui sont formés pour faire : prêt, retour, inscription, quitus, renseignement. On trouve aussi, selon les années, des titulaires qui participent à la vie de la bibliothèque jusqu’à 20h et peuvent le cas échéant assurer la fermeture lorsqu’il n’y a qu’un seul cadre et non deux sur le réseau (congés, déplacements, réunions…).

4) Les cadres de permanence fonctionnent en binôme du lundi au jeudi en étant de permanence jusqu’à 20h, chacun sur un site. Les permanences physiques 20h-22h30 sont assurées par les 8 cadres durant 8 semaines par an (sur 39 au total) pour le lancement et le suivi du service nocturne. Ils assurent alors un roulement tous les 15 jours + chacun une fin de semaine couplée vendredi-samedi jusqu’à 22h30 soit au total chacun 15 heures par an de 20h à 22h30. Ces heures sont payées en vacation.

5) L’astreinte téléphonique des cadres fonctionne au-delà des 8 semaines de leur présence physique, de 20h à 22h30 du lundi au jeudi, par roulement tous les 15 jours (semaine des garçons et semaine des filles car les binômes sont mixtes…) et de 18h à 22h30 les vendredi et samedi . Dans ce cas, le cadre qui est permanence le samedi assure l’astreinte de la veille et celle du samedi où il travaille. En cas de force majeure (incendie, dommage à un tiers,…) le cadre est sur site sous 15 à 20 minutes. Seul le temps d’intervention est récupéré. Les astreintes donnent lieu à un forfait annuel de récupération autour de 10 heures par an.

6) Un agent de sécurité d’une société extérieure est posté à la BU Saint Serge tous les jours de mi-septembre à mi-juin de 18h45 à 22h45, soit 24h x 39 semaines = 936 h par an.

Des questions ?

(1) Avec récupération réglementaire de 1,2 avant midi et 1,5 après midi soit 12h récupérée pour 8h30 travaillées.

Illustration : Michel Chevalet à Kourou récupérée ici, et un peu modifiée…

Cocoricouac…

Le portail France.fr objet d’une funeste et récente actualité vient enfin de (ré)ouvrir… c’est l’occasion de tous nous précipiter sur ce joyau de l’intelligence et du génie français avant qu’il ne tombe à nouveau en rade ;-) .

J’avoue qu’après un rapide tour du propriétaire,  tout cela ne casse pas trois pattes à un canard et l’indigence des articles est parfois sidérante… mais c’est surtout la portée subliminale de l’habillage iconographique qui m’a bien plu, en particulier les images d’illustration qui tournent en boucle pour accompagner chaque grand thème…

Par exemple pour "Entreprendre" vous avez une image du Rafale (merci pour Dassault), d’un Airbus qui atterrit, de pilules qui s’envolent (vive l’industrie pharmaceutique), de l’Arche de la Défense (avec une pub déguisée pour Total et Nexity), d’une belle plante à côté d’une belle voiture (que vous ne pourrez jamais vous payer), de deux TGV qui s’embrassent… fric, gloire et beauté… vous avez compris le principe ?

A l’inverse, pour "Travailler" vous avez : des postiers, des pompiers, encore des pompiers, des vendangeurs, des soudeurs, encore des soudeurs, une jeune qui s’occupe d’une vieille, une voiture sur une chaîne (?!?), une gare SNCF (?!?), un châssis de camion (?!?)… des larmes, de la sueur et du sang !!!

Mais c’est la rubrique "Etudier" qui m’a le plus plu ! Première image aléatoire affichée (pour moi), une créature de rêve en train de lire un livre dans ? dans ? dans ? une bibliothèque ! Victoire ! Enfin la consécration internationale, le soutien implicite et secret des gouvernants, la reconnaissance de tout une profession et d’un environnement si import… mais, mais, mais c’est bizarre ce genre de livres cartonnés tout petits, ces étiquettes carrées, ces étagères en bois sans signalétique… ça sonne pas vraiment français non ?

Hop hop hop… ça sent le bidonnage ce truc, la photo achetée à l’arrache auprès de la première agence bidon. Y nous disent quoi les crédits ? PhotoAlto. Cliché Sigrid Olsson… hum. Rien sur le site de l’Agence. Rien dans les champs IPTC de l’image non renseignés car trop light. Bon. Heuresement que l’agrégateur de Getty images nous donne lui plus d’infos qu’il rend interrogeables

Moralité, si tu veux étudier en France, va donc en Espagne !

C’est beau une BU la nuit…



Pendant que certains bibliothécaires dorment déjà, d’autres tournent encore en maraude autour de leur bibliothèque ! Voici en avant première quelques clichés nocturnes de la future BU Saint Serge qui ouvrira ses portes le 20 septembre prochain. Nous ne sommes pas mécontents du résultat (dans lequel nous ne sommes pas pour rien avec Nathalie Clot, la chef de projet de ce beau vaisseau…) et nous réjouissons de l’effet produit aux environs de 22h un 18 août. Nul doute que toutes ces lumières seront du meilleur effet pour attirer les lecteurs jusqu’à 22h30 du lundi au samedi.

Cogitation virale

cerveauJ’ai reçu ce message de Daniel hier soir dans ma boîte mail dont l’objet était "une idée que j’ai eu" : Relancer prêt livrels + lancement sony avec un plan "bientôt l’été : partez avec 90 romans dans votre sac". D. Cela illustre assez bien la manière dont les idées circulent et les projets germent à Angers.

Bon, j’ai bien compris qu’il s’agissait de charger Publie.net sur les tablettes et de proposer ce pack, et me suis endormi avec cette dernière proposition en tête. Au réveil ce matin, contre-projet qui avait mouliné toute cette nuit (et oui, je n’ai toujours pas trouvé la touche on/off…) : pourquoi ne pas proposer plutôt des titres payants avec une accroche-contenu plus facile à "vendre" et une vraie sélection du genre : Vous avez raté les prix littéraires ? (et on charge le dernier Médicis, le Goncourt, le Renaudot, le Prix Inter…). Honte de n’avoir jamais lu les Nobel ? (et on sélectionne 10 titres représentatifs). Il est temps de faire un vrai break… (3 tomes de Millénium par exemple), L’appel du large ? (et on propose 10 destinations en guide touristique). Partez en vacances avec Modiano (sélection de 10 titres… faisable pour Tournier, Quignard, Millet, Claudel…)

Et c’est là que les choses se corsent. Concrètement, nous serions prêts à payer, même au prix du papier. Nous serions prêts à acheter des trucs chrono-dégradables avec drms et tout le toutim. Nous serions même prêts à installer les contenus sur une platefe-forme spéciale et donner à nos emprunteurs de livrels un code d’accès ultra secret à ne divulguer que sous la torture, … mais bon, où acheter les contenus ?  En fait, il n’y a rien en ligne !!! Nada, peau d’balle, queue d’chi… et qu’on ne vienne pas me dire de faire une sélection de bouquins chez La Découverte, le Cherche midi ou l’Harmattan… d’accord ?

Que la FNAC et les éditeurs ne viennent pas non plus pleurer dans 6 mois que les ventes de livrels et les ebooks ne décollent pas et que le grand méchant Amazon les contraint à passer par lui et son offre verticale ou que les internautes se passent bien d’eux en s’échangeant des contenus piratés. Ils en seront les seuls responsables.

PS : Pour la suite à Angers, on va faire comme d’habitude : Daniel va rebondir et proposer, les autres contre-proposer et affiner, cogiter pour la comm’ et préparer l’évaluation auprès de ces emprunteurs longue durée et on arrivera bien à goupiller un truc, pas comme on l’aurait voulu, mais un truc quand même… et c’est rageant !

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