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21h55 / BU Saint-Serge
Bien sûr il y a les statistiques, les sondages, les enquêtes, les taux de fréquentation et d’occupation des salles, l’indice de satisfaction, le nombre de prêts, le nombre de passages, le ratio coût/bénéfice… oui, il y aura tout cela pour dire si ça marche, s’il faut continuer ou bien tout arrêter ! Mais il n’y a rien pour dire ce que l’on ressent à offrir des espaces et des services à “nos” étudiants, à les voir si naturellement attablés, studieux, détendus, chez “nous” comme chez eux, seuls ou à plusieurs autour de leurs ordinateurs. Il n’y a rien pour dire le sens qu’on a l’impression de donner à leur présence sur le campus, rien pour traduire le sentiment de se sentir UTILES, simplement.
PS : ne pas rater la taulière à 2′05″ assurant son troisième 22h de la semaine !
Statut et métier : la quadrature du cercle
Quelques éléments pour poursuivre le débat après le rebond de Bertrand Calenge à ce billet et les commentaires toujours avisés des collègues.
Plusieurs points importants pour aborder la question des missions des agents d’exécution dans les bibliothèques et de leur reconnaissance statutaire, et donc salariale :
- La généralisation est impossible. On ne peut réfléchir en confondant toutes les situations BM, BU, BNF… ainsi qu’en comparant de gros établissements à de petites structures plus familiales.
- La question du recrutement direct ne se pose pas partout de la même manière. Encore peu répandu dans les BU, il semble accélérer, ailleurs, la distorsion entre le profil recruté et le statut d’embauche, avec une tendance à la sur-employabilité pour les catégorie C.
- La combinaison concours/statut national semble à l’inverse produire et justifier plus de sous-employabilité dans les BU, le profil réel procédant plus d’un cadre théorique un peu figé (ce que peut ou non faire l’agent) que de la réalité.
- Le problème d’adéquation entre fonction et statut, soit entre les responsabilités et leur “juste” rémunération ne se pose pas que pour la catégorie C. Il est aussi très prégnant pour les catégories intermédiaires qui voient leur mission évoluer. En allant plus loin, on peut aussi se demander s’il est bien normal que les conservateurs passent leur temps à gérer des problèmes techniques et logistiques au quotidien (portes, fenêtres, wc, sécurité, plannings, ménage…) plutôt que d’assumer pleinement leur rôle scientifique et politique.
- La requalification des emplois d’exécution n’impacte pas que les bibliothèques. Elle touche aussi les autres filières où la technicisation et la responsabilisation des agents de catégorie C est très forte. Nous ne sommes pas les seuls à changer ! Nous ne sommes pas ceux qui changeons le plus ! Cet élément doit être pris en compte dans les représentations de nos efforts et nos revendications internes aux universités (avec les RCE).
- La position du “ne bougeons rien de peur d’ostraciser ceux qui ne bouge pas” n’est pas tenable. Elle revient à refuser toutes innovations sous prétextes que ces dernières sont au départ portées par une minorité qui y trouve un intérêt professionnel ou personnel. Elle condamne aussi les 80% prêts à évoluer à subir l’attentisme des 20% restant.
- La théorie de l’aliénation par le travail parasite vraiment la donne. L’équation travail mal rémunéré = travail subi est vraiment réductrice et tout aussi méprisante et sans espoir pour ceux, la majorité, qui y cherchent (trouvent ?) aussi autre chose : valorisation personnelle, image de soi, utilité sociale, capacité d’initiative… En outre, les bibliothèques sont quand même loin d’être assimilables au bagne (qui peut tout aussi être non automatisé…) et les rémunérations des personnels d’exécution ne sont pas comparables à la situation plancher de beaucoup de gens dans le privé : le SMIC durant 41 ans ! Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Mais le vrai problème n’est pas tant la rémunération qui, hors prime, va de 1363 € à 1910 € bruts que la progression de carrière et à la pyramide des emplois et des possibilités de promotion : un vrai scandale.
- Il faut enfin un minimum de courage politique et de persuasion pour requalifier les profils indépendamment du statut, constant lui, où nouvelles missions ne veut pas dire nouvelle forme d’exploitation et, par ailleurs, repyramider systématiquement les postes vacants de magasiniers en assistant des bibliothèques en faisant dans ce cas comprendre aux magasiniers que le gain n’est pas pour eux dans l’immédiat, sauf pour l’augmentation mécanique mais résiduelle des possibilités de promotion dans le corps supérieur, mais pour leurs successeurs.
Je pense qu’on ne peut pas tout faire ni faire la même chose partout. Il faut raisonner et agir dans un environnement donné en fonction de l’ intelligibilité de certaines idées et de la capacité des équipes à les mettre en oeuvre (recevabilité) et de l’encadrement à accompagner ces mutations. La BUA ne cherche donc pas à imposer son modèle aux autres, mais juste à leur faire comprendre qu’à situation égale, certains choix sont peut-être possibles voire souhaitables et souhaités par les acteurs car bénéfiques pour eux.
Et pour répondre à Bertrand et à antmeyl, c’est justement là, sur le terrain que les propositions se situent, dans l’action concrète, distincte et contextuelle et non dans le souhait de changements structurels générauxeux qui ne viendront pas (passer tous les C en B, modifier les grilles d’avancement, augmenter les salaires,…)
Automatiser ET humaniser
Je reprends ici le riche débat introduit sur Face-écran. Au-delà de l’automatisation du prêt/retour dans les BU, c’est la question même du rôle des magasiniers dans les prochaines décennies qui est posée. Si je partage en partie les réserves et les inquiétudes sur le risque de déshumanisation des services publics en général et de réduction des effectifs à mission constante, je ne pense pas qu’on puisse se prévaloir de cela pour faire perdurer et cautionner le système tel qu’il existe aujourd’hui, pour plusieurs raisons :
1. Il faut penser le système de façon diachronique où les compétences ne sont pas figées. Certes, beaucoup de magasiniers ont été recrutés il y a des années pour communiquer des documents, faire du prêt et du retour, recouvrir les livres, bulletiner les périodiques… mais de plus en plus sont et seront immergés dès le départ dans des environnements numériques (exit les revues papier par exemple) où les prêts diminuent, où le lecteur est de plus en plus distant (physiquement et sociologiquement) et où la relation à l’usager prime sur l’entretien des collections (inventaire, réparation, trains de reliure,…).
2. Si les tâches n’évoluent pas en apparence, les profils universitaires des personnels recrutés sont eux à la hausse. Licence et master sont de plus en plus répandues chez les magasiniers et le départ à la retraite de la dernière vague des baby boomers va encore plus concentrer ces profils. Doit-on faire comme si de rien n’était et maintenir les profils existants ? Sachant que de plus en plus de candidats retenus sont aussi dotés de diplômes professionnels (DUT, Licence pro, Master Pro en bibliothéconomie) et cherchent à conforter leurs compétences pour passer des concours ?
3. Les magasiniers sont le premier maillon de la BU et parfois le seul recours des usagers. Considérer que leur mission est principalement relationnelle n’est donc pas trahir leur fonction mais au contraire réaffirmer leur importance dans la médiation documentaire et valoriser sans sur-employer. Il faut pour cela changer de point de vue et accepter qu’aller au contact de l’usager, aller à sa rencontre dans les rayons pour savoir s’il trouve ce qu’il cherche, l’accompagner sur les opacs, participer à l’orientation de premier niveau, en ligne par exemple, et aider le lecteur dans l’utilisation des dispositifs techniques, : photocopieurs, scanners, lecteurs de miro-fiches, ordinateurs, imprimantes, wifi, automates de prêt, demeure compatible avec le statut et le salaire des magasiniers. De même que l’exemplarisation ou la localisaiton des documents dans le catalogue ou le SUDOC fortement démonétarisées car rendues plus simples et plus faciles dans l’écosystème documentaire actuel.
4. Le prêt/retour est une position à la fois contrainte et contraignante. Certes, dans bien des cas une relation humaine s’instaure, qu’il faudrait d’ailleurs analyser sans idéaliser, le plus souvent d’ailleurs lors de situations critiques où le professionnel n’a pas forcément la main pour faire comme il veut, par manque de temps ou de latitude d’action. Que les catégories A et B qui font de la banque de prêt à la petite semaine trouvent cela très dépaysant voire enrichissant est une chose, mais on ne peut nier que ces tâches principalement mécaniques sont, à haute dose, rarement épanouissantes pour les agents ou porteuses de forte valeur ajoutée pour les usagers.
5. L’activité de prêt/retour assurée par les magasiniers est une fonction confortable pour l’encadrement qui n’a pas à se creuser les méninges pour les tâches à confier aux magasiniers sur 1/3 ou 1/2 de leur temps, une sorte de rente occupationnelle. Refuser l’automatisation c’est aussi éviter de bouger l’ensemble des profils pour remonter toutes les catégories d’un cran en confiant notamment la valorisation documentaire et intellectuelle des collections et des services aux catégories B et en maintenant les magasiniers dans des tâches subalternes traditionnelles, ce qui n’est ni tenable ni acceptable au regard des capacités de la majorité des agents de catégorie C et de l’évolution des besoins qualitatifs des établissements.
Donner “corps” à la BU
2008 aura été riche en communication à Angers avec les campagnes de lancement et de restitution de l’enquête Libqual+. Pour cette rentrée, nous poursuivons ce choix d’incarner le bibliothécaire ou ses avatars, ici les moniteurs étudiants, pour valoriser à la fois les “vrais acteurs” et notre nouveau service d’accompagnement des étudiants de niveau L.
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Sur les 15 moniteurs recrutés cette année, 4 seront présents dans les BU de 18h à 20h du lundi à jeudi pour aider et répondre aux étudiants (soit un chaque soir dans les deux principales BU). Afin d’éviter le désoeuvrement souvent observé ailleurs chez ces tuteurs méthodologiques, ces derniers seront également chargés de la formation-sensibilisation des étudiants de L1 et L2 (6h hebdo en moyenne et 4h hebdo postés dans les BU), ce qui devrait leur permettre de créer un lien relationnel lors de ces séances et de proposer de venir les revoir en soirée en cas de difficulté.
Comme toujours, le coût de cette campagne est assez modique soit : 600 € pour la prise de vue, 500 € pour les 300 affiches 40×60, 150 € de reprographie couleur faite en interne pour 8000 flyers de retour, 2000 cartes postales et une centaine d’affiches A3 et A4. Pour ce qui est du service en lui-même qui devrait concerner autour de 1500 étudiants de niveau L en présentiel, il avoisine les 22 000 € par année pleine intégralement pris en charge dans le cadre du Plan Licence.
Précisons que nous étions partis avant les vacances d’été sur une toute autre idée qu’il nous a été difficile de concrétiser pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le manque de finalisation des services que la campagne était censée valoriser, le travail sur la qualité de l’accueil notamment, ce qui revenait à communiquer sur de la “non-action”. La question des droits dérivés avec Lucas Film… et la complexité du message indirect qui disait ce que le bibliothécaire n’était pas et prêtait à confusion (avec ce que pouvait être le bibliothécaire ou même le lecteur). Et puis, McDo nous a coupé l’herbe sous le pied avec sa dernière campagne, et c’est très bien ainsi.
Je mets quand même ici les pré-maquettes réalisées à partir des visuels de la campagne Libqual+ au cas où cela donnerait des idées à certains collègues en déclinaison sur d’autres thèmes. Cela donne aussi une idée des brain storming en équipe de direction de la BU entre le point de départ et le résultat final.
Faire-part(ager)…
Après deux semaines de travail et 80h sous péridurale… je suis heureux de vous annoncer la naissance de notre nouveau né, cinquième du nom et un peu plus joufflu et coloré que ses frères ! Les marraines et parrains sont aussi fiers que le “papa” et (presque) en bonne santé. N’hésitez pas à aller voir les photos ici ou même à le regarder bouger là. Pour une version dédicacée, écrire à la BU.
Moto, biblio, dodo…
Si vous étiez l’un des 1750 lycéens aujourd’hui en visite dans notre université, vous verriez cela en amphi sur écran géant…
Précision 1 : le public visé est bien celui de scolaires en classe de 1ère et il était difficile d’accueillir tout le monde dans nos murs même si beaucoup doivent venir visiter la BU dans la journée, librement ou en groupe sur des créneaux réservés, avec des bibliothécaires pour les guider.
Précision 2 : nous avons préféré ce genre de “message” à une présentation magistrale pour éviter notre discours habituel et plutôt abstrait pour des usagers de CDI. Nous avons souhaité qu’ils conservent une impression plutôt que des informations aussi vite entendues qu’oubliées. Bon ou mauvais choix ? Difficile à dire… mais en tout cas : choix !
Précision 3 : la vidéo est réalisée par des étudiants en Master de l’ESTHUA qui ont fondé une association très dynamique : Les courants numériques. C’est aussi une manière de montrer et valoriser la créativité et l’autonomie des étudiants angevins. Quoi de mieux pour attirer de nouveaux étudiants ?
PS : je sais, je sais, le titre du billet aurait pu être Vidéo, démago, bobo… tssss.
A quoi servent nos mètres carrés ?
Je laisse volontairement de côté les réponses bateau du type : “à trouver et emprunter des documents” ou encore “à trouver une aide ou un service documentaire”, qui ne peuvent suffire à justifier la construction et l’entretien de milliers de mètres carrés d’espaces publics…
A quoi servent donc nos mètres carrés ? C’est la question à laquelle tente de répondre le récent zonage mis en place dans le cadre de notre campagne anti-bruit qui structure désormais les espaces en fonction des modalités d’usage et plus seulement selon les différents champs disciplinaires de la bibliothèque, ce qui peut poser problème à certains usagers dont les représentations dépassent bien souvent l’utilisation réel des lieux. Schématiquement donc :
1) Travailler seul
2) Se former seul ou collectivement
3) Travailler en groupe
4) Echanger avec ses pairs
5) Tuer le temps…
Bien avisé est celui qui pourrait dire aujourd’hui ce qui est légitime ou non en BU dans cette liste volontairement classée du plus normal au plus “déviant”. Bien malin est surtout celui qui pourrait isoler et exclure de cette “collection d’usages”, comme il le ferait allègrement pour sa collection de documents…, ce qu’il estime ne pas devoir avoir lieu, au sens propre ! D’une part, parce que toutes les activités bibliothéconomiquement correctes ne sont pas forcément reliées à l’environnement documentaire, et vice et versa. D’autre part parce que l’activité observable chez un même individu est souvent une combinatoire de tous ces usages dans le temps, hebdomadaire voire quotidien. Interdire certains usages reviendrait donc à terme à interdire nombre voire tous les usagers !
Ainsi donc, la question revient moins aujourd’hui à se demander ce qui est ou non légitime — l’usager qui vient travailler silencieusement sur ses propres cours l’est-il plus que le groupe qui vient bruyamment travailler avec les documents de la BU ? L’étudiant qui regarde des vidéos sur Dailymotion à partir de l’accès wifi l’est-il moins que celui qui regarde un DVD de la BU sur son portable ? L’enseignant-chercheur qui passe en coup de vent pour emprunter un document l’est-il plus que l’étudiant qui comate sur les canapés devant une exposition proposée par la BU ? — qu’à essayer de faire coexister et de relier tous ces usages les uns aux autres ?
Bien sûr la question des limites se pose. Que faut-il accepter, trier, rejeter ? Où s’arrête-t-on ? Que ne tolère-t-on pas ? Boire, manger, dormir, jouer aux cartes… à la console vidéo ? notamment en fonction des contraintes spatiales et budgétaires de chacun plus que d’un idéal-type impossible à établir. Ce qui nécessite alors de rappeler les finalités et les usages attendus de l’organisation spatio-fonctionnelle, en gros : étudier, se cultiver et se socialiser sans nuire à l’activité similaire des autres usagers dans le même espace. A ce titre, nous devrons sûrement repréciser à Angers les usages de notre “zone libre” à la prochaine rentrée universitaire.
Il est donc autorisé d’autoriser…
Toulouse, lost, lost
Petite virée dans la ville rose pour participer à un session de formation continue organisée par Marie-Dominique Heusse pour le compte de l’ENSSIB sur le Marketing des BU. Temps de crachoir : 2h sur Libqual, et plus largement sur l’introduction de certaines approches marketing dans nos établissements. Beaucoup de questions sur Angers… on dirait que tout cela intéresse les collègues, très motivés en tout cas.
Ai découvert les notions théoriques d’immersion et de “flow” finalement très proches de ce que nous essayons de faire en pratique à Angers dans le cadre de ce que nous pourrions donc appeler une approche expérientielle… grâce à Jean-Philippe Galan, MCF en Marketing à Toulouse 1 (à mettre en relation avec notre Assessment librarian sur la question des critères de régression et de pondération des questions standard Libqual dans les questions locales. A suivre). Demain : visites…
Osons !
Je l’avoue, je suis addict à PR TV… et encore, je n’ai pas la TNT sinon je passerais des heures devant La Chaîne Parlementaire ou Public Sénat. Lors de mes visionnages, je suis récemment tombé sur un passage de cette allocution présentant nos universités comme victimes et… coupables de leur propre situation :
Nous avons dégagé beaucoup d’argent pour l’opération campus universitaires pour que les universités de France ne soient pas les seules universités du monde où on n’a pas envie de rester… y’a pas de raison que des campus ouverts, agréables, avec des parcs, des jardins, des installations sportives, oserai-je le dire… des bibliothèques ouvertes le dimanche… c’est pas interdit.
Ben oui tiens, pourquoi on ferait pas ça en France ? Les jolis campus à l’américaine avec leurs salles de sport climatisées, leurs piscines olympiques, leurs théâtres, leurs musées, leurs cafétérias spacieuses où l’on peut discuter des heures, leurs salles de cinéma et… leurs fameuses bibliothèques ouvertes 24h/24 !
Pourquoi n’avons nous pas fait ça en France ? Qui n’a pas fait ça d’ailleurs ? Qui a privilégié les filières d’excellence surdotées tout en demandant à ce que 50% d’une classe d’âge se retrouve en position de rentrer dans l’enseignement supérieur ? Qui n’a pas dégagé les moyens nécessaires à mettre en face des efforts financiers des collectivités locales ? Qui réglemente et limite les droits nationaux pour éviter tout mouvement étudiant ? Qui n’investit pas dans le logement étudiant très peu rentable pour les investisseurs privés afin de créer de la vie sur les campus ? Qui privilégie les mesures fiscales pour l’innovation privée plutôt que d’injecter de l’argent dans la recherche publique ? Les universités, et par raccourci les universitaires eux-mêmes, ou les pouvoirs publics ?
Si l’on veut poursuivre la comparaison franco-américaine, les 3,7 milliards du plan campus représentent tout juste la moitié du budget annuel de l’université publique d’Austin au Texas et les 1,8 milliards de dotation de fonctionnement (hors salaires) pour toutes les universités françaises représentent à peu près le budget annuel de la seule université d’Harvard… ces comparaisons ont-elles un sens ? Pas plus que de dire qu’il faudrait en France des campus à l’américaine. Car l’étudiant américain qui paye en moyenne 6000 € de frais de scolarité, soit entre 30 et 40 fois plus que l’étudiant français, dort, mange, travaille, étudie, fait du sport, se cultive et vit sur son campus pour “rentabiliser” son inscription (payée par son entreprise ou son banquier) comme dans un club de gym… et les universités de rivaliser en équipements, services et “notabilité” à payer au prix fort pour sélectionner le client, pour les plus prestigieuses, ou pour attirer le chaland pour les moins reluisantes !
Des campus à l’américaine, nous n’en avons ni les moyens, ni la culture et sans doute ni l’intérêt, chacun cherchant et trouvant ailleurs sa nourriture “existentielle”, dans une société ouverte qui n’enfermerait pas chaque communauté dans un horizon clos et auto-suffisant.
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