Archive for the ‘lecture’ Tag

Cocoricouac…

Le portail France.fr objet d’une funeste et récente actualité vient enfin de (ré)ouvrir… c’est l’occasion de tous nous précipiter sur ce joyau de l’intelligence et du génie français avant qu’il ne tombe à nouveau en rade ;-) .

J’avoue qu’après un rapide tour du propriétaire,  tout cela ne casse pas trois pattes à un canard et l’indigence des articles est parfois sidérante… mais c’est surtout la portée subliminale de l’habillage iconographique qui m’a bien plu, en particulier les images d’illustration qui tournent en boucle pour accompagner chaque grand thème…

Par exemple pour « Entreprendre » vous avez une image du Rafale (merci pour Dassault), d’un Airbus qui atterrit, de pilules qui s’envolent (vive l’industrie pharmaceutique), de l’Arche de la Défense (avec une pub déguisée pour Total et Nexity), d’une belle plante à côté d’une belle voiture (que vous ne pourrez jamais vous payer), de deux TGV qui s’embrassent… fric, gloire et beauté… vous avez compris le principe ?

A l’inverse, pour « Travailler » vous avez : des postiers, des pompiers, encore des pompiers, des vendangeurs, des soudeurs, encore des soudeurs, une jeune qui s’occupe d’une vieille, une voiture sur une chaîne (?!?), une gare SNCF (?!?), un châssis de camion (?!?)… des larmes, de la sueur et du sang !!!

Mais c’est la rubrique « Etudier » qui m’a le plus plu ! Première image aléatoire affichée (pour moi), une créature de rêve en train de lire un livre dans ? dans ? dans ? une bibliothèque ! Victoire ! Enfin la consécration internationale, le soutien implicite et secret des gouvernants, la reconnaissance de tout une profession et d’un environnement si import… mais, mais, mais c’est bizarre ce genre de livres cartonnés tout petits, ces étiquettes carrées, ces étagères en bois sans signalétique… ça sonne pas vraiment français non ?

Hop hop hop… ça sent le bidonnage ce truc, la photo achetée à l’arrache auprès de la première agence bidon. Y nous disent quoi les crédits ? PhotoAlto. Cliché Sigrid Olsson… hum. Rien sur le site de l’Agence. Rien dans les champs IPTC de l’image non renseignés car trop light. Bon. Heuresement que l’agrégateur de Getty images nous donne lui plus d’infos qu’il rend interrogeables

Moralité, si tu veux étudier en France, va donc en Espagne !

Malheur à Sophie…

voleusejpg_2Hier matin à la bourre, comme toujours…
- Papa tu rentres tard ce soir ?
- Euh, oui, enfin comme d’habitude quoi.
- Ouais mais tard, tard ?
- Ben non, j’vous verrai quand même…
- Pac’que sinon, tu peux laisser le livre électronique pour que Maman continue à nous lire les Malheurs de Sophie !
Gloups…

 » Sais-tu ce que ton rêve signifie Sophie ? C’est que la bon Dieu, qui voit que tu n’es pas sage, te prévient par le moyen de ce rêve que si tu continues à faire tout ce qui est mal et qui te semble agréable, tu auras des chagrins au lieu d’avoir des plaisirs. Ce jardin trompeur, c’est l’enfer ; le jardin du bien, c’est le paradis : on y arrive par un chemin raboteux, c’est à dire en se privant de choses agréables, mais qui sont défendues ; le chemin devient plus doux à mesure qu’on marche, c’est à dire qu’à force d’être obéissant, doux, bon, on s’y habitue tellement que cela ne coûte plus d’obéir et d’être bon, et qu’on ne souffre plus de ne pas se laisser aller à toutes ses volontés »

Pourvu que ma bibliothécaire attitrée n’apprenne jamais cela… elle qui me fait les gros yeux quand je prends une Bibliothèque rose !

Faut-il aimer l’andouille…

cmd05…pour être bon charcutier ?

J’évoquais récemment la faible technicité des métiers des bibliothèques comme pouvant expliquer, à tous les niveaux dans nos établissements, la difficulté à construire des consensus largement partagés qui seraient fondés sur des compétences fortes et communes à tous. D’une part, cette situation éclaire la (sur)valorisation comme compétence propre de notre rapport personnel, quasi existentiel, à la bibliothèque, à la connaissance, au savoir, à la culture,… inclinations personnelles parfois d’ailleurs bien plus fantasmées que réelles, mais jugées par nombre de collègues comme indispensables voire suffisantes à l’exercice-même de notre métier, et, d’autre part, le poids des représentations individuelles empêchant l’apparition et l’acceptation de savoir faire communs nouveaux et/ou spécifiques qu’il faudrait acquérir et faire évoluer en amont et au-delà de ce quant à soi omniprésent. En résumé, il faudrait dans nos métiers plus de compétences collectives et moins d’ »idéologie » individuelle…

Le passage ci-dessous extrait d’une demande de stage dont la teneur émaille la plupart des lettres de candidatures spontanées que je reçois en masse illustre bien ce décalage ambigu entre représentation et réalité :

J’ai toujours aimé la lecture et les livres en tant qu’objets. Le contact avec le livre me plait beaucoup. J’aime également ranger les livres suivant un classement bien précis. Je pense sincèrement que le métier de bibliothécaire me conviendrait même si j’avoue ne pas savoir vraiment l’expliquer. Ce dont je suis sûre, c’est que je me sens bien lorsque je me trouve dans une bibliothèque, entourée de livres. J’aime flâner dans les rayons, prendre un livre, ne serait-ce que pour le feuilleter. Je serais capable d’y passer des heures.

Qu’on se le dise, aimer lire et considérer que la culture est au-dessus de toute autre valeur ne suffit pas à faire un bon bibliothécaire. Tout au plus un bon lecteur !

Illustration : Marie Desbons ©

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