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Bédée, d’Horripile

J’ai comme le pressentiment que les billets horizontaux vont se succéder dans ce blog en cette période automnale… tiens, pour inaugurer la série et se chauffer un peu, je propose un marronnier de rentrée un peu facile : la place de la BD dans les BU françaises ! C’est à dire quasi nulle. Au mieux une trentaine d’exemplaires pour les best sellers, souvent reliés à une thématique historique ou politique (on est là pour ça !) du type Persepolis ou Maus, mais rarement plus. Quand il s’agit de création ou de fiction pures, et récentes, on tombe alors autour de 5 à 6 exemplaires.

Prenez par exemple les derniers prix du meilleur album à Angoulême depuis 2000 dans le SUDOC : Non non Bâ : 17ex, Notes pour une histoire de guerre : 11ex, Poulet aux prunes : 18ex, Le combat ordinaire (T.4) : 10ex, Jimmy Corrigan : 13ex, Isaac le pirate (T.1) : 13ex, L’enquête corse : 17ex, Ibicus : 5ex… ce qui laisserait penser qu’une quinzaine de BU ont un fonds ou une politique en la matière.

Si on écarte les arguments de ceux qui vous diront qu’ils ont beaucoup de choses qui ne sont pas dans le SUDOC mais seulement dans leur système local (ah bon ?), de ceux qui vous diront que ça coûte cher (pas plus que le reste… cf. ci-dessous) ou qu’ils ne veulent pas faire de concurrence déloyale à leur BM (hé, hé, c’est pourtant tellement rigolo et la concurrence crée la demande, c’est bien connu…)
il nous reste un argument : la BD n’a rien a faire dans les BU ! Je vous laisse méditer cela, vous qui avez certainement déjà dû rencontrer autant, sinon plus de plaisir, d’intérêt et d’émotion à la lecture d’une bande dessinées que d’un « livre normal » (pour info : Il y a 42ex de Si c’était vrai de Marc Lévy dans le SUDOC, l’argument de la légitimité relative de la BD en BU va être difficile à défendre…)

Bilan à Angers
La BU d’Angers avait développé un fonds important de BD en libre accès à la fin des années 90. Tombé en déshérence depuis, ce fonds avait été placé en… magasin. Ce fonds a été réactualisé et ressorti en section Santé en 2005 avec une collection d’environ 700 volumes. En 2008, nous avons décidé de créer un fonds BD au sein de notre bibliothèque centrale (Lettres et sciences). 500 volumes environ ont été achetés et mis en circulation et nous devrions rajouter 400 titres supplémentaires d’ici à la fin de l’année pour permettre une rotation correcte dès l’ouverture du service. Au final : budget de constitution autour de 15 000 € qui devrait se stabiliser à 4500 € annuels, soit 300 documents environ par an. Volume de croisière : 2000 BD sur l’ensemble du réseau. Il faut bien sûr rajouter le coût du mobilier spécifique et la sueur de l’acquéreur spécialisé qui n’a pas eu à se plaindre du projet je crois… (du genre un enfant laissé dans un magasin de bonbons avec la carte bleue de son père 😉 ajouté après suggestion légitime de l’intéressé). Pour plus d’infos, vous pouvez le contacter ici.