Sony reader… première fois !

sony_readerLa rengaine a donc un peu changé ce week-end où le sempiternel « Eh, arrête de gober ton ordinateur… » s’est vu remplacé par un nouveau refrain filial « Oh, encore en train de lire ton livre électrique… » Eh oui, j’ai donc passé quelques poignées d’heures en compagnie du Sony Reader, en dépit de mes réticences (si, si, je me demandais bien ce que cela  pouvait m’apporter) et de mon scepticisme initial donc. Je précise tout de suite que je ne suis nullement idolâtro-hightecho-technophile mais plutôt hasbeeno-ringardos en matière d’innovation : pas d’Ipod, pas d’Iphone, pas d’Eeepc, pas de GPS, pas de TNT, pas d’écran plasma, pas de console de jeu,… les proches diraient aussi pas de sèche-linge, pas de lave-vaisselle, pas de micro-ondes, mais bon, là c’est une autre histoire !

Pour dire vrai, le bilan est très positif et le petit écrin marron simili cuir ne m’a presque pas quitté du week-end. Plusieurs choses m’ont étonné et vraiment plu :
– le confort de lecture après adaptation au contraste plus terne qu’une feuille de papier et qui mérite de lire en pleine lumière
– la facilité d’utilisation et l’ergonomie de la machine qui peut être facilement tenue et permet notamment de lire couché sur le côté de manière très confortable
– le choix colossal en matière de littérature libre de droit qui rend le picorage illimité. J’ai lu, pour moi, Les Indes Noires sans voir passer le temps et commencé à lire Sans famille aux têtes blondes (c’est idiot, mais je ne sais même plus où sont ces livres d’enfance chez moi…)

En un mot, me voilà vraiment conquis… et à la fois dubitatif car je ne sais toujours pas ce que l’on peut faire d’un tel objet en bibliothèque. Comment le prêter ? Que mettre dessus ? Comment agréger des contenus ou des usages ? Comment s’adresser à un public étudiant plutôt technophile, connecté ET faible lecteur… (et oui, le fait qu’un tel objet « passif » plaise à un technico-nullos comme moi m’inquiète et je me demande si la cible des paby-boomers qui souhaitent relire les classiques ne seraient pas la plus naturelle, en BM donc !)

En bref, tout reste à faire et à creuser (c’est Daniel qui tient la pioche…)  mais je sais désormais qu’intrinsèquement, c’est un objet plutôt bien fait et très intéressant. A suivre, donc…

7 comments so far

  1. fbon on

    livre électronique ou livre « électrique » : lapsus ou pas, y a de l’électricité dans l’air et c’est chouette que tu nous y emmènes… moi aussi relu des Jules Verne dont les Indes noires l’été dernier sur la Sony – quant à la discussion sur usage et « passif », de plus en plus évident qu’on est dans préhistoire de ce qui commencera dans quelque temps avec papier flexible plus grand format et actualisation flux wifi : mais si on ne met pas les mains dans le cambouis maintenant, on aurait forcément un temps de retard ensuite – avec ton art habituel de la provoc, cher hOTe, tu poses exactement le problème : la lecture (non, puisqu’on « lit » aussi ses mails etc, disons, l’usage dense de la lecture) affectée par nos modes numériques, à nous de bosser pour contenus (même si l’emprunteur charge lui-même la bécane sur un juke-box – voir dernier billet de Daniel –, rien n’empêche un dossier « la sélection Belle-Beille du mois » avec un texte expé contemporain littérature, un manga, un essai socio, un fichier son etc…) – et grande fierté, retour d’Ottawa Montréal Québec, de voir qu’on tient la route et que curiosité là-bas pour ce qui se passe dans votre cher nombril

    • tacheau on

      @fbon:merci François. J’aime beaucoup l’idée, déjà évoquée avec Kotkot, de proposition mixant les contenus et les niveaux de lecture que pourrait relier une thématique ou une « logique interne » tricotée par la bibliothèque (M.Fauchié nous avait aussi parlé de Katoa). La tablette devient un support-alternative comme un autre, plutôt encapsulé pour l’instant mais de plus en plus connectable (à souhaiter). Mais c’est aussi le doigt, le coude et le bras tout entiers à mettre dans l’engrenage pour passer du bibliothécaire-documentaliste au rédacteur-documentariste…

  2. lavachequilit on

    @OT : des premiers retours de tablettes (voir La vache qui lit), on retient bien cette idée de mixages multiples : la difficulté c’est d’approcher correctement, pour les lecteurs, des entrepôts existants ( dont gratuits). Pff ! quel travail !

  3. cbulte on

    Il est clair que les livrels en sont encore au début de leur histoire en terme d’ergonomie, de connection et de prix d’achat pour un particulier, heureusement le confort de lecture exceptionnel permet déjà de passer au dessus des défauts de jeunesse.
    Pour le gros lecteur de textes classiques c’est déjà un incontournable : vu le prix et la difficulté de trouver une édition papier de la correspondance de Bonaparte, des oeuvres complètes de Dumas ou de l’Histoire naturelle de Pline, l’achat de la machine est rentabilisé très vite. Pour l’utilisateur intensif de transports en commun que je suis, c’est un vrai bonheur d’entrer dans son tram et de pouvoir choisir sa lecture parmi une bibliothèque énorme, en fonction de mon humeur du moment. On ne peut plus s’en passer aussi très rapidement pour les gros documents professionnels en pdf ou plus fun, pour les mangas.

    Pour l’usage que l’on pourrait en faire dans les bibliothèques, en me centrant sur l’offre libre de droit, je pense qu’un de nos rôle va être de concocter pour nos lecteurs des corpus thématiques qualitatifs: philosophes du XVIII, pères de l’Eglise, voyageurs du XIXème, utopies politiques,… etc. Il est souvent très difficile de se retrouver dans la jungle de l’offre gratuite au premier abord, notre rôle pourrait donc être de trouver les meilleures éditions disponibles (chose que nous faisons déjà pour le papier).
    Autre fonction à saisir, le travail de mise en page sur l’offre gratuite : le projet Gutenberg possède des trésors mais la mise en page est souvent très rebutante sans un vrai boulot éditorial.
    Une autre utilisation est possible pour la mise à disposition d’ouvrages indispensables très abîmés que nous pouvons numériser en BU. En plus cela fait gagner de la place, les 300 volumes volumes de la M.G.H. en numérique, cela doit permettre de gagner 20m linéaires au bas mot.
    Je verrai bien aussi une collaboration avec les enseignants pour les pousser à choisir des titres en ebooks pour les lecture obligatoires de TP ou de séminaires (les historiens seraient une bonne cible). Nous nous chargerions de fournir les machines, ce qui nous permettrait de faire de l' »évangélisation » sur la lecture électronique auprès des étudiants.
    Enfin, en voyant les guides MAF, il y a certainement des possibilités dans le cas des expositions.

    Pour la mise à disposition, déjà basiquement, dans le catalogue des liens vers les fichiers seraient un premier pas pour montrer la richesse de l’offre aux usagers et ensuite une installation de Calibre (http://calibre.kovidgoyal.net/) sur un serveur, nous prêtons les machines, les étudiants les remplissent eux-mêmes en fonction de leur besoins…

    Même si nous en sommes encore qu’au stade de la préhistoire du livrel, je crois que les bibliothèques peuvent déjà participer au passage du paléolithique vers le néolithique.

  4. tacheau on

    @cbulte : merci Christophe pour cet enrichissant champ des possibles. Il est intéressant de noter que tu proposes en majorité des usages où les bibliothèques sont créatrices de contenus ou proactives et pas juste fournisseurs de contenus commerciaux… et attentistes : « Bah, les éditeurs ne proposent rien ou à des prix inadmissibles ! » Cela permet aussi de saisir toute les potentialités du livrel dans sa multi-fonctionnalité en comparaison du livre papier et de comprendre qu’il n’y a pas une seule voie mais des voies parallèles que chacun peu aborder et valoriser.

  5. F on

    @cbulte vachement intéressant, et pour nous de grande évidence – comment le faire piger aux profs ?

  6. Clerc Maurice on

    Bravo! Moi aussi, au départ, j’étais quelque peu réticent. Mais, en fait, le Sony 505 est une vrai bibliothèque à lui tout seul. Et quel confort de lecture! Je remarque aussi qu’il est très facile de faire « glisser » de l’ordinateur au Sony les livres que l’on a pris sur internet. Pour moi qui ne suis pas technicien pour deux sous, c’est là un plus.


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