Archive for the ‘bibliothèque’ Tag

La tentation de Venise…

top-santeDeux choses m’intriguent toujours dans mon quotidien : la capacité pathologique de mes homologues à assister à des journées d’étude, invitations diverses et autres réunions stériles,  rendant par ailleurs difficile la possibilité de se voir pour travailler vraiment,  et la réception permanente d’invitations toutes plus diverses les unes que les autres sans toujours bien savoir comment elles ont pu atterrir sur mon bureau.

La dernière en date est assez marrante puisqu’il s’agit de la 2ème journée de la Santé de la femme en partenariat avec SEB (nutrition gourmande), TANITA (pour prendre les bonnes mesures) et YOPLAIT… donc du sérieux qui me concerne ! En plus, c’est très pratique pour faire ses courses le matin car la journée dure en fait une demie-journée de 14h à 18h soit en tout 3 heures quand on enlève l’accueil des participants et les 2 pauses (!!!), mais attention on peut vous délivrer une attestation de présence sur place. Au programme : Rééducation pelvipérinéale, Vieillissement cutané et Nutrition de la femme à différentes étapes de sa vie.

Bon je me tâte car la veille il y a l’AG Couperin et ça me permettrait de me faire une petite expo le matin du 16… Non allez, je blague, le 15 juin, j’ai journée professionnelle avec mes ouailles et le 16 réunion générale avec les mêmes, euh en fait, j’ai mon boulot ! Mais je peux passer mon invit à une collègue 😉

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Vi(c)e universitaire…

127_couvBlocage des facs, masterisation, statut des enseignants chercheurs, passage aux compétences élargies… avec un peu de chance, les présidents d’université n’auront pas eu le temps ou l’envie de lire le dernier numéro de Vie Universitaire… et c’est tant mieux ! De quoi s’agit-il ? Faire un gloubi-boulga autour du numérique auquel auraient à faire face (?) les BU (traduire bibliothèques universitaires)-PU (traduire presses universitaires). Mélanger un peu tout, les revues, les ouvrages, la médiation, les modèles économiques, les nouveaux services et enfiler les perles : gratuité contre modèle fermé, crainte de perdre leur rente papier pour les éditeurs (bizarrement solidaires, qu’ils relèvent du champ académique ou du grand capital…), posture critique mais positivisme pour les autres (bibliothécaires), volontarisme des pionniers (Revues.org et HAL) et pragmatisme de certains (Ubib et RuedesFacs). Bref on ne comprend rien : faisons-nous des choses ? les bonnes ? devrions-nous faire plus ? comment ? Finalement, rien ne ressort de ce genre de dossier fourre-tout, sans analyse, qui mélange juste les témoignages de producteurs, de fournisseurs, d’animateurs et de médiateurs. On ne retient rien et c’est bien dommage… ah si, peut-être le titre bien fade : Les petits pas du numérique.

PS : A lire p 26-27 hors dossier (!) mais sous la rubrique tendance, les universités sur Itunes.

Les livrels et après…?

danielNon, non, il ne s’agit nullement d’un alien qui pose fièrement devant son oeuf mais juste de l’avatar derrière lequel je me suis caché pour présenter l’expérience des livrels à Angers lors de la journée organisée par les Archives et Bibliothèques de l’ULB. En fait, je remplaçais Daniel, et sa boule de cristal (cliché), ce dernier, allergique aux chocolats Belges (ce qui explique que je n’ai eu aucun scrupule ce week-end à finir la boîte offerte pour l’occasion, sans lui en parler…) étant retenu par d’autres obligations.

Le programme bien équilibré a permis de donner un panorama très complet de l’offre, des problématiques et des interrogations actuelles (formats, technologies, coûts, usages…). Nos amis du Blogus Operandi devraient bientôt nous concocter une belle synthèse de l’événement.

En attendant, ma présentation est consultable ici.

C’est dimanche (12)

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Un maillon de trop ?

maillon_zicralUne certaine effervescence touche aujourd’hui les bibliothèques universitaires et plus particulièrement leurs conservateurs, directeurs ou non : suppression de la SDBIS, modification du statut des SCD, globalisation-réduction des moyens, recul des mises à disposition dans les BMC… bref, il est temps de faire des propositions qui tranchent des discours habituels sur nos statuts, nos compétences, nos contraintes, nos avantages, nos ambitions, nos représentations du métier… et voir quels sont l’urgence et l’intérêt pour la documentation universitaire au regard des évolutions structurelles qui s’annoncent, et que je ne discuterai ni ne jugerai ici :

1) Déconcentration politique. Avec la LRU, la décision locale prime sur le cadre national (fonctionnel et financier).
2) Recomposition documentaire. Les fusions d’établissements et créations de PRES remettent en question les SCD et BIU ?
3) Homogénisation statutaire. Le maintien des corps « atypiques » de cat. A de la filière Bibliothèques devient difficile
4) Masterisation des fonctionnaires. Remise en cause du recrutement et de la formation post-concours des cadres de bibliothèque
5) Réduction des effectifs de la FPE. Disparition de la gestion centralisée et transfert vers les autres FP ou gestion déconcentrée voire externalisée

Dans ce contexte, est-il raisonnable de s’accrocher au statut de conservateur de bibliothèque sous sa forme actuelle ? Comment continuer à revendiquer des prérogatives que nos interlocuteurs locaux perçoivent de plus en plus mal (assimilation MCF mais pas de thèse, rôle politique mais pas d’élection, fonction scientifique mais aucune publication…) ? Comment donc éviter l’extinction de ce « petit corps » atypique (à peine 1400, en comptant les conservateurs généraux et tous ceux de la BNF) risquant d’être remplacé à terme par des bibliothécaires, des ingénieurs ou des contractuels, moins payés mais tout aussi compétents ?

C’est le chaînon manquant de demain de Bertrand Calenge qui m’incline à penser que les conservateurs devraient maintenant défendre leur vraie légitimité car à force de revendiquer des spécificités statutaires « à la marge » (mobilité interministérielle, alignement sur les musées, deux mouvements par an,…) on perd notre centre. Or notre coeur de métier, qui est tout sauf « conserver » en définitive, consiste à gérer, développer, valoriser, animer et évaluer des bibliothèques, c’est à dire être des bibliothécaires. Vous me direz, c’est professionnellement difficile, statutairement improbable (quid de l’alignement avec la FTP par exemple) et symboliquement impossible. Peut-être. Mais cela aurait le mérite de clarifier la position de nos collègues bibliothécaires qui font le même travail que les conservateurs, d’agréger une masse critique pour l’encadrement des bibliothèques et tout simplement de redonner toute sa noblesse à ce terme : bibliothécaire. Voici donc une proposition que d’aucuns jugeront iconoclaste, mais c’est pas grave :

1) Fusion des bibliothécaires et des conservateurs en un corps unique de bibliothécaires reprenant la grille des IGR (2nde, 1ère et HC) à la fois plus lisible et plus favorable que celle des conservateurs avec un système de prime calqué sur la PPRS ± augmentée d’une prime de fonction documentaire (comme pour la PFI). Créer un examen professionnel sur dossier et projet pour la HC ne serait pas du luxe ainsi que stratifier l’ensemble des postes pour éviter le pantouflage ou les carrières « éclair »

2) Création d’un emploi fonctionnel de Directeur de bibliothèque (ou de la documentation) pour séparer la fonction politique (documentaire) et lui redonner du poids dans les établissements. Grade unique id. à conservateur général, mobilité 5 ans + 5 ans, prime 20% salaire brut ± 10% selon résultats (possibilité de multiplier et catégoriser les postes selon la taille des établissements comme les SGEPES). Ces postes fonctionnels seraient contingentés et accessibles aussi par d’autres corps que les conservateurs sous condition d’expérience ou de diplôme spécialisé.

3) Homogénisation de la formation à l’ENSSIB qui ne formerait qu’un seul corps : les bibliothécaires. Recrutés à bac +5 (délivrance d’un M2 Pro recherche-action). Développement d’une vraie politique de FC notamment pour créer des semestres capitalisables en M2 Pro pour les catégorie B souhaitant devenir bibliothécaires.

Il conviendrait aussi, et enfin, de délimiter le périmètre de nos champs d’action et d’accepter un minimum de spécialisation pour éviter de (nous) faire croire que nous sommes tout à la fois des scientifiques, des érudits, des informaticiens, des gestionnaires, des managers, des politiques… Pour ma part, je verrais bien cinq branches qui pourraient structurer notre profession et l’offre de formation de l’ENSSIB pour la délivrance de M2 Pro en formation initiale et continue, quitte à développer la bi-valence des bibliothécaires offrant des combinatoires très fructueuses sur le terrain :
Gestion / administration des services
Collection / valorisation et développement
Médiation / formation et animation
Système / développement numérique
Politique / direction et stratégie (réservé à l’emploi fonctionnel

On peut rêver ?

PS 1: ne me dites pas que la situation actuelle est idéale. Demandez aux conservateurs bloqués au dernier échelon de la 2nde classe. Demandez aux bibliothécaires qui mouillent leur chemise sans reconnaissance statutaire. Demandez aux BAS qui sont promus au compte-gouttes dans un corps censé leur offrir des débouchés. (Et regardez autour de vous l’évolution et la promotion de vos collègues de l’ITRF).

PS 2: ne me dites pas que tout cela n’est que de la sémantique. Et d’ailleurs pourquoi pas ? Ce pas en avant ne serait-il pas le premier pour redéfinir qui nous sommes ?

Sony reader… première fois !

sony_readerLa rengaine a donc un peu changé ce week-end où le sempiternel « Eh, arrête de gober ton ordinateur… » s’est vu remplacé par un nouveau refrain filial « Oh, encore en train de lire ton livre électrique… » Eh oui, j’ai donc passé quelques poignées d’heures en compagnie du Sony Reader, en dépit de mes réticences (si, si, je me demandais bien ce que cela  pouvait m’apporter) et de mon scepticisme initial donc. Je précise tout de suite que je ne suis nullement idolâtro-hightecho-technophile mais plutôt hasbeeno-ringardos en matière d’innovation : pas d’Ipod, pas d’Iphone, pas d’Eeepc, pas de GPS, pas de TNT, pas d’écran plasma, pas de console de jeu,… les proches diraient aussi pas de sèche-linge, pas de lave-vaisselle, pas de micro-ondes, mais bon, là c’est une autre histoire !

Pour dire vrai, le bilan est très positif et le petit écrin marron simili cuir ne m’a presque pas quitté du week-end. Plusieurs choses m’ont étonné et vraiment plu :
– le confort de lecture après adaptation au contraste plus terne qu’une feuille de papier et qui mérite de lire en pleine lumière
– la facilité d’utilisation et l’ergonomie de la machine qui peut être facilement tenue et permet notamment de lire couché sur le côté de manière très confortable
– le choix colossal en matière de littérature libre de droit qui rend le picorage illimité. J’ai lu, pour moi, Les Indes Noires sans voir passer le temps et commencé à lire Sans famille aux têtes blondes (c’est idiot, mais je ne sais même plus où sont ces livres d’enfance chez moi…)

En un mot, me voilà vraiment conquis… et à la fois dubitatif car je ne sais toujours pas ce que l’on peut faire d’un tel objet en bibliothèque. Comment le prêter ? Que mettre dessus ? Comment agréger des contenus ou des usages ? Comment s’adresser à un public étudiant plutôt technophile, connecté ET faible lecteur… (et oui, le fait qu’un tel objet « passif » plaise à un technico-nullos comme moi m’inquiète et je me demande si la cible des paby-boomers qui souhaitent relire les classiques ne seraient pas la plus naturelle, en BM donc !)

En bref, tout reste à faire et à creuser (c’est Daniel qui tient la pioche…)  mais je sais désormais qu’intrinsèquement, c’est un objet plutôt bien fait et très intéressant. A suivre, donc…

A quoi servent nos mètres carrés ?

bib-interdit1Je laisse volontairement de côté les réponses bateau du type : « à trouver et emprunter des documents » ou encore « à trouver une aide ou un service documentaire », qui ne peuvent suffire à justifier la construction et l’entretien de milliers de mètres carrés d’espaces publics…

A quoi servent donc nos mètres carrés ? C’est la question à laquelle tente de répondre le récent zonage mis en place dans le cadre de notre campagne anti-bruit qui structure désormais les espaces en fonction des modalités d’usage et plus seulement selon les différents champs disciplinaires de la bibliothèque, ce qui peut poser problème à certains usagers dont les représentations dépassent bien souvent l’utilisation réel des lieux. Schématiquement donc :

1) Travailler seul
2) Se former seul ou collectivement
3) Travailler en groupe
4) Echanger avec ses pairs
5) Tuer le temps…

Bien avisé est celui qui pourrait dire aujourd’hui ce qui est légitime ou non en BU dans cette liste volontairement classée du plus normal au plus « déviant ». Bien malin est surtout celui qui pourrait isoler et exclure de cette « collection d’usages », comme il le ferait allègrement pour sa collection de documents…, ce qu’il estime ne pas devoir avoir lieu, au sens propre ! D’une part, parce que toutes les activités bibliothéconomiquement correctes ne sont pas forcément reliées à l’environnement documentaire, et vice et versa. D’autre part parce que l’activité observable chez un même individu est souvent une combinatoire de tous ces usages dans le temps, hebdomadaire voire quotidien. Interdire certains usages reviendrait donc à terme à interdire nombre voire tous les usagers !

Ainsi donc, la question revient moins aujourd’hui à se demander ce qui est ou non légitime — l’usager qui vient travailler silencieusement sur ses propres cours l’est-il plus que le groupe qui vient bruyamment travailler avec les documents de la BU ? L’étudiant qui regarde des vidéos sur Dailymotion à partir de l’accès wifi l’est-il moins que celui qui regarde un DVD de la BU sur son portable ? L’enseignant-chercheur qui passe en coup de vent pour emprunter un document l’est-il plus que l’étudiant qui comate sur les canapés devant une exposition proposée par la BU ? — qu’à essayer de faire coexister et de relier tous ces usages les uns aux autres ?

Bien sûr la question des limites se pose. Que faut-il accepter, trier, rejeter ? Où s’arrête-t-on ? Que ne tolère-t-on pas ? Boire, manger, dormir, jouer aux cartes… à la console vidéo ? notamment en fonction des contraintes spatiales et budgétaires de chacun plus que d’un idéal-type impossible à établir. Ce qui nécessite alors de rappeler les finalités et les usages attendus de l’organisation spatio-fonctionnelle, en gros : étudier, se cultiver et se socialiser sans nuire à l’activité similaire des autres usagers dans le même espace. A ce titre, nous devrons sûrement repréciser à Angers les usages de notre « zone libre » à la prochaine rentrée universitaire.

Il est donc autorisé d’autoriser…

Blogus operandi

bo_wordle_20-resized2ça bouge, ça bouge du côté de chez nos amis belges de l’Université Libre de Bruxelles qui viennent d’ouvrir blogus operandi, le blog des bibliothèques et des archives de l’ULB. L’outil fait délibérément le choix du sérieux en proposant de valoriser les récents développements technologiques de la BU, les nouvelles ressources proposées ou en test ainsi qu’une veille sous la forme d’une revue de presse mensuelle de ce qui bouge sur le web… Un rendez-vous dans lequel nous ne manquerons pas d’aller picorer pour nos propres lecteurs !

Nos plus vifs encouragements donc, et félicitations aussi pour la mise en route de la campagne Libqual+ et son accroche percutante où l’on découvre que les Amis de la bibliothèque participent à l’achat des lots à gagner. A quand les amis des BU en France ? Ah ! j’oubliais, tout le monde aime les BU en France…

Toulouse, lost, lost

Petite virée dans la ville rose pour participer à un session de formation continue organisée par Marie-Dominique Heusse pour le compte de l’ENSSIB sur le Marketing des BU. Temps de crachoir : 2h sur Libqual, et plus largement sur l’introduction de certaines approches marketing dans nos établissements. Beaucoup de questions sur Angers… on dirait que tout cela intéresse les collègues, très motivés en tout cas.

Ai découvert les notions théoriques d’immersion et de « flow » finalement très proches de ce que nous essayons de faire en pratique à Angers dans le cadre de ce que nous pourrions donc appeler une approche expérientielle… grâce à Jean-Philippe Galan, MCF en Marketing à Toulouse 1 (à mettre en relation avec notre Assessment librarian sur la question des critères de régression et de pondération des questions standard Libqual dans les questions locales. A suivre). Demain : visites…

C’est dimanche (5)

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