La bibliothèque contre-attaque

C’était le thème de la journée d’étude à laquelle j’ai participé cette semaine à l’invitation du groupe ABF Rhône-Alpes. Si j’ai beaucoup (trop) répété que je goûtait peu à l’image un peu contrite de la bibliothèque affaiblie et assiégée, ne l’étant ni plus ni moins qu’à d’autres périodes ou que d’autres secteurs, j’ai néanmoins joué le jeu du « pourquoi » autant que du « comment » contre-attaquer. Je vous livre ici le verbatim de ma présentation et le support qui l’accompagnait.

Introduction

Tout d’abord, merci au groupe ABF Rhône-Alpes pour cette invitation à laquelle j’ai répondu favorablement sans trop réfléchir aux attendus d’une telle journée d’étude. Il faut bien reconnaître qu’habituellement je décline ce genre de proposition et me fais plutôt rare sur les plateaux de la profession, non par condescendance ni mépris, mais pour plusieurs raisons :

D’une part, et d’un point de vue strictement économique pour ne pas dire écologique, il me semble assez contestable voire déraisonnable de faire traverser la France entière à des intervenants pour jouer leur petite musique habituelle, souvent déjà connue de tous… et accessoirement leur faire perdre 2 jours de travail pour à peine 30 minutes d’intervention !

D’autre part, il me semble que de tels rassemblements assimilables à une forme plutôt aboutie de tourisme professionnel qui remplit certes nos agendas en donnant le sentiment que nous travaillons sont assez illusoires voire inefficaces, nonobstant les vertus cathartiques et thérapeutiques du vivre et penser ensemble

Enfin, et dans le cas particulier d’Angers, il me semblait que nos actions et nos innovations étaient toutes bien documentées en ligne notamment sur nos blogs professionnels ainsi que dans le BBF et autres boites à outils de l’ENSSIB. Et donc venir m’écouter aujourd’hui trahirait soit une paresse et une mauvaise volonté de votre part à vous tenir informés, soit bien plus grave encore une incompétence notoire pour le faire…

Bien, ces sympathiques préliminaires étant faits, vous l’aurez compris, se pose donc ici la question de ma présence parmi vous. Pourquoi suis-je venu ? Quelle est ma valeur ajoutée objective ? Que vais-je bien pouvoir vous dire qui ne soit une litanie d’actions isolées toutes plus décoiffantes et innovantes les unes que les autres n’appelant de votre part que force superlatifs inutiles.

Bref, j’ai pensé que le pourquoi valait autant que le comment et qu’il serait intéressant, de part mon statut et la position de directeur, de prendre ici un peu de recul sur les actions en tant que telles et d’ouvrir une boîte noire, en l’occurrence celle d’Angers, afin d’aborder la question de l’innovation sous un angle plus stratégique et théorique (pour ne pas dire politique) que simplement pratique.

Je vous propose donc à ceux qui n’ont pas encore quitté la salle, de faire cela en 10 tableaux, essentiellement orientés sur les BU avec à chaque fois un exemple angevin pour illustrer mon propos.

1 – Des territoires

La bibliothèque est à la fois un espace physique et désormais un « amas » de services et de contenus en ligne plus ou moins bien délimitée. Aujourd’hui les enjeux liés à tous ces territoires sont aussi fondamentaux que complexes. Principale difficulté : créer, animer et faire coexister et se répondre ces espaces physique et virtuel, sans déséquilibrer l’un pour l’autre.

Difficulté d’autant plus grande que les conceptions et les représentations mentales de ces territoires et de leur fonctions s’avèrent éloignées d’un individu à l’autre, usager ou non de la bibliothèque… et a fortiori d’un bibliothécaire à l’autre !

Pour les BU, la piste héritée (privilégiée?) depuis une vingtaine d’année : un territoire physique plutôt morcelé en BU, BIU, BUFR, Bibliothèque d’institut, de laboratoire et de département que le décret de 1985 et la création des SCD n’a pas réellement réduit. En face de cette complexité, comme pour la conjurer, on a pensé et créé un territoire unifié et rationnel, bref idéal, où tout se rassemblerait : le portail documentaire.

Pour contre-attaquer, il me semble qu’il faut prendre cette dichotomie à contre-pied à savoir, concentrer et réduire les implantations physiques, pour en augmenter la qualité, l’attractivité et l’accessibilité, et inversement, fragmenter et disséminer l’espace virtuel de la bibliothèque pour le projeter là où se trouve l’usager. C’est ce que nous faisons modestement à la BUA.

2 – Des publics

Je vous épargnerai ici le couplet sur la génération Y et les statistiques habituelles sur les digital native. Juste deux éléments pour nous faire réfléchir ici : les étudiants qui entrent en 2010 à l’université sont nés en 1992. Les MCF recrutés en 2010 au terme de 8 à 10 ans d’études sont nés entre 1982 et 84.

C’est peu de dire que nos lecteurs dont les 3/4 sont nés après 1990 n’ont plus le même rapport au savoir, à la connaissance et plus largement aux supports et aux outils de communication que la plupart d’entre nous. S’ils sont pour nous des extraterrestres, nous le sommes également pour eux avec notre jargon, nos procédures compliquées, nos règlements inutiles, nos consignes absconses et nos outils désuets…

Un simple exemple, alors que nous nous obstinons à envoyer des e-mails et des news-letters à l’adresse officielle de nos étudiants, sommes-nous conscients que la majorité n’utilise plus le mail pour communiquer mais seulement la messagerie instantanée, les SMS et prioritairement leur profil perso dans FB ?

Pour contre-attaquer, il me semble qu’il faut restaurer (instaurer?) un dialogue avec nos usagers, en prenant un peu de risques d’ailleurs, parler leur langue, comprendre leur fonctionnement et accepter leurs différences, sans les juger ni les contraindre dans nos propres schémas, mais en simplifiant tout en réifiant l’environnement documentaire dans leur propre horizon. Un exemple à la BUA : l’utilisation institutionnelle de Facebook

3 – Des bibliothécaires

Nous voilà au cœur du sujet ! Car les bibliothécaires sont bien souvent la ressource la plus mal exploitée lorsqu’il s’agit d’innovation et de mutation en BU loin derrière les constructions, l’équipement, le matériel, les budgets, les marchés, les groupements de commande, les conventions, le grand emprunt… etc (Ex : Learning center où l’on parle de tout sauf de la dimension humaine des projets). Et pourtant, cette richesse, négligée et laissée en jachère, représente la part principale de nos moyens ( Ex : à Angers on a 1,7 M€ contre 2,3 M€ pour la masse salariale).

Alors certes, on se préoccupe des notations, de l’évaluation, des mutations, des promotions, des réductions d’ancienneté, parfois même de la formation, souvent déléguée à l’extérieur au CFCB, mais combien de collègues démotivés, mal informés, peu associés au changement (cf. les blocages récents à l’élargissement des horaires…) sans parler du poids de la hiérarchie, de la routine, de l’occupationnel jamais remis en question, des enjeux de statuts et de catégorie d’emplois… bref comment combattre et riposter sans combattants ni guerriers ?

Pour contre-attaquer, il faut libérer l’intelligence et la créativité des personnels. Les rendre sensibles à la nouveauté, les acculturer et surtout les sécuriser face au changement. Enjeu : former les agents à rester compétents en se posant toujours les bonnes questions plutôt qu’à être compétents à un moment donné avec les bonnes réponses, vite périmées. Plus d’autonomie, plus de participation et d’adhésion de tous les personnels et à tous les niveaux, c’est ce qu’on essaye de faire à la BUA au-travers de plusieurs dispositifs.

4 – De l’innovation

Je suis toujours frappé de cette façon particulière que nous avons d’introduire et de conduire l’innovation en bibliothèque. Comme un fait isolé et isolable en soi ! Souvent confiée à un chef de projet ou une cellule spécialisée on évite pourtant rarement certains écueils : l’isolement, par défaut d’association (l’affaire de quelques uns), l’enlisement, par excès d’association (l’affaire de tous), l’essoufflement, ou ce que l’on pourrait également appeler le découragement (quand les pionniers n’arrivent pas à passer le flambeau…) et parfois l’enterrement pur et simple.

Pour contre-attaquer, il convient de passer d’une logique de rupture à une culture du changement permanent et continu (percolation lente). Pour se faire, l’innovation doit avoir une dimension collective, interactive et plurielle bénéficiant toujours à plusieurs secteurs et/ou fonctions de la bibliothèque ainsi qu’évolutive dans le temps, tous ces éléments devant être appréhendés et projetés en amont de l’action. L’exemple du Blog de la BUA procède de cette méthodologie.

5 – De l’expérimentation

Deux difficultés dans les BU françaises : faire petit d’une part et faire machine arrière d’autre part. En d’autres termes : refuser tout autant la réussite modeste et progressive que l’échec grandiose et définitif. Les exemples sont légions : des portails documentaires à la gestion pathétique des thèses depuis 10 ans, en passant par les signets de la bibliothèque, le prêt entre bibliothèques, la formation méthodologique des lecteurs faite par et pour les bibliothécaires, les chartes documentaires et autres plan de développement des collections, les périodiques scientifiques toujours papier et que plus personne ne lit…

Pour contre-attaquer, il faut apprendre à avancer, reculer, échouer, recommencer, capitaliser ses expériences et partager ses erreurs comme ses réussites. Pour cela, réserver par exemple 1% par an de son budget à des actions pionnières, et capitaliser cet effort pécuniaire avec d’autres, me paraîtrait assez raisonnable.

C’est ce que nous faisons à la BUA en essayant toujours que l’expérimentation profite d’une manière ou d’une autre : à l’usager, au bibliothécaire, à la tutelle en terme d’image ou encore au milieu professionnel en général (propension à essuyer les pâtres). Et il faut reconnaître que dans bien des cas, l’expérimentation bien pensée dure et rentre très vite en production…

6 – De la valorisation

Là je serai expéditif et excessif. Franchement, si les bibliothécaires sont incapables de percevoir et d’appréhender la richesse de leur fonds et plus globalement la chance d’un environnement informationnel et d’un monde de plus en plus documentarisé, et donc leur position heureuse dans cette infosphère en mouvement : de médiateur, sélectionneur, développeur, éditeur et co-organisateur d’un environnement original de savoirs, à la fois local et de plus en plus global… qu’ils changent de métier ou au moins qu’ils arrêtent de se lamenter et de pleurer sur leur sort.

Force est d’admettre que la valorisation ne fait pas partie de la culture majoritaire en BU, ou alors sous des formes assez archaïques et inopérantes. J’irais même jusqu’à dire qu’on a rejeté et qu’on rejette encore la valorisation, comme une fonction secondaire, relevant plus de la lecture publique, du documentaliste voire de l’ingénierie des connaissances.

Pour contre-attaquer, il faut s’emparer de la valorisation physique et virtuelle, des contenus et des services, maîtrisés et produits par l’institution mais aussi existant à l’extérieur. Cela implique des changements de compétence et de profil, et un questionnement profond sur la valeur ajoutée du bibliothécaire.

Un exemple parmi d’autres à la BUA, la politique des fonds spécialisés, vivants et toujours en développement, avec un lien très fort avec l’édition et les Presses de l’université d’Angers qui sont aussi sous la responsabilité du directeur du SCD.

7 – De l’hybridation

J’aurais un point de vue un peu divergent de la doxa habituelle qui caractérise la bibliothèque hybride : d’un côté traditionnel, de l’autre virtuelle le tout évoluant vers l’idée d’un troisième lieu où tout cela se mettrait en forme et en résonance. Ce qui me gène ici, c’est le caractère endogène et bibliocentré de l’approche et finalement notre seule capacité à nous hybrider avec nous-mêmes sous des formes différentes. Et par là, pour les BU, une vraie difficulté et une crainte à modifier leur code génétique en quelque sorte en s’ouvrant à des fonctions plus sociétales : culturelles, ludiques, associatives, événementielles… pour ne pas dire parfois sociales.

Pour contre-attaquer, il nous faut trouver des alliés objectifs – peut-être eux-mêmes affaiblis comme nous ? – pour construire une nouvelle forme d’utilité, qui ne serait pas seulement documentaire, mais sans doute plus large, et donc réinventer une visibilité autour de missions ou de fonctionnalités nouvelles clairement assumées.

L’ouverture sur la ville, avec la gratuité comme point d’ancrage, sous-tend par exemple la politique culturelle de la BUA et sa position, originale et reconnue, pour ne pas dire dominante, au cœur l’université mais aussi dans la ville d’Angers avec une Galerie, la Galerie 5, consacrée à la création contemporaine et bientôt une nouvelle Galerie en centre ville dédiée à la photographie.

8 – De la coopération

J’hésite entre pis aller, vœu pieux, quadrature du cercle, sacerdoce et gageure pour vous parler de la coopération en BU. Sans doute autant que partout ailleurs, la coopération y est très difficile mais elle est rendue de plus en plus complexe par les nouveaux territoires fictifs ou fictionnels que sont les PRES et paradoxale, par l’autonomie des universités et les lignes de concurrence et de compétition qui en découlent.

Autre fait notoire, la coopération s’avère souvent distanciée de l’usager et rarement centrée sur lui : plan de conservation partagée, négociation des ressources électroniques, formation du personnel, simplification de la facturation du PEB, le catalogage en réseau…

Pour contre-attaquer, il faut remettre l’usager au cœur de projets de coopération moins technocratiques et dont les retombées doivent être perceptibles et utiles à l’usager.

C’est ce qui a été fait avec Ubib.fr, initié et coordonné par la BUA au sein du Réseau des universités de l’Ouest Atlantique (RUAO), projet qui a la vertu de (re)mobiliser les personnels sur le renseignement bibliographique et s’impliquer dans un service dont l’usage est immédiatement palpable et évaluable.

9 – De la communication

C’est le talon d’Achille des BU qui bricolent le plus souvent faute d’avoir internalisé certaines compétences nécessaires en matière d’édition, de PAO, de web design, de vidéo,… et à la fois, l’enjeu n’est pas tant de faire des plaquettes, des affiches et des guides du lecteur sur papier glacé que de considérer l’action comme une forme de communication en elle-même.

On peut se représenter et schématiser tout cela en un triangle vertueux et réflexif où savoir-faire, faire, faire-savoir se tiennent et sous-tendent nécessairement l’action-communication en bibliothèque. Et très souvent, ce qui dysfonctionne, c’est l’absence d’un voire deux éléments ou la disproportion des actions. Trop communiquer sur une action banale est aussi grave que de ne pas bien ou assez communiquer sur une action géniale.

Pour contre-attaquer, il ne faut pas avoir peur de communiquer, de nous rendre audible, visible et lisible, sans galvauder nos missions ni nos actions. Mais encore faut-il que nous agissions, ce qui est la première étape de la communication qui dit encore le mieux ce qu’est ou n’est pas (ou plus) la bibliothèque.

10 – De l’évaluation

Je conclurai ici sur cette nécessité de toujours avancer avec un œil dans le rétroviseur mais aussi la main sur la poignée des gaz pour ralentir et accélérer quand il le faut. Car si l’évaluation qualitative s’introduit lentement dans les BU, avec Libqual+ notamment, elle demeure encore trop une fin en soi qui débouche rarement ou difficilement sur des actions concrètes, plutôt qu’un outil de pilotage qualitatif.

Nous sommes donc encore loin des démarches qualité globales qui seront un jour sans doute nécessaires, pour justifier notre valeur et donc notre existence, mais nous pourrions déjà progresser par petites touches et par engagements successifs et pérennes dans le temps.

C’est ce que nous faisons à la BUA depuis 2008 avec 20 engagements qualité que nous entendons tenir d’ici la fin de ce contrat quadriennal, en 2011, et poursuivre par une certification qualité ISO 9001 d’ici 2015.

16 comments so far

  1. […] This post was mentioned on Twitter by Christine Genin, Nolwenn . Nolwenn said: La bibliothèque contre-attaque « Le nombril de Belle Beille http://t.co/1sGXsUx […]

  2. Silvae on

    Vraiment intéressant et très cohérent avec ce qu’on essaie de faire passer avec d’autres en parlant de médiation numérique (pas de bib hybride je partage complètement ton approche) en essayant de la replacer dans le contexte d’un projet d’établissement dont elle doit être un volet fondamental. Quand tu évoques la coopération et les territoires, tu ne parles pas des liens BU/BM à Angers, existent-t-ils et de quelle nature sont-ils étant donné que ce que fait la BUA à la différence de pas mal de BU la rapproche d’éléments qui sont plus naturelles aux Bm (sur la « valorisation et l’action culturelle notamment) ?

    Plus largement, ne penses-tu pas que au delà de l’émiettement institutionnel des BU, la séparation Bm/BU perd petit à petit de son sens ? (étant entendu que je suis pleinement conscient des difficultés énormes de rapprochement institutionnels bm/bu)

    • tacheau on

      @Silvae : je devais justement intervenir en juin à l’ADBGV sur les territoires mais n’ai pas pu en raison d’un « empêchement-projet » local qui ne s’est pas fait… Je reprends mon texte pour te faire bientôt ici réponse plus précise. En substance : il ne doit y avoir qu’un seul territoire de la bibliothèque (BM/BU) ancré sur des valeurs (garanties) communes : liberté d’accès, gratuité d’emprunt tous supports, gratuité d’internet in situ, unité fonctionnelle et raretés (notre fond de commerce désormais) : qualité du lieu, qualité de la médiation, qualité de la valorisation de l’offre (plus que l’offre en elle-même). Pour Angers, trop peu pour l’instant. Plus de mon fait que de celui du directeur de la BMC. Étions le nez dans le guidon jusqu’à présent avec la nouvelle construction mais sommes bien décidés à faire émerger cela dans les quatre prochaines années de notre contrat quadriennal. Fais-nous confiance😉

  3. Silvae on

    La confiance règne !😀 (si si).

  4. Aimable on

    Jourbon (pour faire jeune).

    « tout en réifiant l’environnement documentaire dans leur propre horizon » : c’est drôle, Tacheau : tout en pressant la profession d’embrasser la « culture » et le langage de la jeunesse (type sms – un charabia de mongolito(*)), vous signifiez hypocritement au lecteur de quel côté de la culture vous vous situez : du côté de la culture cultivée, que n’effraie pas l’emploi du terme savant et qui ne dédaigne pas en faire montre. Vous auriez pu dire : « en adaptant les collections aux publics d’aujourd’hui ». Mais ça fait plouc, j’en conviens. Vous avez donc opté pour une tournure alambiquée et, soit dit en passant, impropre : je vois bien la réification à l’oeuvre dans le discours libéral des modernisateurs du métier ; mais je ne vois pas ce que « réifier l’environnement » peut signifier le contexte que vous évoquez. Sans parler que, pour le compte, vous employez un vocabulaire incompréhensible de ces étudiants ignares devant lesquels vous nous demandez de nous prosterner. Vous avez de la chance qu’Aimable ne goutte pas les raouts professionnels. Sinon, vous auriez eu affaire à lui ; il vous aurait tiré les oreilles et sommé de mettre vos actes en accord avec vos idées. Cela dit, vos remarques liminaires sont justes : vous auriez d’ailleurs pu vous limiter à prononcer ces quelques paroles indignées. Voilà qui aurait été grand.

    Aimable.

    (*)… qui pousse le ministère à imposer des cours de français aux étudiants.

    • tacheau on

      Ce n’est pas ce que je voulais dire. Réifier signifie ici concrétiser et rendre tangible la bibliothèque et ses actions dans l’environnement quotidien des étudiants, ici Facebook. Si vous suiviez ce que nous faisons, c’est justement tout sauf essayer de faire jeune, de galvauder ou détruire la culture. Cela ne signifie nullement, comme vous le dites dans votre raisonnement systématique, adapter les collections au public d’aujourd’hui. Vous me parlez de fonds, je vous parle de forme et d’outils pour valoriser et diffuser des contenus universels et humanistes qui ne changent pas en définitive. Quand à me tirer les oreilles et me sommer de quoi que ce soi je vous laisse à vos illusions.

  5. […] m’a un peu coupé l’herbe sous le pied (!!!) en faisant paraître sur son blog aussi vite le texte de son intervention, je ferai donc plus court que prévu -ce qui n’est peut-être pas un mal. Je précise que je ne […]

  6. B. Majour on

    Bonjour,

    Un peu agressive cette entrée en matière (dans la présentation) : « Et donc venir m’écouter aujourd’hui trahirait soit une paresse et une mauvaise volonté de votre part à vous tenir informés, soit bien plus grave encore une incompétence notoire pour le faire… »/

    Sacrée baffe, qui dit aux gens qui sont là : vous êtes des incompétents, incapables de noter notre rayonnement solaire. (Louis XIV nous voilà :o)) )

    Doit-on dire qu’il s’agit, parfois, souvent, à la folie, pour ces réunions de sortir – enfin – de la routine bibliothèque, et qu’il se trouve aussi une quête d’informations de « couloir » et de confrontation entre les exposés (confrontation que l’on ne trouve pas sur Internet)

    Une baffe qui ne met pas vraiment en phase pour écouter la suite, lorsqu’elle est intéressante.
    C’est dommage.

    Silvae propose une liaison BM/BU, mais ce qui m’étonne toujours, avec les BU, c’est qu’elles ne s’intéressent qu’à leurs étudiants du moment.
    Dépositaire d’un savoir énorme et d’un niveau élevé (qu’une BM ne peut égaler), elles restent ouvertes uniquement aux étudiants… étudiants actuels, comme si les anciens n’avaient plus d’importance, comme si passer entre 3 à 10 ans dans leurs murs ne comptaient plus après ce délai.

    Comme si, une fois les études terminées, on n’avait plus aucun intérêt pour le savoir scientifique contenu dans les BU.

    Autant, je peux comprendre ce phénomène avec des ressources livres papiers (livres papiers limités en nombre), autant j’estime qu’il y a une pierre à jouer avec les ressources numériques, particulièrement celles qui sont « libres ».

    La communication (de la contre-attaque🙂 ) s’étendra-t-elle jusqu’à toucher la cité ?
    Ou bien s’agit-il de continuer à jouer en chambre close ?

    L’avenir nous le dira.🙂

    Bien cordialement
    Bernard Majour

    • tacheau on

      @B. Majour : une petite baffe de temps en temps ne fait pas de mal pour se réveiller quand on est toujours dans le consensus ou la pensée commune et rassurante… plus sérieusement vous avez raison pour les BU et leur soi-disant public captif. Je n’ai jamais compris pourquoi elle ne développaient pas un système d’alumni comme dans les Universités anglo-saxonnes, de gratuité pour leur anciens étudiants devenus des professionnels et des acteurs de la vie sociale. Quant à l’ouverture sur la ville elle est primordiale, même si les conditions topographiques ne le permettent pas toujours. Modestement à Angers c’est ce que nous tentons de faire. D’abord en communiquant dans la ville (cf. affiche dans le ppt : « BU ouverte à tous !) ensuite en ouvrant nos locaux le plus possible, en complémentarité avec la BM, enfin en développant la gratuité pour les moins de 26 ans à partir du 1er janvier prochain (alignement BM et services culturels municipaux). Entièrement d’accord, la délimitation des territoires BM/BU n’a plus de sens mais nous ne parlons pas toujours (encore?) le même langage avec les mêmes moyens.

    • Aimable on

      B. Majour, bonjour.

      Je vois autre chose que de l’enflure dans la « baffe » que vous fustigez : il s’agit bel et bien d’une mise en cause de ces raouts de chefs, d’où , bien évidemment, on ressort hyperinformé, hyperproductif. Tiens, ça tombe bien : on est en période d’évaluation. Si vous êtes un chef, B. Majour, témoignez-vous de la même indulgence envers les agents de base lorsqu’ils entendent briser la « routine » et s’informer en participant à l’un de ces innombrables colloques dont l’inutilité n’est plus à démontrer ?

      Aimable.

      • B. Majour on

        Bonjour Aimable,

        « Si vous êtes un chef, B. Majour »…

        Oui, tout est dans le si. 😉

        Cependant, un adage dit que les voyages forment la jeunesse.

        La jeunesse d’esprit ?
        L’envie de changer quelque chose, en soi plutôt qu’en sa structure ?

        Quitter son univers bookcéral, ça fait du bien
        Rencontrer d’autres collègues, dans les couloirs, hors conférence, c’est bon aussi… parce que les liens qui se nouent là peuvent perdurer bien plus longtemps qu’une journée.
        Et, quand on parle d’un réseau social, ça me semble un point plus important que même la meilleure des conférences. Aussi sabre-laser soit-elle ! 🙂

        Impossible de revenir hyperinformé sans avoir noué au moins un contact avec une personne extérieure.
        Le sujet passe, la relation reste.

        Avec le si précédent, je demanderais à mes troupes
        – qui avez-vous rencontré ?
        – qu’avez-vous découvert pour vous, et à défaut pour notre structure ?

        Le reste, comme le dit Olivier, on peut le trouver sur le Net.
        Mais le changement commence chez la personne.

        Si un battement d’aile peut déclencher un typhon à l’autre bout de la terre, que dire d’un battement de ses propres ailes à l’intérieur de soi.🙂

        Bien cordialement
        B. Majour

  7. […] du SCDU d’Angers, a décoiffé l’assistance par une intervention roborative dont il fournit là un résumé écrit, et qui ne devrait pas seulement inspirer ceux qui exercent en bibliothèque […]

  8. Geemik Isa on

    Certes, nous ne sommes pas une BU mais une médiathèque, avec comme point commun un alignement effectif avec la vision du métier passionnante et passionnée proposée par Olivier Tachau. Si vous êtes intéressé (e) par une autre expérience menée cette fois en Ecole de Commerce, je vous invite à consulter le projet de la Fusée : un espace pour co-apprendre et innover inauguré pour SKEMA BUSINESS SCHOOL sous l’impulsion des Geemiks, les animatrices de communauté de l’école. http://www.lafusee.fr
    Un projet qui nous a amené à réfléchir sur les espaces physiques et virtuels, la communication, la médiation, l’évènementiel…Je serai ravie d’organiser une rencontre Olivier avec nos équipes respectives « Echanges d’expériences »

  9. […] Tacheau, directeur de la BU d’Anger, journée d’études ABF « La bibliothèque contre-attaque » 3 – Des […]

  10. […] https://tacheau.wordpress.com/2010/11/06/la-bibliotheque-contre-attaque/ Cette entrée a été publiée dans gestion, organisation du travail, avec comme mot(s)-clef(s) budget, communication, conduite de projet, enquête, maitrise des coûts, marketing. Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien. ← Les bibliothèques universitaires en chiffres, enquête statistique du Ministère de l’enseignement supérieur ESGBU J'aimeSoyez le premier à aimer ce post. […]

  11. […] l’article complet sur le blog d’Olivier Tacheau : https://tacheau.wordpress.com/2010/11/06/la-bibliotheque-contre-attaque/ Cette entrée a été publiée dans gestion, organisation du travail, avec comme mot(s)-clef(s) […]


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