Ouvrir plus : quel poids pour la BU ?

f0209-AT2359Après 18 mois de travail au sein du Groupe Horaires et Temps constitué en interne, la BU d’Angers propose à ses usagers des horaires très élargis (apparemment le maxi des BU en France) : 8h30-20h ou 22h à Saint Serge d’octobre à mai, du lundi au jeudi, et 8h30-18h vendredi et samedi. Soit 65h hebdo. à Belle Beille et 73h sur 24 semaines à Saint Serge.

Le principe : faire fonctionner chaque BU à partir de 18h avec 3 moniteurs et 1 cadre présent, les autres titulaires pouvant choisir ou non de travailler entre 18h et 20h (jamais après 20h), le dispositif fonctionnant en théorie sans eux. En pratique, lorsqu’ils sont là jusqu’à 20h, les agents peuvent être au service public s’ils le souhaitent. Quel poids supplémentaire pour la BU ?

Côté moniteurs : coût nul pour la tranche 18h-20h. En effet, nous avons fait glisser les 6 moniteurs d’accueil jusque là présents sur les 3 sites de 17h à 19h (5 jours par semaine), sur 2 sites de 17h30 à 20h et plus que 4 jours par semaine. En revanche, pour la tranche 20h-22h, le coût est de 24 semaines x 3 moniteurs x 4 jours x 2 heures x 15 € = 8640 € intégralement pris en charge dans le cadre du plan licence.

Côté encadrement : les cadres bénéficient d’heures de vacations après 20h sachant que 2 cadres sur les 8 concernés par ces astreintes physiques ont choisi de récupérer leurs heures (coef 1,5). Chaque cadre effectue au total 12 astreintes 20h-22h par an. Le coût est donc de 12 astreintes x 2 heures x 6 cadres concernés x 40 € = 5 760 € payés sur ressources propres du SCD

Côté société de service : lorsque les bibliothèques ferment à 20h, il y a un cadre dans chaque bibliothèque. En cas d’empêchement (maladie, congés, absences…), il y a toujours au moins un cadre sur le réseau et un agent de sécurité ferme les portes et met l’autre bâtiment sous alarme, sur demande de la BU donc (12 € l’intervention). Notons qu’en cas de problème de 18h à 20h un agent rondier est joignable sur zone et présent sous 10 minutes. Pour les fermetures à 22h, un agent de sécurité est posté à la BU de 18h45 à 22h45. Le coût de la sécurité est de 11 400 € pris en charge dans le cadre du contrat global de l’université pour la sécurité des biens et des personnes.

Au final, la BU d’Angers ouvrira 672h de plus cette année, soit 34 € de l’heure d’ouverture supplémentaire pour 15 000 m2 offerts avec tous les services (prêt, retour, renseignement, peb, inscription, internet, collections en libre accès, communication magasin). Alors ouvrir plus, vraiment ça coûte ?

Oui, du temps, de l’énergie, de la persuasion, de l’échange, de l’envie… mais ça rapporte aussi beaucoup. pour l’évaluation de cet élargissement, voir ici.

41 comments so far

  1. antmeyl on

    Merci pour l’information

    2 petites précisions :

    1. La bibliothèque ouvre avec « tous les services (prêt, retour, renseignement, peb, inscription, internet, collections en libre accès, communication magasin) » entre 18h et 22h avec 1 cadre et 3 moniteurs présents?

    2. Les heures supplémentaires déclarées en vacations payées sur les ressources propres du service il fallait y penser, ça fonctionne comment au niveau comptable?

    • tacheau on

      @antmeyl : Réponse 1 : oui. cf réponse de mes acolytes. En fait, comme toujours à la BUA plutôt que de refuser 100% du service à 99% des gens qui n’en ont pas besoin et de le clamer haut et fort, on essaye d’assurer 99% du service aux 100% des 1% qui en ont besoin. Et puis, si on n’y arrive pas on pourra toujours revenir en arrière😉 . Réponse 2 : d’un point de vue comptable, on paye ça comme des heures TD, il me semble que nous ne sommes pas les seuls dans l’université ? A vrai dire, on dit souvent que ce n’est pas possible pour dire ça n’est pas souhaité… au moins on est tranquille pour ne pas aller plus loin.

  2. NaCl2 on

    @antmeyl
    Brut de décoffrage : j’ai été présente sur les 3 premiers 22 heures (lancés le 5 octobre) pour vérifier que la bibliothèque ouvre « avec tous les services ».
    ça ne se fait pas tout seul, la quantité de transmission de compétences aux moniteurs et à l’agent posté de sécurité ne devant pas être sous-estimée. Avec un cadre disponible et connaissant bien procédures et bâtiment, ça va à peu près, sachant que dans mon cas, je suis moyennement performante face aux comm’ magasins et bugs module circulation, mais à l’aide de nos procédures sur intranet arrive finalement à me débrouiller.

    Ensuite, les premières journées du lendemain, être attentif à faire remonter où il faut les dysfonctionnements.
    Au hasard :
    – instabilité installation électrique de certains néons lors de l’allumage en permanence plus d’une heure (réglé le lendemain)
    – arrêt automatique du Wi-Fi à 20h, réglé le 3e jour, après avoir fait intervenir le VP et le SG de l’université auprès de la DSI
    – éclairage des abords avec une minuterie réglée à 21h30 faisant que la sortie des étudiants se faisait dans le noir, en cours de règlement auprès de la DPI
    – Arrêt d’Aleph à 21h50 pour mises à jour, alors qu’à 22h comme à 19, les étudiants attendent de sortir de la BU pour faire leurs transactions, réglé le 2e jour après demande auprès de la bibnum…
    – partage sur papier des noms, numéros de téléphone, procédure, qui est où et fait quoi aux moniteurs, à l’APS, pas forcément facile à expliquer vu que ça change d’un jour et d’une semaine sur l’autre.

    Mais bon, seulement de tout petits bobos au regard du service rendu.

    LE gros de tous les services se fait à vue de nez de 18 à 20h, où les demandes sont encore très nombreuses. Sur ces 4 jours après 20 h, une centaine d’étudiants, le nez dans leurs livres. Enjeux là : avec un encadrement réduit au minimum, profiter de la présence des moniteurs pour le reclassement systématique en rayon, le maintien d’une présence en salle aux 2 niveaux. Le risque somme toute modéré, que les moniteurs se posent à 3 à la banque de prêt à faible transaction et papotent faute d’encadrement…

  3. marie H on

    Je n’irais pas jusqu’à vous parler de bilan carbone (encore que…) mais vous avez oublié le coût de l’électricité et éventuellement le coût du chauffage si vous chauffez plus quand il y a des personnes dans les bâtiments que la nuit.
    Ce genre de paramètres est aussi à prendre en compte.

  4. dbourrion on

    @Marie : l’argument bilan carbone ne tiendrait pas : les étudiants, qu’ils soient chez nous ou chez eux, s’éclairent, se chauffent, etc… Et à mon avis, ils consomment plus d’énergie chez eux (ordis + TV + lampes + etc) que chez nous (pas de TV😦 )
    Plus généralement, même en prenant en compte les coûts électricité + chauffage, je doute qu’on augmente beaucoup la facture horaire (même si on passe à 40 euros/heure, vu le service rendu, ça vaut encore le coup/coût, non ?…)

    @antmeyl : arrêtons avec cet argument du « tous services » : les prêts en magasin, c’est quand même pas une charge énorme (même en journée) quand presque tout est en libre-service… Le reste pareil… On a encore de la marge, franchement, avec un cadre et trois moniteurs. Parce que comme le dit NaCl2, ce que veut l’étudiant le soir, c’est un endroit pour travailler dans des conditions agréables, avec un peu de lien social. De la chaleur et une chaise. Voilà, nous lui offrons… Pour 34 euros/heure et un peu d sueur sur nos fronts. Et le sourire en plus🙂

  5. dbourrion on

    @antmeyl : et je paie même le café à qui vient visiter le soir😉

  6. marie H on

    @dbourrion :
    J’espère bien que les étudiants dépensent moins d’énergie chez eux qu’à l’université (même si Les Pays de la Loire s’en tirent moins mal, le bilan énergétique des universités n’est pas génial – même en comparaison avec les autres administrations : bâtiments peu économes, dépenses peu axées vers la baisse de la consommation…) cf
    http://www.developpementdurable.cpu.fr/.
    Cette dépense est plus intéressante rapportée aux nombres de lecteurs qu’à l’heure, une bibliothèque vide dépense toujours trop (personnel et consommation) et une bibliothèque pleine est trop petite et n’a pas besoin d’être chauffée😉.
    Dommage que je sois trop loin pour venir prendre le café !!

    • dbourrion on

      Alors si l’on rapporte aux usagers, ça se présente pas mal du tout…

  7. antmeyl on

    @NaCL2@tacheau@dbourrion : merci pour toutes ces réponses à mes questions.

    Autre question : pourquoi seulement des moniteurs et pas d’autres titulaires à part le cadre? C’est délibéré? Pas de volontaires à part les cadres? Autre chose?

    PS : ne dis pas que tu paie la café le soir, on va t’accuser de fausser sciemment les statistiques de fréquentation pour justifier la nocturne😉

    • dbourrion on

      Pour le café, je ferai passer les visiteurs hors portique🙂

    • tacheau on

      @Antmeyl : oui, totalement délibéré. Le choix a été fait de la liberté offerte aux agents non cadres (et grâce à l’engagement de ces derniers finalement… et à la sécurisation par les moniteurs) de travailler librement entre 18h et 20h une fois par semaine. Jusque là, tout le monde devait faire un 19h par semaine. Désormais, et selon les rythmes de vie et obligations de chacun on peut choisir 18h ou 20h (ou tout autre fin entre ces deux limites). Nous pensons que sans obliger (et braquer) les agents, une part non négligeable souhaitera finir à 20h, ce qui est déjà le cas puisque 6 personnes (volontaires) en plus des 8 cadres (« obligés »), soit 30% des agents concernés par les permanences en bibliothèque travaillent jusqu’à 20h

      • Mrs Bean on

        J’aime bien cette idée de ne pas obliger et de ne pas empêcher non plus, donc de laisser les volontaires faire leur volonté… sauf les cadres, qui ne sont pas cadres pour rien…
        J’aime bien aussi cet état d’esprit largement partagé à Angers, selon toute apparence, qui place le service au centre du débat…

  8. antmeyl on

    Merci pour ces réponses nombreuses et rapides (on sent que l’encadrement est vraiment mobilisé derrière son directeur🙂

    Autres questions :
    – les moniteurs étudiants sont-ils volontaires pour le glissement 17h-19h sur 5j. à 17h30-20h sur 4j. ainsi que pour le travail en nocturne 20h-22h?
    – à l’instar des agents titulaires, leur travail entre 20h et 22h est-il valorisé (récupération à 1,5 pour 1)?

    @Mrs Bean : moi aussi j’aime bien l’idée de ne pas obliger et de ne pas empêcher non plus😉

    • tacheau on

      @antmeyl : les moniteurs ne sont volontaires à rien… ils ont juste besoin de travailler. Le glissement s’est opéré sur la nouvelle vague de recrutement en cette rentrée. Un turn-over devrait d’ailleurs s’opérer dès cette année pour éviter les phénomènes de « staturisation » des moniteurs (« l’année dernière c’était comme ça », « je veux récupérer mon jour férié non travaillé », « j’ai droit à un panier repas »…). Ni récupération, ni pondération après 20h. Les heures faites sont dues, that’s all. Quant à la mobilisation des cadres à Angers, c’est vraiment une vue de l’esprit : pas un n’a voulu travailler jusqu’à 2h du matin, pas un n’a souhaité ouvrir le dimanche et les jours fériés, pas un n’arrive avant 6h le matin… et je me méfie toujours des mobilisations dans le dos du directeur pour tenir le couteau😉 Bon je blague ! tout cela serait IMPOSSIBLE sans une équipe de cadres (sur)impliquée et solidaire. De là à dire que cela serait impossible un peu partout en France…😉

      • antmeyl on

        « les moniteurs ne sont volontaires de rien » : dommage de réserver « l’énergie, de la persuasion, de l’échange, de l’envie » aux collègues titulaires et d’imposer les contraintes aux étudiants sans récompenser leurs efforts (valorisation du travail 20h-22h) non?

      • tacheau on

        Nobody is perfect… c’est une blague ou vraiment une manière de nous pousser à bout dans nos retranchements ? Non, parce que des directeurs qui ne s’intéressent ni aux titulaires, ni aux contractuels, ni aux moniteurs j’en connais😉 Bon Antoine, faut pas pousser Mémé dans les orties, non ?

      • dbourrion on

        je m’insurge : j’ai proposé d’ouvrir le dimanche (tout pour sécher la messe…)

  9. marie H on

    @tacheau : si je résume, les moniteurs bossent plus tard sans compensation (ils ont même l’impudence de demander des avantages sociaux), les non cadres organisent leurs horaires dans une tranche plus longue et les cadres ont une compensation salariale pour assurer leur mission de sécurité et d’encadrement dans les horaires d’ouverture de la bibliothèque – qui sont devenus normaux jusqu’à 22 h, puisque c’est la politique volontariste de l’établissement. je croyais que c’était notre rôle et que c’était notre définition de poste, mais je dois mal comprendre.
    @Mrs Bean : Les moniteurs sont un peu obligés, non ?

    • tacheau on

      Les cadres de la BUA assument leur responsabilité, rassurez-vous. Jusqu’à 20h tous les soirs, il y en à 2 et parfois même 3 sur le réseau et la majorité fait bien plus que son horaire, sans compter le travail à distance en soirée. La tranche 20h-22h est traitée à part car nous ne considérons pas qu’elle représente une charge « normale » au regard de ce qu’assument les cadres dans les autres services de l’université et les autres cadres dans les BU françaises. Je trouve assez facile de dire que nous sommes payés pour être responsables. D’accord, mais soyons triviaux jusqu’au bout : il y a à Angers 3 bibliothécaires, dont 2 en tout début de carrière, 2 conservateurs 2nde Cl., 1 conservateur 1ère Cl. (la directrice adjointe) et 2 conservateurs en chef (dont le directeur). Pensez-vous que la reconnaissance des efforts faits à des horaires que peu connaissent en France pour des personnes qui s’impliquent déjà au-delà de leur niveau de rémunération est illégitime ? Et vous, vous travaillez jusqu’à quelle heure ?

      • marie H on

        « Pensez-vous que la reconnaissance des efforts faits à des horaires que peu connaissent en France pour des personnes qui s’impliquent déjà au-delà de leur niveau de rémunération est illégitime ? »
        Non, je suis d’accord avec vous, mais cela est aussi valable pour tous les collègues. Et, nous en avons déjà discuté je suis effarée du peu de possibilité de cette « reconnaissance des efforts » dans l’enseignement supérieur et des conditions contractuelles pour les non titulaires.
        Je ne travaille pas tard car j’ai aussi choisi d’être bibliothécaire pour ne plus travailler 50h /sem et avoir une vie de famille (surtout que mon conjoint travaille souvent jusque 22h ou 23h😉 et le WE). A 2, nous ouvrons 45h /sem, ce n’est, à notre échelle, pas si mal. J’aimerais pouvoir ouvrir 8h/20h (i.e. l’amplitude des cours) mais à 2, c’est difficile !! De toute façon, notre établissement ferme à 20 h😉
        Je veux simplement signaler qu’il n’y a pas de secret, les services (donc notre métier) nécessitent du temps de travail (quelquefois c’est simplement de la présence) et les horaires étendus nécessitent aussi des efforts pour les personnels et des dépenses supplémentaires. C’est ensuite à chaque établissement de juger de l’intérêt de cet investissement, de le répartir, voire de « reconnaître les efforts ».
        Mais combien de temps pourrez-vous considérer que travailler jusqu’à 22h n’est pas une charge « normale » au vu des horaires d’ouverture au public ?

  10. antmeyl on

    Olivier, ce n’est pas une blague. Ce n’est pas non plus une manière de vous pousser à bout ou dans les orties (ni mémé d’ailleurs).

    Je pense simplement que nos collègues non titulaires (fussent-ils étudiants) méritent l’égalité de traitement et donc en l’occurrence le volontariat et la valorisation du travail en nocturne (notez que je ne réclame pas pour eux un salaire de conservateur😉 ). A défaut il me semble que l’extension des horaires se fait un peu sur leur dos.

    Enfin, si je vous pose des questions, ce n’est pas parce que j’estime que vous êtes le pire des directeurs de BU (je ne le pense pas ) mais simplement parce que vous êtes actuellement le seul à y répondre publiquement (le prix de la gloire en quelque sorte🙂 )

    Quant aux « directeurs qui ne s’intéressent ni aux titulaires, ni aux contractuels, ni aux moniteurs » je veux bien des noms😉

    • tacheau on

      @antmeyl : on est toujours le pire pour quelque chose, et si on demandait à mes collègues, nul doute qu’ils trouveraient bien…😉 Mouep, peut-être d’accord pour les moniteurs mais l’extension se fait à la fois « contre » eux et pour eux… bon, je ne réponds de rien si Daniel lit notre échange !

    • dbourrion on

      Bon… j’ai lu… Et je vais cesser d’être politiquement correct…
      1. Les moniteurs sont des moniteurs, recrutés comme tels sur des périodes définies et avec des règles du jeu claires et connues par avance (genre, je vais travailler jusque 22h00) – So what ? Les mêmes pourraient être au Mac Do, traités comme l’on sait – je doute qu’ils se plaignent de leurs conditions de travail chez nous.

      2. Sans moniteurs et sans cadres, pas d’ouverture à 22h00. Pourquoi ? Parce que les candidats parmi les collègues ne se sont pas bousculés sur cette tranche 20h00-22h00, et c’est un euphémisme… Alors cessons de parler des égalités de traitement et autres trucs de ce genre (on trouve toujours de bonnes raisons de ne rien faire), et pensons un peu aux usagers (nous sommes un service public, nous sommes des agents au service du public) qui eux, bénéficient d’un service ++ et ne s’en plaignent pas vu leur nombre.

      Voilà, je suis énervé pour la journée.

      • marie H on

        OK, après la comparaison MacDo, plus rien à ajouter.

      • Mrs Bean on

        Merci. ça fait du bien…
        Je tenais prête de mon côté la référence à la restauration rapide… Un job, c’est un job, et la BU n’est qu’un parmi d’autres !

      • antmeyl on

        1. Ils peuvent effectivement être heureux d’ignorer qu’ils pourraient être mieux traités (« ignorance is bliss »). Et dans ces conditions « On vous traite mieux qu’à Mc Do » peut être un slogan porteur (à quand votre prochaine campagne de com en costume de Ronald?) . Il suffit de ne pas y accoler « …mais vâchement moins bien qu’on se traite nous-même »

        2. Content d’apprendre qu’au-delà du discours promotionnel policé « tout le monde est mobilisé » il existe une réalité plus terre à terre : à vous lire la BUA commençait à ressembler un peu trop au pays de Oui-oui…

        Penser aux collègues même lorsqu’ils sont des étudiants ne signifie pas ignorer l’intérêt des usagers. Prétendre le contraire est une simplification pour le moins abusive dans laquelle le procès d’intention le dispute à la mauvaise foi.

        Parler d’égalité de traitement « et autres trucs de ce genre » n’est pas à prétexte à ne rien faire. Par contre mon expérience me dit que le genre de tirade que tu utilise ici est un parfois prétexte pour faire de l’inégalité de traitement une règle.

        Pour finir, comme tu l’aura remarqué, j’évite de répondre aux sous-entendus désagréables contenus dans ta réponse tant qu’ils ne sont pas formulés clairement, ça m’évitera de m’énerver pour la journée, surtout pour si peu.

        Par contre je remarque que si les cadres pensent effectivement aux usagers, ils n’oublient pas au passage de se faire payer en vacations ou de récupérer 1.5 heures pour 1h travaillée tout en le refusant avec véhémence (en tout cas en ce qui te concerne, je ne généralise pas à tous tes collègues) pour les étudiants alors que franchement : ça vous coûterait quoi de plus?

      • dbourrion on

        @antmeyl : bon, je vais passer en MP, ce sera plus simple que de troller les commentaires du Nombril

      • dbourrion on

        @antmeyl : réflexion faite, une partie du MP peut passer ici : je me suis emporté à tort ou plutôt, je me suis emporté à tort sur vous🙂
        Comme malgré mes dehors bourrus, je suis tout de même à peu près bien élevé, je vous demande de m’en excuser. Cela dit, je maintiens que nos moniteurs « nocturnes » sont bien traités.

      • antmeyl on

        @dbourrion : No problemo, depuis le temps que nous débattons parfois vivement, il est normal que la tension monte de temps à autre. D’ailleurs nous devrions nous féliciter de n’avoir jamais atteint le point Godwin, comme quoi, nous faisons globalement preuve de retenue.

        Par contre, je maintiens que les moniteurs (qui sont bien traités, je n’ai aucun indice me faisait soupçonner le contraire) pourraient bénéficier à peu de frais de la même valorisation des heures travaillées en nocturne (20h-22h) que les titulaires.

  11. NaCl2 on

    La rémunération des cadres, c’était aussi un moyen qu’ils soient encore là dans la journée, et de vraiment établir le nocturne comme une forme de travail en plus et différente de leur travail habituel, complémentaire mais pas en concurrence.

    Un chef de section qui sur ses 37h30 par semaine passerait déjà 6h (de 16 à 22 h, il n’y a plus grand monde à manager du moins ici) à « assurer » l’ouverture de la BU, n’aurait plus que 31 h à consacrer à son équipe de « titulaires » et deviendrait de fait un moins bon cadre.

    Et surtout, on a discuté de ça pendant 18 mois, avec 11 représentants de toutes les catégories de personnel, pesé des scénarios différents de celui choisi, fait des étripages sur notre forum interne, communiqué, rassuré, réfléchi, rendu compte…

    Bref, la solution mise en place est un compromis qui fonctionne comme tel, par rapport à un large éventail de solutions dont une allait jusqu’à 85 heures d’ouverture. Certainement pas la meilleure solution, mais ici et maintenant la moins mauvaise, avec pléthore de candidats moniteurs (142 dossiers) pour 14 recrutements effectifs.
    Du 10 pour un, c’est plus sélectif que le concours de conservateur…

    • antmeyl on

      @NaCl2 : vous pointez une faille organisationnelle de taille : nous n’avons pas le don d’ubiquité (je sais, c’est dur à entendre🙂 ).

      Le temps de travail consenti à l’extension des horaires se fait mécaniquement au détriment du temps consacré aux autres activités. A moyens constant, cela ne conduit qu’à l’intensification du travail. Si elle ne pèse que sur une partie des collègues, le poids est d’autant plus lourd et les risques de rupture s’aggraveront avec le temps.

      Alors je crois savoir que vous considérez que la création de postes préalable à un élargissement revient à refuser ledit élargissement dans le contexte actuel (suppressions plutôt que créations de postes) mais c’est oublier qu’avec l’autonomie des établissements, un Pdt peut redéployer ses emplois, en modifier la structure à sa guise : c’est donc désormais clairement une question de volonté politique locale et on ne peut plus invoquer l’inflexibilité du ministère : le ministère n’existe plus que pour gérer des indicateurs de performances et se fout bien de la cuisine locale.

      A Angers, j’ai l’impression que cette extension ne repose pas sur un engagement de votre chef d’établissement (le Pdt) mais sur l’engagement personnel d’une poignée de cadres militants. Franchement, je pense que vous avez du mérite mais est-ce viable à long terme? Le vivrez-vous bien dans les années qui vient?

      • tacheau on

        D’accord en partie sur l’intensification des tâches si on déporte une part importante du travail sur l’élargissement des horaires, même si cataloguer, faire de la veille, préparer des supports d’info entre 20h et 22h c’est la même chose qu’entre 14h et 16h😉 Pas d’accord sur votre modélisation du soutien politique. A mon sens, considérer que tout ce qui est durable et légitime est (et sera de plus en plus avec l’autonomie des univ.) ce qui est formellement, publiquement, politiquement soutenu par le président confine à l’immobilisme et à la déresponsabilisation de l’encadrement intermédiaire. Dans le cas d’Angers, le soutien financier et politique est bien là. Qu’avons nous besoin de plus ? Et puis, pensons l’innovation dans une certaine diachronie. Un service évolue sans forcément disparaître s’il se transforme. Prenons l’exemple du libre accès dans le tournant des années 90 : « on pourra jamais ranger », « maintenir les salles en état », « équiper les documents »…. il faut absolument créer des supports ! Bilan un peu partout 20 ans après : on n’équipe plus les documents, les moniteurs rangent les documents, les titulaires sont de plus en plus en interface qualitative avec les lecteurs et le nombre de prêt commence même à décroître. Faillait-il maintenir les salles sans libre accès ? Je sais c’est un peu caricatural mais la technique du « fait accompli » permet aussi d’avancer et de trouver des solutions pas toujours au détriment des agents.

      • antmeyl on

        @tacheau : sur le travail qu’on fait aussi bien à 16h qu’à 22h, il y a une question de rythme biologique auquel nous sommes astreints nous pauvres humains (sauf à Angers peut être😉 ) qui fait que cette affirmation est scientifiquement erronée. Sans parler de l’impact des horaires de travail décalées sur la fatigue des agents mais bon, passons.

        Sur la « modélisation du soutien politique », le problème avec votre technique du « fait accompli », c’est qu’elle fonctionne dans les deux sens. En montrant que vous pouvez assumer une charge de travail supplémentaire sans moyens correspondant, vous prenez le risque de vous voir rétorquer que puisque vous fonctionner bien ainsi, pourquoi vous donner des moyens supplémentaires? Sachant que le SCD n’est jamais la seule composante d’une université à réclamer des moyens supplémentaires. Je ne miserais pas sur une récompense de vos efforts. Mais je suis peut être pessimiste (je ne crois pas😉 )

        Mais je vous le concède, seul l’avenir nous dira si votre calcul est bon ou pas à Angers du moins, chaque situation étant unique et non généralisable.

        Sur l’évolution des services, vous avez raison. Selon les établissements, certains peuvent être rendus avec moins de moyens. Et en tout état de cause, à moyens constants, il faut bien réduire le temps de travail consacré à certaines activités pour le consacrer à d’autres. Quant à l’exemple que vous utilisez sur la mise en libre accès, je ne peux me prononcer : il y a 20 ans, je ne travaillais pas encore🙂

  12. NaCl on

    A faire apparaître au débat, la page 14 du dernier numéro de Convergences, magazine syndical FSU http://www.snasub.fr/IMG/pdf/convergences_Bib_2009.pdf, largement inspiré par le présent billet et ses commentaires, quoique de manière assez… sélective.

    Faute de droit de réponse sur le site de la FSU : 2 contre-vérités manifestes:
    – nous n’avons forcé aucun moniteur étudiant à s’engager ou se rengager contrairement à ce que laisse penser la formule « les moniteurs étudiants […] n’ont pas le choix de refuser. »
    – les bibliothécaires et conservateurs, au nombre de 8 au SCD ont effectivement une nouvelle contrainte sur leur fiche de poste. L’histoire des 2/3 d’entre eux volontaires pour effectuer les 12 permanences annuelles est fausse : nous sommes 8 sur 8 engagés pour cela.

    Je n’entrerai pas dans les considérations suivantes de l’article, entre celles qui disent que les étudiants préféreraient travailler leurs cours dans la bibliothèque qu’y travailler (dans une BU fermée, ça paraît délicat), ou celle qui prétend qu’un recrutement ferait avancer le schmilblick (« cher collègue, je te propose sur ton temps plein de travailler tous les soir de 18h à 22h, aucun de tes collègues ne tenant à y laisser sa vie de famille, mais sois content, tu n’es pas un précaire alors c’est à vie »), et autres passages obligés.

    Pas un mot quand même de l’allègement des contraintes sur tous les personnels, de l’assouplissement de la gestion des congé, et de toute la partie gagnant/gagnant de la négociation du GHT. Mais instruire à charge et à décharge n’est pas aisé…

    • antmeyl on

      Quelques remarques à la volée chère NaCl :
      Lorsque Olivier Tacheau écrit « les moniteurs ne sont volontaires à rien », difficile de contester la formule “les moniteurs étudiants […] n’ont pas le choix de refuser.”

      Vous déclarez ne pas vouloir entrer « dans les considérations suivantes de l’article »tout en le faisant, sur 8 lignes qui témoignent d’une absence absolue de compréhension des arguments que vous caricaturez grossièrement (à dessein j’espère, sinon, ça fait peur)

      « Pas un mot quand même de l’allègement des contraintes sur tous les personnels, de l’assouplissement de la gestion des congé, et de toute la partie gagnant/gagnant de la négociation du GHT ». Ca c’est vrai mais à la lecture du post et des commentaires ci-dessus, vous en parlez peu (ou pas?) et la partie « gagnant/gagnant » n’est pas top évidente, en tout cas pour les collègues, notamment vous, les 8 bibliothécaires et conservateurs.

      bonnes fêtes quand même

  13. dbourrion on

    @antmeyl : Après lecture de l’article en question, ce qui me pose problème, à moi, c’est que cet article se fait pour partie le « porte-parole » d’une équipe qui ne demande rien (les cadres), en se fondant en plus sur une contre-vérité : les 8 personnes en question sont volontaires ; personne n’a subi de pressions ; n’importe lequel/laquelle d’entre nous pouvait (et j’en suis certain, peut) sortir de la danse. Je trouve personnellement insupportable qu’une organisation (je parle de toute organisation) me dise ce que je dois penser, ou ce que doit être ma position, à partir de pré-supposés idéologiques et sans qu’aucune analyse de terrain du cas ici « traité » se soit faite (aucun cadre, à ma connaissance, n’a été interviewé par la FSU). A dire vrai, en commençant cet article, j’en connaissais déjà la fin, tant les arguments et le déroulé sont toujours les mêmes.

    Pour ce qui concerne la partie gagnant/gagnant, disons que pour ce qui me concerne, elle est évidente : c’est de rendre un service public (relisez : service public). En dehors de la rémunération ou de la récupération qui compense financièrement l’engagement volontaire des cadres (donc, personne n’est lésé – arrêtons de faire pleurer dans les chaumières), mon gain à moi, il est tous les soirs lorsque je passe dans une salle de lecture pleine comme un oeuf jusque 22h00.

    • antmeyl on

      Daniel,
      exprimer une opinion différente de la tienne ne signifie pas te dire ce que tu dois penser.

      A sa lecture, cet article expose une opinion à partir des informations disponibles sur ce blog, ni plus, ni moins. Tu peux l’interpréter comme une leçon qui t’est donnée (d’ailleurs, tu peux l’interpréter comme tu veux, c’est le propre de l’interprétation) mais ce genre d’article n’a pas plus vocation à te dire quoi penser que tes posts sur ton blog n’ont vocation à dire aux collègues ce qu’ils doivent penser (en tout cas j’espère).

      En outre, je ne vois pas bien à quel endroit cet article cherche à « faire pleurer dans les chaumières » sur votre sort à toi et à tes collègues bibliothécaires et conservateurs de la BUA. Et puis le risque est faible dans la mesure où vous êtes au moins 4 à décrire en continu votre joie de vivre au travail sur vos blogs.

      Par contre, je note qu’en ce qui te concerne, la contrepartie de cet effort supplémentaire est juste la satisfaction du service rendu au public. C’est tout à ton honneur.

      passes de bonnes fêtes

      • dbourrion on

        @antmeyl : oui sur l’opinion – toutes les opinions peuvent être défendues et chacun pense ce qu’il veut.

        Mais alors que la FSU ne soit pas partiale à ce point là et qu’elle vérifie ses sources et n’affirme pas des choses comme (inter-titre) « Volontariat en demi-teinte » sans citer ses sources (ou alors c’est que ces sources n’existent pas).

        Pleurer dans les chaumières : « Refuser de demander, ne serait-ce qu’une création de poste préalable à l’extension des horaires d’ouverture, c’est accepter pour les collègues l’intensification du travail et le cortège de stress que cela induit. C’est faire reposer une amélioration du service rendu au public sur le sacrifice de certains collègues (…) » => mais bon sang, personne ne se plaint car comme tu le remarque nous sommes « au moins 4 à décrire en continu votre joie de vivre au travail sur vos blogs » ; alors sur quoi repose cet article ? Que fait-il sinon plaquer une rhétorique bien huilée sur une situation qui ne pose pas problème (sinon idéologique) ?

        Pour la contrepartie de l’effort dont tu parles : mes permanences du 20-22 sont récupérées ou rémunérées : voilà une première contrepartie. La satisfaction de faire mon travail vient en plus, c’est une seconde contrepartie, et je n’en tire aucun honneur. L’article tend à faire penser que les cadres ne sont pas volontaires ; et produisent cet « effort » sans contrepartie, par pur altruisme et/ou sous la pression : c’est juste faux.

        Enfin, je rejoins Nacl : si la FSU est vraiment honnête, elle devrait souligner à quel point les collègues ont très largement bénéficié des discussions du GHT.

        Cette opération est une opération gagnants (les usagers) – gagnants (TOUS les collègues) – gagnants (les cadres tous volontaires) – gagnants (les moniteurs rémunérés et travaillant dans d’excellentes conditions). Pourquoi essayer de faire croire le contraire ?

        Bonnes fêtes à toi aussi🙂

  14. antmeyl on

    Daniel,

    faut arrêter de vous stresser : « volontariat en demi-teinte », ça veut pas dire « travail forcé ». Et tout le monde n’est pas volontaire puisque les étudiants ne le sont pas (dixit otacheau). La FSU n’a pas besoin de citer ses sources puisqu’en l’occurrence, c’est vous.

    Bref, leur expression est plutôt mesurée, je comprends mal votre réaction qui me semble outrancière. La BUA n’y est pas décrite comme un camp de travail forcé.

    Quant à votre requête « si la FSU est vraiment honnête, elle devrait souligner à quel point les collègues ont très largement bénéficié des discussions du GHT. », ben je te suggère d’envoyer à la FSU une pétition signée par tous tes collègues soulignant à quel point ils ont profité de ces discussions parce qu’à la lecture de ce post et des commentaires, c’est pas évident.

    • dbourrion on

      Antmeyl, je regrette juste (avec disons le … sens habituel de la nuance qui est le mien…😉 ) de lire des textes qui présentent une réalité très loin de la réalité. Cette ouverture a été précédée par un long travail qui pourrait inspirer bien des négociations sociales – et vraiment, les collègues y ont gagné. Cela n’est évoqué à aucun moment alors qu’en toute honnêteté, un syndicat (FSU ou autre) trouverait là à se féliciter.
      L’affirmation selon laquelle les cadres ne sont pas tous volontaires est fausse, c’est aussi de cela que je parle (et il est évidemment impossible de rebondir via d’éventuels commentaires sur le journal en question…)

      Ce qui m’agace et me désole, (à force de crier au loup…) c’est cette posture systématique « défendons les exploités  » quand en l’occurrence, il n’y a pas d’exploités – ou alors c’est à croire qu’on les torture pour qu’ils soient souriants sur le pal.

      Bref, ne trollons pas sur le nombril. Je cesse là.
      Bien à vous/toi (je ne sais plus à force)

      • antmeyl on

        Cher Daniel
        « défendons les exploités » n’est pas une posture, c’est l’essence même du combat syndical.
        Ceci étant dit, dans cet article, malgré tes efforts répétés pour l’affirmer dans tes commentaires, j’ai le regret de te redire que vous n’êtes pas présentés comme des exploités (maintenant, si tu me dis qu’otacheau vous empale pour vous faire sourir sur les photos, ça pourrait être le sujet d’un nouvel article plus radical… nan je déconne)
        bien à toi


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