Archive for the ‘scd’ Tag

Vers un emploi fonctionnel de DIRBU ?

Le récent rapport présenté par le groupe de travail sur les bibliothèques interunivesitaires s’interroge à nouveau sur la question d’un emploi fonctionnel pour les directeurs de BU :

La question de la procédure de nomination des directeurs de bibliothèques et de la durée de leur mandat a donné lieu à de nombreux échanges. Une majorité de participants au groupe de travail estiment que la fonction de directeur de bibliothèque devrait avoir une durée déterminée. En effet, si la direction d’une grande bibliothèque exige de disposer de la durée il faut éviter les phénomènes de sédentarisation excessive. Cependant les avis divergent sur la durée à proposer pour un mandat (3 ans, 4 ans, 5 ans) et le nombre de renouvellements possibles (2 mandats, 3 mandats sur le modèle des responsables d’unités mixtes de recherche). Pour certains, l’emploi de directeur de bibliothèque s’apparente à un emploi fonctionnel, hypothèse exclue jusqu’à présent par l’ADBU.

Au-delà des réticences corporatistes fortes, et sans doute fondées, contre l’ouverture de la fonction de directeur de BU à d’autres personnels de catégorie A que les conservateurs, sans garantie de voir ces derniers accéder facilement aux autres emplois fonctionnels, il existe une contrainte statutaire et financière importante le positionnement statutaire (et financier) des conservateurs que personne n’évoque jamais et qui rend les choses hautement improbables, en apparence.

Partons de deux postulats pour aborder le problème. 1) Les directeurs de BU sont (presque) tous des conservateurs généraux 2) La construction d’un emploi fonctionnel de directeur de BU ne peut se faire qu’en relation subordonnée à celui de directeur général des services redéfini en 2010 par le décret n°2010-175.

La comparaison statutaire permet de mieux comprendre le problème.

Par ailleurs, les DGS étant classés par catégorie selon la taille de leur établissement il conviendrait de respecter l’ordre des préséances statutaires… les directeurs de BU de grosses universités (groupe 1) ne pouvant raisonnablement prétendre qu’à un emploi fonctionnel équivalent à un DGS du groupe 2 (et ainsi de suite) et donc se priver de la hors échelle B et C ?!? Sauf que, le statut d’emploi de direction prévoit que les fonctionnaires gardent la progression indiciaire de leur corps d’origine si cette dernière leur est plus favorable que celle de l’emploi fonctionnel sur lequel ils sont détachés.

L’idée qui reviendrait in fine à créer dans chaque université un emploi fonctionnel de DGS Adjoint en charge de la documentation (pour faire court), redevient pensable et intéressante pour les conservateurs généraux comme pour leur collègue « en chef » car même en catégorie 2 ou 3, l’indemnité administrative resterait respectivement supérieure de 27% et 8% du maximum de la prime de conservateur général en fin de carrière (22% x 1164 x 12 x 4,63). Mais cette évolution demeure soumise à 3 éléments, au-delà de la décision politique en elle-même :

- le maintien du corps des conservateurs généraux pour pouvoir continuer à bénéficier des avantages statutaires acquis et un retour « en douceur » après le détachement, ce que semble garantir à moyen terme sa dimension interministérielle et la difficulté de transformer les quelque 200 conservateurs généraux en emplois fonctionnels pour éteindre ce corps…

- l’acceptation par les DGS de voir leurs collègues directeurs de BU « pantoufler » sur des emplois fonctionnels quasi réservés en raison des compétences particulières pour les exercer (ça se discute…) en étant bien mieux payés qu’eux, ce qui leur permettrait indirectement de réclamer à leur tour l’accès à la hors échelle C

- l’acceptation et la défense de la limitation dans la durée et l’obligation de mobilité pour les dirbu par l’ADBU, ce qui va plutôt dans le sens de l’histoire récente (i.e promotion des conservateurs en chef).

Alors, on y va ?

BUA Productions…

Prologue: le directeur bassine tout le monde depuis des mois avec « la vidéo » et la nécessité d’intégrer massivement ce support dans les contenus proposés par la BUA. Ça tombe bien car nous sommes en train de refaire notre site web en y intégrant un CMS qui reprendrait bua’bloc et ferait la part belle aux vidéos.

Épisode  1 : le directeur se fait la main avec une petite cam’ et un outil iMovie pour (dé)montrer à ses collègues que c’est simple comme bonjour. Bon, il se rend bien compte que ça ne sera pas si facile, surtout si on veut un minimum de qualité et qu’il faudra bien du temps, de l’énergie et plus qu’un seul homme mobilisé sur l’affaire (mais il ne le dit pas trop fort…)

Épisode 2 : l’équipe de direction identifie un personnel qui serait intéressé, compétent et implicable sur le sujet, en l’occurrence un collègue magasinier. Recherche d’une formation continue sur l’université, validation des acquis professionnels, mobilisation du DIF… les choses ne sont pas simples, et toujours en cours.

Épisode 3 : le directeur fait une rencontre providentielle dans les couloirs de la présidence où la DRH lui demande s’il serait intéressé pour accueillir au sein de la BUA un adjoint technique audiovisuel qui souhaite changer de service (c’est là qu’il faut tout le self-control et l’expérience du vieux routier pour ne pas sauter au plafond ni dans les bras de ladite DRH et juste dire – Euh… oui, pourquoi pas)

Épisode 4 : ledit audiovisualiste arrive le 1er janvier à la BUA avec un bloc Rhodia, un stylo et beaucoup d’enthousiasme. Ça tombe bien, nous aussi ! Et heureusement que le père Noël est passé pour remplir nos caisses afin d’équiper en urgence cette nouvelle cellule audiovisuelle. Je vous passe les détails mais en gros 1 MacPro, 2 McBook, 1 caméra semi-pro, des licences Finalcut et Protools, 1 micro-cravate… le tout pour environ 15 000 € d’équipement qui seront vite amortis quand on sait que la minute de film institutionnel coûte entre 1000 et 2000 € lorsqu’elle est produite par une boîte extérieure

Épisode 5 : il faut alors se mettre très vite au boulot pour établir un plan de production et des collections permanentes. Le directeur et son adjointe se mettent à l’écriture. Ils associent une bibliothécaire contractuelle qui se verra confier un projet de rédaction et de passation d’interview, ce qui nous amène à 4 collections :

« Dans ma poche » Interview d’étudiants de l’université d’Angers qui recommandent un livre de poche qu’ils ont aimé et en lisent un passage. Durée 3 à 5 minutes dans les locaux des BU. A noter que cette collection s’articulera avec le don de 4 exemplaires aux premiers fans sur Facebook qui en feront la demande et viendront (ou pas) alimenter une opération de bookcrossing de plus grande envergure à partir d’octobre 2011

« Un livre un prof »  Interview d’enseignants-chercheurs de l’Université d’Angers qui viennent de sortir un ouvrage pour expliquer leurs travaux et l’apport de leurs recherches. Durée 3 à 5 minutes dans l’environnement de travail du prof (bureau, labo, domicile…)

« Portrait de bibliothécaire » Présentation d’un collègue de la BUA qui explique son job et le fonctionnement du service qu’il anime ou auquel il participe. Durée 3 à 5 minutes avec mise en situation dans les locaux. Permet tout à la fois d’incarner la bibliothèque et d’expliquer comment elle fonctionne tout en valorisant le travail des collègues.

« Comment ça marche » Collection de screencasts qui scénarisent le fonctionnement des outils et de l’environnement en ligne (bases de données, pério élec, opac…). Durée 3 minutes maxi qui viennent en complément des fiches techniques et autres guides d’utilisation statiques.

A ces collections s’ajouteront des sujets isolés comme le film ci-dessus qui valoriseront principalement les activités de la BUA, par exemple l’atelier animé par François Bon, ou encore les fonds spécialisés pour présenter nos principaux fonds avec des sujets de 12 à 15 minutes plus élaborés (Gracq, Bazin, Burgess, Tournier, Centre des archives du féiminisme…)

Épilogue : les premières semaines de tournage et de travail en commun montrent une parfaite entente et un partage des compétences fructueux entre notre nouvel audiovisualiste et le collègue initialement pressenti pour s’impliquer seul dans le projet… du coup, la cellule audiovisuelle est devenue très vite opérationnelle et devrait se voir prochainement augmentée d’un autre collègue magasinier qui prendrait en charge les transferts et la numérisation des tous nos supports analogiques image et son de nos fonds spécialisés, en aidant aussi sur les projets spécifiques.

Si tout va bien, la BUA devrait donc produire en année pleine 32 films de 3 à 5 minutes (répartis en 4 collections) et 2 à 3 sujets de 12 à 15 minutes sans oublier les 5 films toujours produits par l’association Les courants numériques à chaque exposition de la Galerie 5, le tout distillé au rythme de une sortie par semaine à compter de septembre 2011.

Comme dirait l’ami George - What else ?

Prêt gratuit… de l’air que l’on respire

J’ai cru comprendre que le forum de l’ADBU bruissait pas mal en ce moment des questions de tarifs et de gratuité en BU. J’imagine la surenchère des collègues sur le sujet : convention de reversement, accord de réciprocité,  proratisation bilatérale, compensation forfaitaire, inscription demi-tarif…

A la BUA, les choses ont été simplifiées depuis le 1er janvier 2011 avec la mise en place de la gratuité totale du prêt (5 livres + 2 DVD + 3 BD + 3 revues) pour TOUS les lecteurs extérieurs à l’université d’Angers, disposition qui s’accompagne de l’octroi d’une semaine d’accès gratuit à internet activable à sa guise pour récupérer des références précises parmi nos ressources numériques ou tout simplement découvrir ces dernières.

Les lecteurs qui souhaitent accéder aux ressources en ligne in situ en plus du prêt gratuit de supports physiques et au-delà de la semaine offerte (aussi faite pour mettre l’eau à la bouche…) peuvent payer 31 €, soit l’équivalent des droits de bibliothèque payés par les étudiants de l’université d’Angers.

Je sais, je sais, je sais… vous avez plein de remarques et de questions auxquelles je vais essayer de répondre sans trop d’idéologie : quelle équité pour les étudiants qui payent ? N’y a-t-il pas une concurrence déloyale avec la BM ! Quel est le risque de « pillage » par les étudiants d’autres établissements ? Tout à un coût et donc un prix, même la culture ! Et le manque à gagner des inscriptions ?

Reprenons dans l’ordre. Cette décision procède de la volonté de répondre aux besoins d’information et de savoir des citoyens en considérant que ces derniers sont majoritairement servis par la BM qu’ils payent indirectement par leurs impôts locaux et/ou directement par leur inscription. La BU n’opère donc qu’à la marge et en dernier recours ce qui la positionne comme un service public subsidiaire, déjà payé par la communauté nationale,  et rendu par l’État en plus de ses missions cardinales à l’égard des étudiants et des enseignants-chercheurs.

La gratuité n’est rien d’autre que la conception de la bibliothèque universitaire comme un service universel qui étend celui des bibliothèques publiques et le remplace dans très peu de cas, pour ceux qui ne peuvent ou ne souhaitent le payer directement. Dans le cas d’Angers, la gratuité pour les moins de 26 en cours de mise en place dans les BM rendait cette décision d’autant plus logique et évidente.

Quid alors des étudiants qui payent (ou non d’ailleurs pour les boursiers) ? Ils restent les seuls bénéficiaires des services étendus de la BU à savoir des places de lecture en nombre, des ordinateurs en libre service, des portables en prêt court ou long ainsi que l’accès aux ressources numériques à distance. Ils demeurent aussi le cœur légitime de la politique documentaire construite pour répondre à leurs besoins, les bibliothécaires n’ayant pas vocation à satisfaire les demandes des lecteurs extérieurs  gratuits qui empruntent sur le stock existant.

Quant aux risques de dérive ? Il n’y a plus que les bibliothécaires pour croire que ce genre de mesure risque de provoquer un raz de marée d’usagers venant priver les universitaires de leurs ressources. Nous sommes ici ni plus ni moins dans la gestion physique de la longue traine avec un stock de 500 000 documents gratuitement mis à disposition de 250 000 habitants. Ainsi, si 20% sur les 20% des 20% d’inscrits à la BM qui n’y trouvent pas un livre le trouve à la BU, cela fait au grand maximum 2000 personnes intéressées qui n’auraient pas forcément poussé la porte de la BU et payé 31 € un service ponctuel.

Qu’on soit bien d’accord, la gratuité est une facilité supplémentaire pour l’accès au savoir qui lève juste une barrière symbolique et permet aux BU de se réapproprier la (re)conquête de publics étudiants et enseignants, de classe prépa par exemple, de lycéens ou encore de ses anciens étudiants comme des retraités de l’enseignement. Elle ne change en rien ni ne résout les difficultés d’appropriation et de maîtrise du savoir.

Vous en avez rêvé ?

Angers l’a fait…
Pas pour s’amuser
Pas pour se faire mousser
Pas pour occuper le terrain
Pas pour tirer la couverture
Pas pour stigmatiser quiconque
Pas pour révolutionner le monde
Pas pour concurrencer certains
Pas pour dire ce qu’il faut penser
Pas pour complexer les uns
Pas pour déculpabiliser les autres
Pas pour rassurer les indécis
Pas pour faire parler les incompris
Pas pour palabrer dans le vide
Pas pour écouter la bonne parole

Juste pour discuter, échanger, dialoguer et confronter les réflexions en cours aux actions menées ou à mener. Une idée simple donc : s’appuyer sur du concret pour faire émerger des communautés d’intérêt et créer des horizons communs. Ce sera le samedi 15 janvier 2011 à la BU Saint Serge d’Angers. Ce sera gratuit et ce sera vous qui ferez le succès de cette journée par votre intelligence et votre envie de partager. On vous attend !

Pour tout savoir et vous inscrire : http://bibcamp2011.wordpress.com


Remerciements à Nicolas qui est à l’origine de tout cela et à Daniel avec lesquels nous co-pilotons le projet. Remerciements à toute l’équipe de direction de la BUA qui va encore s’impliquer à fond. Remerciements à 3M France et Ex-Libris pour leur soutien à l’initiative en offrant le repas du midi et quelques goodies. Remerciements à ma fille qui m’a prêté ses mains pour le visuel…

Par ici la sort… euh, l’entrée !


Et bien voilà, la nouvelle BU Saint Serge est désormais « officiellement » ouverte et déjà près de 39 000 passages (comptés une seule fois bien sûr) ont été enregistrés en 14 jours d’ouverture ! Si vous avez raté l‘inauguration, si vous n’avez pas voulu voir les photographies que nous distillons depuis plusieurs mois sur le net, si vous n’avez pas lu le dossier de presse et si la fiche technique a échappé à votre sagacité, il ne vous reste plus qu’une chose à faire : venir !

La BUA… comment ça marche

Suite aux nombreuses questions de collègues extérieurs, voici un essai de synthèse sur le fonctionnement des ouvertures nocturnes, permanences et astreintes… à la BUA.

1) L’ouverture des bibliothèques se fait en continu sans dégradation durant les petites vacances de mi-septembre à mi-juin : 65h hebdo pour la BU Belle Beille et 84h hebdo pour la BU Saint Serge.

2) Les personnels non cadres font un roulement pour l’ouverture du matin et ne sont pas astreints à rester après 18h. Ils peuvent néanmoins choisir de finir une fois par semaine entre 18h et 20h s’ils le souhaitent. Les personnels assurent en moyenne 6 samedis par an de 8h30 à 18h (1).

3) Les moniteurs étudiants viennent du lundi au jeudi à partir de 17h30 (tuilage avec les titulaires qui finissent à 18h) et font la tranche 17h30-20h à Belle Beille et 17h30-20h + 20h-22h30 à Saint-Serge. Il y a donc 4 tranches à Belle-Belle (3 moniteurs) et 8 tranches à Saint Serge (6 moniteurs). Pour les vendredi et samedi, les moniteurs assurent par roulement toutes les 3 semaines les 2 tranches 17h30-22h30 à Saint Serge en combinant 2/6 moniteurs de Saint-Serge + 1/3 moniteurs de Belle Beille. Ce qui fait que nos moniteurs sont à 10h semaine + 2 x 5h toutes les 3 semaines. Après 18h, il y a donc toujours au minimum 3 moniteurs dans chaque bibliothèque en simultané qui sont formés pour faire : prêt, retour, inscription, quitus, renseignement. On trouve aussi, selon les années, des titulaires qui participent à la vie de la bibliothèque jusqu’à 20h et peuvent le cas échéant assurer la fermeture lorsqu’il n’y a qu’un seul cadre et non deux sur le réseau (congés, déplacements, réunions…).

4) Les cadres de permanence fonctionnent en binôme du lundi au jeudi en étant de permanence jusqu’à 20h, chacun sur un site. Les permanences physiques 20h-22h30 sont assurées par les 8 cadres durant 8 semaines par an (sur 39 au total) pour le lancement et le suivi du service nocturne. Ils assurent alors un roulement tous les 15 jours + chacun une fin de semaine couplée vendredi-samedi jusqu’à 22h30 soit au total chacun 15 heures par an de 20h à 22h30. Ces heures sont payées en vacation.

5) L’astreinte téléphonique des cadres fonctionne au-delà des 8 semaines de leur présence physique, de 20h à 22h30 du lundi au jeudi, par roulement tous les 15 jours (semaine des garçons et semaine des filles car les binômes sont mixtes…) et de 18h à 22h30 les vendredi et samedi . Dans ce cas, le cadre qui est permanence le samedi assure l’astreinte de la veille et celle du samedi où il travaille. En cas de force majeure (incendie, dommage à un tiers,…) le cadre est sur site sous 15 à 20 minutes. Seul le temps d’intervention est récupéré. Les astreintes donnent lieu à un forfait annuel de récupération autour de 10 heures par an.

6) Un agent de sécurité d’une société extérieure est posté à la BU Saint Serge tous les jours de mi-septembre à mi-juin de 18h45 à 22h45, soit 24h x 39 semaines = 936 h par an.

Des questions ?

(1) Avec récupération réglementaire de 1,2 avant midi et 1,5 après midi soit 12h récupérée pour 8h30 travaillées.

Illustration : Michel Chevalet à Kourou récupérée ici, et un peu modifiée…

C’est beau une BU la nuit…



Pendant que certains bibliothécaires dorment déjà, d’autres tournent encore en maraude autour de leur bibliothèque ! Voici en avant première quelques clichés nocturnes de la future BU Saint Serge qui ouvrira ses portes le 20 septembre prochain. Nous ne sommes pas mécontents du résultat (dans lequel nous ne sommes pas pour rien avec Nathalie Clot, la chef de projet de ce beau vaisseau…) et nous réjouissons de l’effet produit aux environs de 22h un 18 août. Nul doute que toutes ces lumières seront du meilleur effet pour attirer les lecteurs jusqu’à 22h30 du lundi au samedi.

Délit d’opinion ?

Un rapide éclairage sur deux points qui font débat dans mon récent article paru dans le BBF, texte dont la subjectivité et le caractère un peu provocateur n’auront échappé à personne, on ne se refait pas, mais telle était la commande :

Les bibliothécaires-vestales : j’en conviens, le terme est un peu problématique, non qu’il dépasse ma pensée mais qu’il en trahirait le fond en l’orientant vers un genre particulier de bibliothécaire, les femmes donc. Loin de moi l’idée d’associer les réflexes protectionnistes des bibliothécaires aux seules bibliothécaires-femmes, mais comme ces dernières forment une majorité de notre profession, forcément… donc si certaines ont été choquées, je le regrette et m’en excuse. Mais revenons sur le fond : pourquoi assimiler les bibliothécaires à de véritables gardiens du temple ? Parce que nous avons du mal, tant sur le plan symbolique que pratique, à accepter la dépréciation de nos valeurs, de nos institutions et de nos collections, ou tout du moins leur « mélange » avec l’extérieur et la nécessité de nous repenser et agir dans un grand tout informationnel, sans pour autant vendre notre âme au diable. Le livre, le savoir, le silence au centre de tout ? D’accord, mais avec le risque de nous au centre de rien.

Le dolorisme professionnel : là je revendique totalement, avec une tendance forte et constante à l’auto-flagellation : les profs nous méprisent, les CA ne veulent plus des directeurs, la LRU nous dépouille, les PRES nous fragilisent, le Ministère nous abandonne, l’ENSSIB fait n’importe quoi, l’AERES nous ignore, le gouvernement nous divise entre gros et petits… et le contenu du dernier BBF ne dément pas cela. Bref, comme disait JP2 « Nayez pas peur »… mais continuez quand même à croire en l’Enfer ! Où sont les forums d’idées et de débat dans notre profession ? Les endroits où l’on créé et partage de l’innovation ? Les organes qui créent de la doctrine et redéfinissent nos missions positives ? C’est un peu ce manque d’affichage volontariste et prospectif que mon article éclaire.

Qu’on le veuille ou non, et c’était le sens de mon texte, nous n’avons jamais eu autant de moyens et de mètres carrés à notre disposition. En demander plus ? Pourquoi pas. Mais n’oublions que la bibliothèque-lieu est notre trésor de guerre qu’il faut faire fructifier pour (continuer à) exister car le documentaire in-situ et la documentation en ligne ne suffiront pas.

21h55 / BU Saint-Serge

Bien sûr il y a les statistiques, les sondages, les enquêtes, les taux de fréquentation et d’occupation des salles, l’indice de satisfaction, le nombre de prêts, le nombre de passages, le ratio coût/bénéfice… oui, il y aura tout cela pour dire si ça marche, s’il faut continuer ou bien tout arrêter ! Mais il n’y a rien pour dire ce que l’on ressent à offrir des espaces et des services à « nos » étudiants, à les voir si naturellement attablés, studieux, détendus, chez « nous » comme chez eux, seuls ou à plusieurs autour de leurs ordinateurs. Il n’y a rien pour dire le sens qu’on a l’impression de donner à leur présence sur le campus, rien pour traduire le sentiment de se sentir UTILES, simplement.

PS : ne pas rater la taulière à 2’05″ assurant son troisième 22h de la semaine !

Statut et métier : la quadrature du cercle

47Quelques éléments pour poursuivre le débat après le rebond de Bertrand Calenge à ce billet et les commentaires toujours avisés des collègues.

Plusieurs points importants pour aborder la question des missions des agents d’exécution dans les bibliothèques et de leur reconnaissance statutaire, et donc salariale  :

- La généralisation est impossible. On ne peut réfléchir en confondant toutes les  situations BM, BU, BNF… ainsi qu’en comparant de gros établissements à de petites structures plus familiales.

- La question du recrutement direct ne se pose pas partout de la même manière. Encore peu répandu dans les BU, il semble accélérer, ailleurs, la distorsion entre le profil recruté et le statut d’embauche, avec une tendance à la sur-employabilité pour les catégorie C.

- La combinaison concours/statut national semble à l’inverse produire et justifier plus de sous-employabilité dans les BU, le profil réel procédant plus d’un cadre théorique un peu figé (ce que peut ou non faire l’agent) que de la réalité.

- Le problème d’adéquation entre fonction et statut, soit entre les responsabilités et leur « juste » rémunération ne se pose pas que pour la catégorie C. Il est aussi très prégnant pour les catégories intermédiaires qui voient leur mission évoluer. En allant plus loin, on peut aussi se demander s’il est bien normal que les conservateurs passent leur temps à gérer des problèmes techniques et logistiques au quotidien (portes, fenêtres, wc, sécurité, plannings, ménage…) plutôt que d’assumer pleinement leur rôle scientifique et politique.

- La requalification des emplois d’exécution n’impacte pas que les bibliothèques. Elle touche aussi les autres filières où la technicisation et la responsabilisation des agents de catégorie C est très forte. Nous ne sommes pas les seuls à changer ! Nous ne sommes pas ceux qui changeons le plus ! Cet élément doit être pris en compte dans les représentations de nos efforts et nos revendications internes aux universités (avec les RCE).

- La position du « ne bougeons rien de peur d’ostraciser ceux qui ne bouge pas » n’est pas tenable. Elle revient à refuser toutes innovations sous prétextes que ces dernières sont au départ portées par une minorité qui y trouve un intérêt professionnel ou personnel. Elle condamne aussi les 80% prêts à évoluer à subir l’attentisme des 20% restant.

- La théorie de l’aliénation par le travail parasite vraiment la donne. L’équation travail mal rémunéré = travail subi est vraiment réductrice et tout aussi méprisante et sans espoir pour ceux, la majorité, qui y cherchent (trouvent ?) aussi autre chose : valorisation personnelle, image de soi, utilité sociale, capacité d’initiative… En outre, les bibliothèques sont quand même loin d’être assimilables au bagne (qui peut tout aussi être non automatisé…) et les rémunérations des personnels d’exécution ne sont pas comparables à la situation plancher de beaucoup de gens dans le privé : le SMIC durant 41 ans ! Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Mais le vrai problème n’est pas tant la rémunération qui, hors prime, va de 1363 € à 1910 € bruts que la progression de carrière et à la pyramide des emplois et des possibilités de promotion : un vrai scandale.

- Il faut enfin un minimum de courage politique et de persuasion pour requalifier les profils indépendamment du statut, constant lui, où nouvelles missions ne veut pas dire nouvelle forme d’exploitation et, par ailleurs, repyramider systématiquement les postes vacants de magasiniers en assistant des bibliothèques en faisant  dans ce cas comprendre aux magasiniers que le gain n’est pas pour eux dans l’immédiat, sauf pour l’augmentation mécanique mais résiduelle des possibilités de promotion dans le corps supérieur, mais pour leurs successeurs.

Je pense qu’on ne peut pas tout faire ni faire la même chose partout. Il faut raisonner et agir dans un environnement donné en fonction de l’ intelligibilité de certaines idées et de la capacité des équipes à les mettre en oeuvre (recevabilité) et de l’encadrement à accompagner ces mutations. La BUA ne cherche donc pas à imposer son modèle aux autres, mais juste à leur faire comprendre qu’à situation égale, certains choix sont peut-être possibles voire souhaitables et souhaités par les acteurs car bénéfiques pour eux.

Et pour répondre à Bertrand et à antmeyl, c’est justement là, sur le terrain que les propositions se situent, dans l’action concrète, distincte et contextuelle et non dans le souhait de changements structurels générauxeux qui ne viendront pas (passer tous les C en B, modifier les grilles d’avancement, augmenter les salaires,…)

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 43 autres abonnés