Café du commerce…

Mathias Deguelle : Messieurs Glucksmann, ne me dites pas, sérieusement que ce genre de fait divers [Affaire Josef Fritzl]… on en est entourés en ce moment et qui font la une des journaux sont eux aussi les dommages collatéraux de Mai 68 ? On ne peut pas non plus tout ramener à 68… vous parliez du bien et du mal, tout à l’heure André Glucksmann

André Glucksmann : Bon alors écoutez… si ce sont des dommages collatéraux, ce sont les dommages collatéraux d’un silence qui a régné en Autriche sur les crimes de la Deuxième Guerre mondiale. Vous savez que malgré tout, les Autrichiens considèrent même encore aujourd’hui qu’ils ont été victimes, qu’ils n’ont pas participé…

M.D. : en même temps on a chacun le nôtre… Fourniret, il est pas terrible non plus…

A.G. : oui d’accord mais on l’a… bien sûr, mais on a, en France, en Allemagne conscience de ce qui s’est passé de plus horrible…

Rhaphaël Glucksmann : … enfin à mon avis c’est plutôt un dommage collatéral de la nature humaine cette fois-ci… on a exactement les mêmes, moi ça me pose vraiment question parce que… dans nos divergences père fils, je suis d’une nature plutôt optimiste, c’est à dire que j’essaye de fonder ma pensée sur l’élan de la liberté alors lui n’a pas cessé, c’est sûrement lié à son expérience personnelle, moi je suis né quand même dans un monde plus heureux que le sien… et donc… j’essaye de penser l’élan de la liberté, l’Homme comme un facteur positif alors que lui il a passé son temps a étudié l’Homme dans ses dimensions maléfiques et potentiellement exterminatrices… et là c’est vrai que face à un fait divers comme ça, là, je me tais d’ailleurs…

A.G. : … avec un p’tit détail sur le fait divers, c’est qu’il a promis si jamais elles essayaient de s’échapper, enfin sa fille, de la gazer… hein, la gazer ça rappelle quand même des souvenirs de la Seconde guerre mondiale

R.G. : c’est vrai qu’il avait une vraie tête de Nazi donc c’est possible…

A.G. : c’que j’dis, c’est que la seule union possible, mais elle est possible, c’est celle des braves gens ou des rationnels ou des prudents contre le Mal, parce le Mal c’est…

M.D. : encore faut-il qu’ils le sachent… parce que les braves gens, revenons à Josef Fritzl, dans son cas tout le monde est estomaqué…

A.G. : oui, enfin lui… je ne le qualifierais pas vraiment de braves gens…

M.D. : … non non mais je parle des braves gens, les voisins… personne ne savait…

A.G. : oui enfin ils pourraient être un peu curieux quand même…

M.D. : oh ben oui, alors, mais là c’est de l’ingérence…

A.G. : c’est quand même extrêmement curieux qu’il soit parti en vacances, hein… pendant trente jours quelque fois, en Indonésie, etc… et qu’il y ait personne qui se soit aperçu de quoi que ce soit…

R.G. : … pis les services sociaux qui viennent vingt et une fois et qui fournissent des allocations familiales pour les trois enfants que sa fille aurait déposés, selon ses dires, sans jamais mener d’enquête et la famille aussi, moi c’que j’adore aussi, c’est la famille qui reçoit une lettre qui explique : « notre fille a disparu, surtout ne partez pas à sa recherche »… et alors aucun n’a fait la démarche de partir à sa recherche… moi j’suis désolé, si on me dit que ma veille cousine a disparu et qu’il faut absolument pas partir à sa recherche, j’veux dire, j’esssaye de savoir c’qu’il lui est arrivé au moins…

M.D. : dites-moi, vous-êtes intarissables…

Entendu sur France Inter le samedi 3 mai 2008 à 16h50. Le Zapping d’Inter.

1 comment so far

  1. am on

    Je ne sais pas s’il y a grand chose à en dire mais cela fait écho à une dissert sur le totalitarisme que j’avais rédigé il y a longtemps et qui se terminait par ces mots :

    « Sans doute est-ce vain d’essayer de comprendre ce qui pousse un groupe d’hommes ou un homme à accéder au pouvoir uniquement dans le but d’écraser sous la coupe étatique une population qui ne demande que des solutions pour mieux vivre. Peut-être que la réponse se trouve dans cette confidence de Goering faite à Karl Hansel, avocat au procès de Nuremberg : « … Laissez venir à moi les fieffés coquins – à condition que j’ai le pouvoir, le pouvoir de vie et de mort dans toute sa pleinitude. Seul et unique dépositaire, à qui personne ne peut gâcher le métier – Que savez-vous des possibilités dans le Mal ? Pourquoi écrivez-vous des livres et faîtes-vous de la philosophie vous qui ne connaissez que la vertu et la façon de l’acquérir, alors qu’au fond, le monde est mû par tout autre chose… ». »


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