Un maillon de trop ?

maillon_zicralUne certaine effervescence touche aujourd’hui les bibliothèques universitaires et plus particulièrement leurs conservateurs, directeurs ou non : suppression de la SDBIS, modification du statut des SCD, globalisation-réduction des moyens, recul des mises à disposition dans les BMC… bref, il est temps de faire des propositions qui tranchent des discours habituels sur nos statuts, nos compétences, nos contraintes, nos avantages, nos ambitions, nos représentations du métier… et voir quels sont l’urgence et l’intérêt pour la documentation universitaire au regard des évolutions structurelles qui s’annoncent, et que je ne discuterai ni ne jugerai ici :

1) Déconcentration politique. Avec la LRU, la décision locale prime sur le cadre national (fonctionnel et financier).
2) Recomposition documentaire. Les fusions d’établissements et créations de PRES remettent en question les SCD et BIU ?
3) Homogénisation statutaire. Le maintien des corps « atypiques » de cat. A de la filière Bibliothèques devient difficile
4) Masterisation des fonctionnaires. Remise en cause du recrutement et de la formation post-concours des cadres de bibliothèque
5) Réduction des effectifs de la FPE. Disparition de la gestion centralisée et transfert vers les autres FP ou gestion déconcentrée voire externalisée

Dans ce contexte, est-il raisonnable de s’accrocher au statut de conservateur de bibliothèque sous sa forme actuelle ? Comment continuer à revendiquer des prérogatives que nos interlocuteurs locaux perçoivent de plus en plus mal (assimilation MCF mais pas de thèse, rôle politique mais pas d’élection, fonction scientifique mais aucune publication…) ? Comment donc éviter l’extinction de ce « petit corps » atypique (à peine 1400, en comptant les conservateurs généraux et tous ceux de la BNF) risquant d’être remplacé à terme par des bibliothécaires, des ingénieurs ou des contractuels, moins payés mais tout aussi compétents ?

C’est le chaînon manquant de demain de Bertrand Calenge qui m’incline à penser que les conservateurs devraient maintenant défendre leur vraie légitimité car à force de revendiquer des spécificités statutaires « à la marge » (mobilité interministérielle, alignement sur les musées, deux mouvements par an,…) on perd notre centre. Or notre coeur de métier, qui est tout sauf « conserver » en définitive, consiste à gérer, développer, valoriser, animer et évaluer des bibliothèques, c’est à dire être des bibliothécaires. Vous me direz, c’est professionnellement difficile, statutairement improbable (quid de l’alignement avec la FTP par exemple) et symboliquement impossible. Peut-être. Mais cela aurait le mérite de clarifier la position de nos collègues bibliothécaires qui font le même travail que les conservateurs, d’agréger une masse critique pour l’encadrement des bibliothèques et tout simplement de redonner toute sa noblesse à ce terme : bibliothécaire. Voici donc une proposition que d’aucuns jugeront iconoclaste, mais c’est pas grave :

1) Fusion des bibliothécaires et des conservateurs en un corps unique de bibliothécaires reprenant la grille des IGR (2nde, 1ère et HC) à la fois plus lisible et plus favorable que celle des conservateurs avec un système de prime calqué sur la PPRS ± augmentée d’une prime de fonction documentaire (comme pour la PFI). Créer un examen professionnel sur dossier et projet pour la HC ne serait pas du luxe ainsi que stratifier l’ensemble des postes pour éviter le pantouflage ou les carrières « éclair »

2) Création d’un emploi fonctionnel de Directeur de bibliothèque (ou de la documentation) pour séparer la fonction politique (documentaire) et lui redonner du poids dans les établissements. Grade unique id. à conservateur général, mobilité 5 ans + 5 ans, prime 20% salaire brut ± 10% selon résultats (possibilité de multiplier et catégoriser les postes selon la taille des établissements comme les SGEPES). Ces postes fonctionnels seraient contingentés et accessibles aussi par d’autres corps que les conservateurs sous condition d’expérience ou de diplôme spécialisé.

3) Homogénisation de la formation à l’ENSSIB qui ne formerait qu’un seul corps : les bibliothécaires. Recrutés à bac +5 (délivrance d’un M2 Pro recherche-action). Développement d’une vraie politique de FC notamment pour créer des semestres capitalisables en M2 Pro pour les catégorie B souhaitant devenir bibliothécaires.

Il conviendrait aussi, et enfin, de délimiter le périmètre de nos champs d’action et d’accepter un minimum de spécialisation pour éviter de (nous) faire croire que nous sommes tout à la fois des scientifiques, des érudits, des informaticiens, des gestionnaires, des managers, des politiques… Pour ma part, je verrais bien cinq branches qui pourraient structurer notre profession et l’offre de formation de l’ENSSIB pour la délivrance de M2 Pro en formation initiale et continue, quitte à développer la bi-valence des bibliothécaires offrant des combinatoires très fructueuses sur le terrain :
Gestion / administration des services
Collection / valorisation et développement
Médiation / formation et animation
Système / développement numérique
Politique / direction et stratégie (réservé à l’emploi fonctionnel

On peut rêver ?

PS 1: ne me dites pas que la situation actuelle est idéale. Demandez aux conservateurs bloqués au dernier échelon de la 2nde classe. Demandez aux bibliothécaires qui mouillent leur chemise sans reconnaissance statutaire. Demandez aux BAS qui sont promus au compte-gouttes dans un corps censé leur offrir des débouchés. (Et regardez autour de vous l’évolution et la promotion de vos collègues de l’ITRF).

PS 2: ne me dites pas que tout cela n’est que de la sémantique. Et d’ailleurs pourquoi pas ? Ce pas en avant ne serait-il pas le premier pour redéfinir qui nous sommes ?

12 comments so far

  1. RM on

    1/ Question de détail : vous dites « Comment donc éviter l’extinction de ce “petit corps” atypique (à peine 1400, […]) risquant d’être remplacé à terme par des bibliothécaires, des ingénieurs ou des contractuels[…] ? »

    En quoi cette réorganisation résoudrait-elle ce problème ? Ajouter les bibliothécaires aux conservateurs ne change guère la taille du corps.

    2/ Ce que vous dites des missions des conservateurs vaut pour les BU (qui représentent l’essentiel des postes, certes) mais pas pour le reste. Il faudrait donc que ces modifications s’accompagnent de la création d’une spécialité « patrimoine écrit » à l’INP afin de retrouver la distinction « curator »/ »library manager » qui existe à peu près partout sauf en France. Avec possibilité pour certains conservateurs (sur dossier) de rejoindre le corps des conservateurs du patrimoine (et des postes qui seraient occupés par ces nouveaux conservateurs du patrimoine et non plus par des bibliothécaires : dépts spécialisés de la BnF, Mazarine, Institut, fonds patrimoniaux des grandes bibliothèques etc.)

    3/ Un recrutement qui ne se fait pas au niveau du doctorat me semble une mauvaise idée, et ce d’autant plus dans le cadre des universités autonomes. Disons-le crûment, pour un universitaire (surtout en sciences), l’humanité commence au PhD.
    Et quand j’ai osé dire à une amie biologiste que si elle n’obtenait pas de poste de maître de conf ou de CR, elle pourrait passer les concours d’ingénieur de recherche, elle a eu le regard de l’énarque à qui on propose un poste d’adjoint administratif.

  2. AMacquin on

    Je suis globalement d’accord avec vous, mais regretterais l’hyper specialisation dès la sortie de l’école : est-ce à dire que sortant avec la spécialité « gestion », le conservateur est condamné à faire de la gestion toute sa vie ? Comment envisagez-vous le passage d’une spécialisation à une autre (et donc d’un poste à l’autre)? Réponse : la formation continue ?
    Certes nous ne pouvons pas être des hyperspécialistes et, quand nous manageons, nous sommes des hypergénéralistes (avec des frustrations en ce qui me concerne par rapport au manque de temps pour approfondir), mais notre polyvalence (de base dans la formation, en cours par l’expérience et la formation continue) fait que nous avons une vision globale du métier qui nous aide à prendre les décisions dans les différents domaines de notre métier, il me semble.
    Vous oubliez aussi une chose : certes, le MDC a bien une thèse, il est donc légitime dans son activité de chercheur, mais il n’a pas suivi de cours en ingénierie pédagogique que je sache. Alors que le bibliothécaire (j’emploie ici le terme générique) qui fait de la formation auprès des lecteurs, en a bien souvent suivi une… Quid de la légitimité de l’enseignant-chercheur à enseigner…?

    Question subsidiaire : envisagez-vous votre départ de la BU d’Angers à l’horizon 2012 (2002 + 5 ans + 5 ans) ?

  3. bcalenge on

    Intéressante approche, qui néglige quelques réalités bien triviales :

    – la FPE s’intéresse à quelques maigres centaines d’établissements importants au sein desquels la tradition de l’encadrement ou de l’excellence scientifique survalorise la catégorie A ; la FPT s’intéresse à des milliers de collectivités et donc d’établissements au sein desquels la primauté de la gestion « bêtement » quotidienne multiplie les agents d’exécution.

    – les bibliothécaires et conservateurs sont inscrits dans des hiérarchies subtiles des fonctions publiques au sein desquelles les positions statutaires (et salariales !) tiennent compte des hiérarchies locales dans leur diversité. A titre d’exemple, je reste persuadé que le ‘généralat’ n’a jamais pu être accordé aux conservateurs territoriaux notamment à la raison majeure que ce statut (et ce salaire) les aurait placés en position plus avantageuse que celle de nombre des secrétaires généraux qui pourtant les dominent hiérarchiquement (sur ce point, j’ai connu une vive réaction spontanée d’un directeur général de services territorial, à une époque où j’étais encore un « sous-fifre statutaire » et pourtant directeur de service).

    – L’affirmation de la création d’un emploi fonctionnel de direction, assorti d’une obligation de mobilité mesurée sur une durée non négligeable ( 5 ans + 5 ans) a peut-être du sens dans l’univers policé de l’Enseignement supérieur, il est moins conforme aux usages dans d’autres milieux publics territoriaux, où le « spoil system » prime au gré des alternances électorales.

    – Je m’arrête sur un etc. pour ne pas accumuler les observations…

    Je ne me livre pas à une critique en règle de ces propositions, je dis seulement qu’elles sont très ‘situées’ dans l’enseignement supérieur. Alors, peut-être peuvent-elles représenter un enjeu pour les personnels des BU. Mais alors, quid de la mobilité entre fonctions publiques (déjà si hasardeuse malgré les textes) ? Quid de l’architecture générale des emplois des l’ensemble des fonctions publiques ? Désolé, Olivier : cette proposition, pour réfléchie qu’elle soit, s’inscrit dans une logique close sur son univers spécifique (je n’ai pas dit ‘corporatiste’ !).

  4. tacheau on

    @RM
    1) +518 bibliothécaire, soit + 50% d’agents dans le corps. Cela ne change rien mais donne juste une meilleure visibilité et homogénéité à l’encadrement des bibliothèques et une équité de traitement
    2)Totalement d’accord. Cela reviendrait à inverser le problème. Plutôt que d’envoyer une majorité de chartiste à l’ENSSIB pour une minorité assurant in fine des fonctions patrimoniales, envoyer cette minorité de chartistes à l’INP et les détacher ensuite sur des postes de conservateurs du patrimoine écrit alignés sur ceux des musées dans les bibliothèques (BNF, BU et BMC). Rien n’empêche ensuite les chartistes à passer le concours de l’ENSSIB😉
    3) Sur la thèse nous ne sommes pas d’accord (et depuis longtemps…toujours ?). Le bibliothécaire est un praticien pas un spécialiste. Petite question, quand vous aurez votre thèse, chercherez-vous à devenir MCF ou resterez-vous dans les bib ?

    @AMacquin
    1)On se berce d’illusion en pensant que notre polyvalence est notre force et nous permet de tout faire. Au final, on bricole sur tout : informatique, évaluation, formation, nouveaux services, communication… et puis des conservateurs qui ont une vision globale sur notre métier, je n’en connais pas beaucoup ou alors je ne les ai pas rencontrés😉
    2) Il ne s’agit pas d’hyperspécialisation mais de savoir là où nous sommes plus formés et compétents. Je parlais de bi-valence, ce qui permettrait d’avoir des profils plus riches plutôt que le cloisonnement actuel, du genre un spécialiste des fonds spécialisés qui méconnait les problématiques et politiques de valorisation (ah oui, il les connaît puisqu’il est généraliste c’est à dire qu’il s’y intéresse en lisant les expériences de ses collègues…)
    3)Affirmatif pour 2012, vous êtes intéressée par la douceur angevine ?

    @bcalenge
    1)D’accord, mais j’avais plutôt l’impression que les personnels d’encadrement étaient encore plus responsabilisés et impliqués dans la FPT. D’où pas illogique que les bib soient intégrés avec les conservateurs (abstraction faite de la question financière et des limites des collectivités)
    2)Je n’ai pas dit que le cadre d’emploi de directeur devait ou pouvait être créé pour la FPT. Comme tu le dis, il n’y a pas eu et n’y aura sans doute jamais de création d’un équivalent au généralat ou cadre d’emploi dans la FPT. Mais sa création dans la FPE pourrait ouvrir des portes aux collègues bibliothécaires (ex conservateurs) de la FPT et des débouchés si les statuts sont bien ficelés.
    3)Hum, hum, de quelle mobilité entre les fonctions publiques parle-t-on ? Celle qu’on observe ? Celle qu’on souhaiterait ? Celle qu’on aura suite aux recommandations des livres blancs et autres rapports Schwartz ? Je savais qu’on me ferait ce reproche dans la lignée du dernier éditorial d’Anne-Marie Bertrand sur l’atonie, l’absence de solidarité et la lutte de tous contre tous. Je ne crois pas au grand soir pour les bibliothèques et je m’interroge de plus en plus sur les lignes de symétrie entre FPT et FPE… je sais c’est très impolitiquement correct de dire cela ! Il y arrive un moment où vouloir préserver l’architecture générale du système (un peu théorique voire mythique au demeurant), fragilise les architectures particulières et le positionnement des acteurs dans la subtilité des hiérarchies spécifiques. Et ce n’est pas être corporatiste que de dire cela…

    Mais bon, on aura compris que ces propositions sont pleines de failles, c’est la loi de l’exercice, et qu’elles servent avant tout à remuer des idées, ça marche. Merci à tous.

  5. RM on

    @tacheau : Sauf proposition particulièrement alléchante, je resterai dans les bibliothèques, bien sûr. Si j’avais *voulu* devenir MCF, j’aurais passé une agreg et je serais allocataire-moniteur : la conservation est un véritable choix de ma part.

    En revanche, j’aimerais travailler sur les sujets dont je suis spécialiste, oui. Je me demande pourquoi l’Etat a mis autant d’argent dans ma formation pour ensuite se passer de mes compétences. Je ne pense pas faire du mauvais travail là où je suis mais n’importe qui est capable d’en faire de même avec un peu de jugeote et de bon sens.

    Une petite anecdote : je suis membre du groupe de travail sur la bibliométrie de mon université. La volonté est dans un premier temps de recenser l’ensemble des publications des personnes payées avec de l’argent de l’université. Y compris celles des ITRF et ITA des labos. Mais personne n’avait pensé que les conservateurs (et autres bibliothécaires) du SCD étaient susceptibles de publier. Je ne dis pas que publier est l’essentiel du métier mais cette anecdote est éloquente quant à la vision que l’on peut avoir de nous parmi les enseignants-chercheurs.
    Et je ne vois pas en quoi être docteur et spécialiste de certains domaines empêche d’être un praticien et d’avoir par ailleurs des compétences généralistes (même si je suis assez sceptique sur ces compétences…)

    PS : Pour « redonner toute sa noblesse » au terme « bibliothécaire », une idée simple : remplacer les pompeux titres actuels à base de « président », de « directeur » et de « responsable » par d’autres. Dans bien des pays, le directeur de la bibliothèque nationale est « national librarian ». À quand un « bibliothécaire national » (ou, mieux, « Bibliothécaire de la Nation » comme sous la Révolution) à la tête de la BnF ?

  6. AMacquin on

    @RM
    Je ne partage pas du tout votre vision du métier de « cadre des bibliothèques » – pour moi bibliothécaire ou conservateur, c’est la même chose(j’ai été dans les deux corps, j’ai suivi les deux formations à feu-l’IFB et à l’ENSSIB, et j’ai occupé des postes de responsabilité d’équipements sous les deux corps). Et c’est en quoi je rejoins il me semble les positions de O. Tacheau.
    Mon passage au corps des conservateurs et mon expérience en BU n’ont pas changé cette vision, à savoir qu’il n’est absolument pas nécessaire pour moi d’avoir une thèse de doctorat pour être respecté des enseignants-chercheurs, chercheurs et enseignants. Je ne sais pas dans quelle université vous travaillez, mais pour ma part, je suis également en BU sciences et on me respecte (il me semble… enfin, j’espère !🙂 non pas pour mon niveau d’étude (qui est honorablement à Bac+5), mais pour les compétences bibliothéconomiques dont je peux faire preuve face à un problème qu’on m’expose, ou quand je suis force de proposition ou source d’information (cf. veille) sur un point intéressant mes interlocuteurs scientifiques. Je ne cherche d’ailleurs pas à faire valeur un niveau d’étude qui n’apporte rien dans lesdits rapports.
    Je ne suis pas scientifique de formation, je précise, mais je n’ai jamais ressenti cela comme un obstacle insurmontable. Notre spécialisation, c’est notre technique (même si elle est limitée, selon O. Tacheau, nous en sommes les seuls détenteurs au niveau de l’établissement en général) et non le domaine de la connaissance que nous traitons.
    Cela dit, par goût, j’aimerais faire un peu de recherche (et pourquoi pas m’inscrire en thèse) et le temps me manque, comme beaucoup de mes collègues, j’imagine. Et c’est vrai qu’il y a dichotomie entre notre statut scientifique et notre faible activité de publication cf. O. Tacheau. D’ailleurs, pour ma part, j’évite autant se peut de mettre cet argument de personnel scientifique en avant dans mes entrevues avec les EC. A quoi ça sert ?!
    Par contre, la logique politique actuelle voudrait qu’on ait tous une thèse, mais, selon moi, plus pour mettre des barrières supplémentaires d’accès aux corps supérieurs que pour une vraie raison de niveau scientifique des cadres (la masterisation des IUFM en est un autre bon exemple).

    Mais je serais d’accord avec vous pour dire que la qualité des relations que l’on peut développer entre bibliothécaires et EC dépend pour beaucoup des mentalités ambiantes.

    @Tacheau
    La douceur angevine ? J’y réfléchirai…🙂

  7. antmeyl on

    Ce post m’inspire nombre de réflexions, je n’en livrerai que 2 histoire de ne pas battre le record de longueur :

    1. le statut fonde notre identité de fonctionnaire, d’agent de l’Etat. Il a un sens. Sa défense et sa promotion ne s’oppose pas à celle de notre métier. Je suis d’accord avec votre définition générale de son « coeur » (« gérer, développer, valoriser, animer et évaluer des bibliothèques, c’est à dire être des bibliothécaires ») qui peut s’appliquer tout aussi bien à nos collègues de la FPT, ce dont je suis convaincu. Le fondamentaux sont les mêmes. Fonder des clivages professionnels sur la diversité de leurs publics est à mon sens un repli mortifère.

    2. Vous devez réaliser qu’en prônant l’alignement statutaire sur la filière ITRF tout en doutant de la pertinence de l’alignement FPT-FPE, la solution la plus simple en poussant votre logique ne serait pas d’aligner le corps des conservateurs sur celui des ingénieurs de recherche mais d’intégrer purement et simplement tous les conservateurs qui sont en poste dans l’enseignement supérieur dans la filière ITRF. Ca peut se discuter (je suis contre, voir point n°1) mais autant le dire clairement.

    3. (je sais, j’avais dis 2) Je ne crois pas aux grands soirs spontanés, mais je crois aux gueules de bois au petit mati. Quand on se réveille et qu’on se demande pourquoi on a rien fait la veille, que le soir aurait pu être grand, et que l’aube qui lui succède a un goût trop amer.

    Merci pour ce débat en parallèle avec BCalenge.

  8. […] des concours de catégorie A n’est pas plus réjouissante dans mon cas : on parle ici et là de fusionner conservateur et bibliothécaire. Si fusion il y a, cela signifie qu’on […]

  9. marieH on

    Une réaction un peu anecdotique et en vrac :
    Je trouve vos propositions intéressantes, mais me demande si votre proposition de recrutement à bac +5 n’est pas une sorte d’inflation : bac +5 + formation à l’Enssib puis 42 ans de carrière…. Nous aurons donc en BU des bibliothécaires de plus de 65 ans (si nos statuts sur l’âge du départ à la retraite évoluent) qui auront donc face à eux des usagers qui n’auront pas l’âge d’être leur fils mais leur petit-fils … La vie professionnelle doit-elle vraiment commencer à bac + 10 ?

    De la même façon si la question de la mobilité entre FP est un vaste sujet, nous oublions souvent la question de mobilité avec « l’autre monde » celui du privé, qui est une grande tarte à la crème mais qui risque de nous rattraper avec le développement à l’université des contractuels de catégorie A et l’augmentation du chômage pour les personnes de plus de 40 ans qui peuvent passer les concours.
    N’ayant « que » bac + 4 (école de commerce) donc formée dans un univers très loin de la formation des têtes bien faites des conservateurs, j’ai plus de 15 ans d’expérience dans le secteur privé, je sais pourquoi à plus de 40 ans j’ai passé ces concours (mais je n’ai réussi « que » bibliothécaire – alors que j’avais statistiquement 2 x plus de « chances » de réussir conservateur – perdu !!) pour travailler dans une bibliothèque universitaire et non plus dans une entreprise commerciale comme je l’avais fait. « Gérer, développer, valoriser, animer et évaluer », ces objectifs sont le plus souvent ceux de tous les cadres dans toutes les structures, il faut donc aussi préciser ce que nous devons gérer (…) de l’information, du savoir, des techniques, des services, des compétences ?
    Des collègues à l’Enssib ou ailleurs m’ont donné le virus, m’ont montré l’intérêt de notre métier, je les en remercie et j’espère faire au mieux. Mais mon expérience de gestion de gros budget, d’animation d’équipe, de gestion de projet ne sera sûrement pas prise en compte pour mon salaire, mon ancienneté. Re perdu !! Alors que cela me sert tout les jours.
    Alors, il y a encore beaucoup de changements à envisager.
    L’un des premiers n’est-il pas celui des concours : arrêter de demander une dissertation de 5h sur l’art et après avoir l’air de tomber de l’arbre : c’est fou comme le profil des élèves-conservateurs est littéraire et homogène et si loin d’un profil de gestionnaire. MdR.

    • tacheau on

      @marieH : D’accord à 200% avec vous. Le recrutement à bac + 5 suit l’évolution « logique » des choses (cf. recrutement des enseignants avec la masterisation). L’idée est d’introduire un profilage dans le type de bac +5 pour justement recruter des têtes bien faites à côtés des têtes bien pleines😉 En d’autres termes, il ne me paraît pas incohérent d’imposer un Master Pro Doc ou équivalent pour passer certains concours et par là en modifier les épreuves. La question est : recrutons-nous actuellement les bonnes personnes en fonction des besoins observés dans les bibliothèques (Gérer, développer, valoriser, animer et évaluer) ? Pas sûr que la réponse soit oui…

  10. […] possibilité de changer de spécialité en formation continue dans le cours de leur carrière (cf. ici). A défaut on forme des “pompiers” du quotidien qui luttent contre la […]

  11. Areinventer on

    Bonjour,

    Qu’en est-il de ces propositions de fusion des conservateurs et des bibliothécaires et de l’avenir des concours ?
    Qu’est-ce que cela signifierait pour les gens qui sont déjà bibliothécaires ou qui le deviennent maintenant ? Y a-t-il un espoir que la grille indiciaire des bibliothécaires augmente ? (Ils font souvent, comme vous le rappelez, le même travail que les conservateurs pour deux fois moins !)

    Avez-vous des informations sur ces points ?

    Je vois dans l’exigence d’un master pro pour passer les concours un problème : il ne sera plus possible de devenir conservateur à 40 ans si l’on n’a pas décidé de le devenir à 25 ans.
    Les concours, qui demandent une licence généraliste, permettent actuellement ces réorientations de carrière (qui viennent à la fois du privé et du public) et qui font que les profils de conservateurs et de bibliothécaires sont ces derniers temps assez divers. J’ai un peu peur qu’en exigeant un master pro que le salarié doive financer lui-même, on empêche les mobilités intéressantes. Il me semble nécessaire de conserver l’exigence d’un diplôme généraliste pour se présenter au concours et une formation solide à l’enssib (et une formation continue de qualité). Ca n’empêche pas de repenser les concours, d’ailleurs.

    Je suis d’accord avec le reste, mais ce blocage des parcours à 25 ans me chiffonne.

    Merci pour les débats et réflexions que vous lancez !


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