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Je voudrais être Belge*

dscn1368Petite virée chez nos voisins et amis des bibliothèques de l’Université Libre de Bruxelles, à l’occasion d’un séminaire de réflexion sur le visage de leur bibliothèque dans 5 à 10 ans. Comme nous, ils se posent beaucoup de questions, comme nous ils se demandent quelle sera la place des BU face à la Googlelisation des pratiques documentaires, comme nous ils ont du mal à faire avancer ensemble corpus papier et documentation numérique, comme nous ils souhaiteraient que les choses se dessinent sur un plan stratégique autour d’une vraie culture d’établissement…

dscn13671J’ai fortement apprécié leur sens de l’hospitalité et leur simplicité dans les rapports humains, mais aussi et surtout la vraie liberté dans l’échange et les propositions faites au sein de leur comité de direction, à la fois lucides et critiques sur la réalité actuelle mais toujours constructives pour avancer ensemble.

Souhaitons-leur pleine réussite dans leur entreprise. Ci-dessous, la présentation un peu poil à gratter « penser » faite à cette occasion.

* En hommage à Nino

Le coût des autres

dollarsA la demande générale des collègues et des professionnels de la profession… voici un petit bilan financier de la campagne anti-bruit à la BU Belle Beille. Tout cela me paraît assez raisonnable rapporté aux 8 500 m2 de la bibliothèque et à l’importance des enjeux.

Signalétique : 2638 € TTC
Impression de 36 m2 de stickers : 720 € TTC
Impression de 16 bannières sur bâche N1 (16 m2) : 830 € TTC
Pose de l’ensemble : 352 € TTC
Impression de 4000 cartes postales : 618 € TTC
Impression de 2 kakémonos + A4 circulation : 118 €

Mobilier : 2984 € TTC
Achat de 16 totems chez Edimeta : 975 € TTC
Achat de 12 fauteuils noirs : 2009 € TTC

Notons que les cartes postales peuvent être remplacées par de bêtes flyers tirés en interne et que les fauteuils dépassent ici largement la seule campagne anti-bruit. Enfin, tous les coûts de conception/pao sont internalisés à Angers (ici, sur moi… mais ce sont mes collègues qui me forcent 😉 ) mais qu’un bon graphique free lance vous fait cela pour moins de 1000 €…

C’est dimanche (1)

dimanche-11

La ruche…

fauteuils
C’est peut-être le nom que nous pourrions donner au nouvel espace offert à nos lecteurs depuis ce début d’année. Non seulement parce qu’il s’intègre dans la partie du bâtiment désormais réservée au travail en groupe (1/3 des surfaces totales) et au bruit « toléré » dans le cadre de notre campagne anti-bruit mais surtout parce que s’y concentre une multitude de propositions : bande dessinée, 36 ordinateurs en libre accès (bientôt 54), dvd documentaires et de fiction, livres audio (bientôt, après rassemblement des supports actuellement dispersés dans les rayons), presse quotidienne et hebdomadaire, espace de détente… mais aussi des collections un peu transversales comme la sociologie, les sciences sociales et bientôt les arts, non enseignés sur ce campus.
bddvd
Côté investissement, cela demeure assez raisonnable si on considère que ce dernier s’est effectué sur deux exercices comptables et que c’est autant le bon sens, l’implication des agents et l’intelligence des agencements que les mobiliers eux-mêmes qui créent la valeur ajoutée du lieu. Soit : 14 bacs à BD/DVD en 2008 (env. 11700 € TTC) et 6 bacs à BD/DVD plus 24 fauteuils en 2009 (env. 8300 € TTC). A noter une trouvaille pour l’occasion que je vous recommande, le fauteuil Tid’jou, très confortable et vraiment pas cher (140 € HT l’unité, soit moitié prix du Little Albert qui avait au début notre suffrage).

La parole est d’or, le silence aussi !

bruit-entreeCette semaine : lancement de notre campagne Le bruit c’est l’affaire de tous… et beaucoup d’espoir placé dans le dispositif mis en place et dans la participation active du personnel. De l’avis de tous, notre bibliothèque n’en était plus vraiment une depuis plusieurs mois côté qualité et ambiance sonores.

Que fallait-il faire ? Surtout ne pas agir dans la précipitation ni de manière coercitive. Prendre le temps de réfléchir à la réponse, aux alternatives proposées et à l’adhésion constructive des collègues avant celle des lecteurs. La voie privilégiée est donc celle de la pédagogie et de la co-existence des usages, et des usagers à l’échelle du bâtiment, dans des espaces clairement identifiés et zonés en fonction du niveau de silence attendu : nul (zone libre), relatif (zone calme) et absolu (zone silence) à mesure qu’on progresse dans la bibliothèque. A cela s’est ajoutée la création de 4 salles de travail en groupe et de 5 espaces réservés à l’utilisation du portable, et dans une moindre mesure du tchat et des communications à haute voix sur IP.

vertorangerougenoir

Le dispositif repose à la fois sur une incitation passive par l’intermédiaire d’une signalétique très présente (signalétique d’accueil, 60 poteaux balisés, 16 totems, distribution de flyers explicatifs, 16 bannières dans les galeries, 22 stickers sur portes et parois vitrées…) et sur une prescription active de la part des collègues qui passeront toutes les 1/2 heures dans les salles (durant le premier mois) puis seulement en cas de dysfonctionnement en invitant les usagers à se conformer aux nouvelles règles ou à se déplacer pour faire correspondre leur usage à la zone adaptée. L’enjeu étant de ne chasser personne de la bibliothèque mais aussi de rendre possible l’auto-discipline qui peut être relayée par les lecteurs eux-mêmes.

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Un travail doit être également mené sur les nuisances sonores induites par le fonctionnement même de la bibliothèque (conversation entre collègues, bruits des chariots, montage des expositions, travaux à l’intérieur des locaux…) car comme l’a dit Daniel lors des séances de sensibilisation, on ne peut demander aux lecteurs ce qu’on ne s’applique pas déjà à soi-même. On croise les doigts…

Cruel dilemme…

Admettons que je veuille lire un ouvrage sorti il y a un ou deux ans
Admettons que ce livre existe en format poche et numérique en ligne
Admettons que ce livre ne se trouve pas à la bibliothèque de mon village
Admettons que ce livre soit déjà emprunté à la BU d’Angers
Admettons la petite librairie à 5 km de chez moi ne l’a pas en rayon
Admettons que j’appelle la FNAC la plus proche qui l’a en format poche

Que dois-je faire ?
1) Prendre ma voiture et aller acheter l’ouvrage à Angers ?
2) Me rendre chez le libraire du coin, le commander et attendre une semaine ?
3) Attendre patiemment son retour à la BU sous quinze jours ?
4) Suggérer son acquisition à la bibliothèque de mon village et attendre un mois ?
5) Commander l’ouvrage neuf en ligne et le recevoir sous 4 à 5 jours ?
6) Télécharger l’ouvrage à 90% du prix public et l’avoir immédiatement ?
7) Acheter l’ouvrage d’occasion sur Amazon et le recevoir sous 72h ?

Illustration avec American vertigo de BHL (juste pour l’exemple, hein…)
20,90 € Prix public format normal chez mon libraire (pas de remise à 5%)
19,86 € Prix à la FNAC (franco de port pour achat en ligne)
18,81 € Livre numérique sur numilog (no comment)
7,50 € Prix public format poche chez mon libraire
7,13 € Prix public format poche remisé
4,90 € Prix d’occasion format poche (+2,99 € de port)
1,99 € Prix d’occasion format normal (+2,99 € de port)

J’avoue avoir plutôt tendance à privilégier la dernière solution. La moins chère, celle qui demande le moins d’effort et de déplacements inutiles en offrant le plus court délai. Elle n’enrichit d’ailleurs que très partiellement Amazon puisque l’argent va en grande partie au vendeur qui peut d’ailleurs être… un libraire 😉

Quant au prix du livre numérique, je ne comprends toujours pas et me demande si ce n’est pas cette frileuse incurie des éditeurs français qui freine son développement, bien plus que le coût et l’ergonomie des readers. Je ne sais pas moi, pourquoi pas un prix unique à 9,99 € pour les nouveautés, 4,99 € après un an et 1,99 € quand le livre existe en poche ?

10 bonnes résolutions pour 2009

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– Suppression du Sénat *
– Non cumul des mandats politiques
– Durée limitée de ces mandats (autour de 15 ans maxi fractionnables ou non)
– Vote obligatoire pour tous les citoyens majeurs
– Droit de vote pour tous les résidents étrangers aux élections locales
– Inéligibilité pour tout élu définitivement condamné dans une affaire financière
– Référendum d’initiative populaire
– Engagement bénévole obligatoire d’une journée par mois pour les 15-25 ans
– Gratuité des bibliothèques publiques
– Pénalisation de l’usage du mot réforme

Vous aussi faites 10 propositions (presque) réalistes et ne coûtant (presque) rien pour changer la société en 2009…

* très bon emplacement pour installer le futur Musée de l’Histoire de France 😉

Image : Oeuvre de Christian Robert-Tissot